Je vous rassure, c’est bel et bien d’un livre dont je veux vous parler, pour ceux qui n’en auraient pas encore entendu parler ! Parce que l’open space, j’aime bien moi, en ce qui me concerne. Mais je ne travaille ni dans la communication, ni dans le conseil, en même temps.
L’open space m’a tuer est une parodie du monde moderne du travail, du moins celui des agences de pub et du merveilleux monde des agences de conseil, donc. Avec ce constat, et non des moindres : ces secteurs, que l’ont croit privilégiés au-delà de toute description ne le sont pas tant que ça. Voire, pas du tout.
A l’origine de ce livre, des échanges entre les auteurs, Alexandre des Isnards et Thomas Zuber. Lesquels déversaient sur leur page Myspace toute l’amertume relative à leur vie de bureau. Bientôt, les amis qui les lisent s’y reconnaissent et y vont à leur tour de leurs anecdotes. Tant et si bien que les témoignages finissent par crouler, donnant ainsi envie aux deux anciens cadres d’en faire un recueil.

On rit beaucoup, avec l‘Open Space m’a tuer. Jaune, le plus souvent. Car nul ne peut s’empêcher de trouver un écho à sa propre expérience, à celle de cette amie qu’on ne voit plus parce qu’elle est « overbookée », à telle autre qui vis sa vie entre Lyon et Paris depuis déjà quatre mois et à qui l’ont fait miroiter un retour sur Paris depuis des semaines.
En un mot comme en cent, on pourrait dire que ce livre est d’utilité publique, qui ose enfin mettre un coup de pied dans la fourmilière.
Ce que dit la 4ème de couv’ : Ils sont jeunes, sortent des meilleures écoles et universités, gagnent bien leur vie, ont des postes à responsabilités dans des entreprises prestigieuses… et pourtant les jeunes cadres sont au bord de l’explosion. Alexandre des Isnards et Thomas Zuber font plus que raconter leurs propres expériences : ils se font les portes parole de toute une génération… qui s’est confiée à eux. Au début ce n’était qu’un jeu : Thomas et Alexandre postent par mail des textes parfois amers mais toujours drôles sur leur vie de bureau. Leurs chroniques circulent, leurs amis