10 solutions pour un intérieur moins pollué

Au départ, je voulais écrire un article sur le pourquoi du comment du purificateur d’air de Dyson dont je vous parlais la semaine dernière. Je vous l’avais dit, je rencontrais à cet effet un expert adoubé par Dyson, Rachid-Ait Namane, conseiller en environnement intérieur et fondateur de la société Intérieur Environnement pour comprendre comment l’objet fonctionnait et surtout, savoir si la fonction purification de l’air était vraiment efficace et pas une simple invention tout droit sortie du cerveau des équipes marketing.

Je m’attendais à avoir des réponses sur le ventilateur, bien-sûr, mais certainement pas autant d’informations sur la pollution de nos intérieurs. Voici donc une synthèse et surtout, quelques solutions pour retrouver un environnement sain ! 

Nos appartements sont plus pollués que l’extérieur

Première surprise et non des moindres, je suis donc tombée des nues lorsque Rachid-Ait a expliqué que nos intérieurs sont plus pollués que nos villes pourtant pleines de particules en tout genre.

Selon l’Agence de protection de l’environnement américaine, la qualité de l’air intérieur serait ainsi 2 à 5 fois pire que celle de l’air extérieur. Une étude de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) avance quant à elle que la pollution de l’air intérieur entraînerait la mort de près de 20 000 Français par an. Enfin, une étude menée conjointement par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) et le Centre scientifique et technique du bâtiment et l’École des hautes études en santé publique (EHESP) a montré qu’une trentaine de substances chimiques polluantes sont présentes dans 50% des logements français. Pas qu’à Paris, donc… !

Nos appartements sont ainsi plus pollués que l’extérieur. Charmant, surtout lorsque l’on sait qu’on passe en moyenne 14 heures par jour dans notre logement…

Ce qui pollue ? Je vous la joue courte : des allergènes, les acariens, des poussières, des fibres, parfois des composés organiques volatils (COV). Concrètement, le chauffage (charbon et bois), la combustion d’encens, les pollens qui pénètrent dans nos appartements, l’humidité de nos salles-de-bain et de nos cuisines qui engendre moisissures et acariens sont autant de polluants potentiels (et on ne parle pas de la clope…!).
Il faut aussi prendre en compte le moins visible, comme les phtalates, polybromodiphényléthers, alkylphénols, bisphénol-A (à vos souhaits) issus des revêtements des sols ou des murs, du plastique des ordinateurs, des vêtements, des produits d’entretien ou encore de certains produits cosmétiques qui se retrouvent en suspension dans l’air ou sous forme de particules au sol.

Vous l’aurez compris : avec cet entretien, j’avais mis le doigt dans un engrenage que je ne soupçonnais pas.

L’idée était donc plus que jamais d’assainir nos appartements, non pas pour créer une nouvelle niche marketing mais bien pour retrouver un environnement sain.

10 solutions pour assainir l’air de son appartement

J’ai complété les propos de Rachid-Ait Namane en faisant mon travail de journaliste (que c’est bon !), ie en faisant quelques recherches sur le sujet. Voici donc 10 pistes pour retrouver un intérieur un peu plus sain :

1. Aérer : la bonne pratique, c’est d’aérer son appartement une dizaine de minutes au minimum tous les matins, quand la ville n’a pas encore été trop polluée. Si vous n’avez pas le temps d’ouvrir vos fenêtres, aérez au moins votre lit en ne rabattant draps et/ou couette tout de suite. En cas de pic de pollution, il faut visiblement aérer quand même : d’après ce que j’ai compris, l’air qui circule est toujours moins mauvais que l’air qui stagne ! D’une manière générale, gardez en tête que pour être sain, un logement doit être ventilé sans discontinuer : ne bouchez pas votre VMC et faites la réviser entièrement tous les trois ans et nettoyez au moins une à deux fois par an les bouches d’aération de votre logement (le truc que je n’ai donc jamais fait depuis… 7 ans…).

2. Adopter un purificateur d’air : c’est un complément si ce n’est indispensable, du moins bien utile pour filtrer l’air et le rendre plus sain. Pour être franche, j’avais peur que la fonction purificateur du Dyson Pure Hot+Cool Link ne soit que gadget : contrairement à ma soeur et à tant d’autres, je ne souffre pas d’insuffisance respiratoire occasionnée par mon environnement. Difficile, dès lors, de mesurer l’efficacité d’un filtre à air. Démo à l’appui, j’ai pu voir l’efficacité du filtre sur les polluants gazeux, les allergènes et les particules présentes dans l’air. Je vous la joue courte mais en gros, le filtre est composé de fibres de verre avec microfibres borosilicatées pour filtrer les particules jusqu’à 0,1 micron.1, de graphite imbibé de Tris, un composé organique qui augmente la capacité du filtre à capturer les polluants gazeux potentiellement nocifs (par exemple, le formaldéhyde) et enfin, de graphite actif qui capture les composés organiques volatils, les odeurs et les émanations domestiques. Un capteur de particules et de COV permet d’analyser le flux d’air et d’envoyer les infos directement sur une appli dédiée. 

3. Faire le ménage ! Aspirer son matelas pour se débarrasser des acariens, dans l’idéal une fois par semaine. Idem, je confesse ne le faire d’ordinaire qu’à une fréquence vraiment moindre… Ahem.

4. Adopter les bons matériaux et composants des objets du quotidien : préférer, par exemple, les matières synthétiques à la plume ou à la laine pour les oreillers, le sommier à lattes au sommier en tissu pour la literie, le parquet ou le carrelage à la moquette…

5. Changer vos produits ménagers : le sachiez-tu ? On peut briquer entièrement sa maison du sol au plafond avec deux produits d’entretien max : le vinaigre blanc et le bicarbonate de soude. (Bien aussi, le savon noir). On utilise un peu d’eau chaude, un chiffon humide et ça suffit à faire la nique à la saleté, les polluants en moins. En bonus, c’est mieux pour la planète et ça coûte bien moins cher que ce qu’on peut acheter par ailleurs. Dans tous les cas, oubliez les produits en spray et les produits de nettoyage aromatisés qui diffusent des COV (Composé organique volatil)

6. Privilégier des meubles d’occasion : je ne le savais pas avant de rédiger cet article, les meubles neufs les meubles en bois aggloméré dégagent du formaldéhyde, un composé très volatil classé depuis 2004 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme «substance cancérogène avérée pour l’homme». Si vous voulez absolument des meubles neufs, choisissez plutôt du bois massif brut.

7. Oublier les plantes d’intérieur : comme beaucoup je crois, je pensais qu’adopter certaines plantes permettait d’assainir son intérieur.. FAUX ! (et ouin). En gros, elles apportent encore plus d’humidité dans nos intérieurs, qui engendre entre autres des moisissures. On peut donc en avoir quelques-unes si on aime, mais mieux vaut limiter leur présence massive en intérieur.

8. Limiter l’utilisation d’huiles essentielles, d’encens, de bougies… J’ai pas mal creusé le sujet de la bougie, étant une aficionada totale du genre. Selon Gilles Aymoz, chef du service qualité de l’air à l’ADEME, même la bougie la plus naturelle est une source de pollution : sans même prendre en considération la qualité des composants utilisés, le simple fait qu’une bougie se consume crée des émanations toxiques car la combustion d’une bougie est par définition incomplète (source). Si vous ne pouvez pas résister à l’envie d’en brûler une, laisser toujours une fenêtre ouverte pour laisser l’air circuler et gardez à l’esprit qu’il vaut mieux privilégier la cire naturelle (la cire d’abeille, par exemple, ou les cires végétales) pour les bougies vs la paraffine, beaucoup moins chère mais plus toxique puisque formulée à base de pétrole. Autre point, les bougies parfumées : choisissez plutôt des huiles essentielles, naturelles par définition, plutôt que des huiles parfumées, qui sont des parfums de synthèse et qui polluent. Enfin, préférez des mèches écologiques, 100% naturelles et qui n’auront subi aucun traitement… Et bon courage pour lire les étiquettes de vos futurs achats !

9. Préférer le printemps pour faire des travaux, en particulier les travaux de peinture : on aère mieux quand il fait beau !

10. Éviter de fumer chez vous : loin de moi l’idée d’être moralisatrice, chacun fait bien ce qui lui plait. Si vous fumez, essayez de le faire à l’extérieur : le tabac est la première source de pollution dans l’habitat et favorise, chez le fumeur et son entourage, les maladies cardio-vasculaires et respiratoires.

Et voilà. J’ai été un peu longue… mais le sujet m’a piquée. J’espère que vous aurez appris quelques trucs en lisant cet article !

Pour aller plus loin

Merci à Gabriella de Dyson et Rachid-Ait Namane de la société Intérieur Environnement pour leur précieux conseils et infos. 

Commentaires

Oh que oui ! Je suis ces principes depuis longtemps déjà :

– aérer autant que possible; attention, la campagne est bien loin d’être exempte de polluants !
– je regrette d’ailleurs de ne pas avoir installé de VMC double-flux pour brasser l’air sans perdre de chaleur en hiver
– j’aspire régulièrement les matelas avec une brossette Dyson spécifique ( mais pas toutes les semaines, ahem )
– côté ménage, j’aime bien utiliser un nettoyeur vapeur; ça fait mémé, certes, mais je trouve que c’est une bonne façon de nettoyer efficacement sans utiliser trop de produits
-un filtre, ça se nettoie !
-et petit à petit je vire mes oreillers en duvet

Ce n’est pas parfait mais on sent vraiment un mieux être !

PS : oui, déception totale, la plante n’est pas forcément l’amie de notre maison – mais ouf, j’ai plein de verdure dans mon jardin 😉

Répondre

T’arrête de crâner avec ton jardin, oui ?! :p

Une autre solution : adopter le fameux purificateur d’air Andrea de Mathieu Lehanneur, qui lui aussi est parti du constat que les intérieurs étaient souvent plus pollués que l’extérieur, à cause des plastiques dans nos maisons, etc.

Répondre

Je ne connaissais pas, merci pour la piste !

Et faire attention aux peintures qu’on utilise…

Répondre

Absolument

Très chouette ton article, j’ai appris plein de trucs. On a pas mal d’idées reçues finalement ( les plantes ?? )!
J’utilise presque uniquement vinaigre blanc et bicarbonate pour le ménage. Et mon copain n’en peut plus mais j’ouvre très souvent les fenêtres, essentiellement le matin. Quand je rentre chez moi, j’aime bien que ça sente l’air frais !
Belle journée !

Répondre

Merci Aurore !

Très intéressant cet article et je m’aperçois que je ne suis aucune règle mentionné…(étonnant que nous ne soyons pas tous malades à la maison). Du coup; le purificateur d’air serai sans doute une idée ingénieuse pour nous parce que aérer la maison lorsque le chauffage n’est toujours pas allumé et qu’il fait 9 dehors sous la pluie, je n’ai pas le courage! (oui je parle de la semaine dernière..;)

Répondre

AHahah, je vois TRES BIEN… !

Maintenant on attend l’article sur les meilleures bougies parfumées pas toxiques ;)))))

Répondre

Le problème, c’est que pour bien brûler, tu as forcément besoin de paraffine, même un tout petit peu. Autant te dire que c’est un peu l’équation infernale… !

Une question me taraude : est-ce que du coup le purificateur d’air marche vraiment ou bien c’est un peu un gadget ? Qu’en penses-tu ?
Car par exemple, dans la fameuse étude de 60 millions de consommateurs, j’ai appris que le spray Pure Essentiel assainissant était une catastrophe…. rempli de substances irritantes, allergisantes et nocives…. Pas vraiment d’effet assainissant du coup 🙂

Répondre

Ben.. j’ai donné mon avis dans l’article 🙂 Et ça n’a rien à voir avec un spray ! Ou alors je n’ai pas compris ta question?

je n’applique pas toutes ces bons conseils, loin s’en faut… mais j’ai éliminé les bougies depuis très longtemps. les seules qui se consument se trouvent sur le rebord extérieur de ma fenêtre. et puis je n’ai qu’une seule plante verte (surtout parce que je ne sais pas y faire avec les végétaux…) et les fumeurs s’installent toujours à la fenêtre. je penserai à l’avenir aux produits d’entretien moins polluants et je vais essayer d’aérer plus souvent aussi.

Répondre

Je n’arrive pas à éliminer les bougies de mon côté… Pour le reste j’en suis au même stade que toi, grosso modo !

Bonjour,
Je me permets de commenter car c’est justement mon job (je suis ingénieur d’études en qualité sanitaire du bâtiment) et en substance la qualité de l’air intérieur et la santé c’est une partie de mon travail depuis 7 ans.
Merci de participer à la sensibilisation des gens / occupants / habitants sur nos intérieurs. Je tiens cependant à modérer les propos sur les purificateurs d’air. À l’heure actuelle, il faut rester très prudent sur l’utilisation de tels appareils. En effet, c’est tentant d’utiliser le dernier produit tendance qui va par magie nettoyer son air de tout composé organique volatil… cependant les études sont mitigées sur ces appareils et il faut se méfier de la création de nouveaux polluants (liés aux réactions chimiques notamment). Les procédés de dépollution ne sont pas tous maîtrisés et approuvés… attention donc à ne pas polluer d’avantage son intérieur…

Répondre

Bonjour Pauline, tu fais bien, c’est fait pour ça ! Bien sûr que le purificateur d’air n’est pas la solution miracle. Et je ne crois pas avoir écrit qu’il nettoie tout l’air par magie. Tu ne crois pas néanmoins qu’avec d’autres dispositifs / solutions, il peut avoir un effet bénéfique ?

Oui clairement, j’ai bien compris que le message n’était pas celui là et tant mieux.
A l’heure actuelle, le sujet a le vent en poupe et de nombreux industriels se lancent dans la recherche de produits performants et peu nocifs. En attendant tes recommandations sont les bonnes! Le bâtiment a un impact sur la qualité de l’air intérieur pendant les premiers mois suivant sa construction. Par la suite ce sont nos usages, la ventilation, le nettoyage qui influencent l’air que nous respirons…
Et d’ailleurs, entre les transports, la voiture, le bureau et le logement nous passons 80% de notre temps dans un milieu confiné.

J’avais déjà vu que l’intérieur était plus pollué que l’extérieur et ça m(avait déjà choqué! Je savais aussi pour les nouveaux meubles via un documentaire. Mais par contre il y a certaines choses que je ne savais pas et je vais de ce pas adopter d’autres bons gestes, merci pour les astuces 🙂

Bises,
Céline
https://merrygoroundgirl.wordpress.com/

Répondre

Maintenant je n’utilise plus que les Bougies de Charroux qui m’ont l’air d’être les plus saines du marché, mais c’est dur de s’y retrouver entre les cires, les mèches, le Made in France… je suis un peu perdue 🙂

Répondre

Attention aux dérives parisiennes, le pollen n’est pas un polluant, non ? Je pense qu’il faut distinguer la pollution « organique » (pollen, acariens…) de la pollution chimique qui est beaucoup plus nocive ! Bonne journée ma petite Deedee

Répondre

Bien sûr que non ! Mais le pollen est très allergisant, d’où le fait qu’il soit mentionné ici 🙂 Bonne journée !

Le dilemme: tu nous mets une superbe bougie du papier d’Arménie dans ta wishlist, et tu nous dis que ça pollue..je suis perduuuue!!!

Répondre

Tu penses bien que si je parle d’une bougie après avoir rédigé l’article sur la pollution de nos intérieurs, j’ai pris le soin d’aller vérifier qu’elle était bien composée à tout le moins de cire végétale et d’abeille avec une mèche en coton 🙂 Même si, comme je l’explique dans l’article, aucune bougie n’est vraiment bien à 100%, pour ma part, je fais le choix d’en utiliser encore.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Instagram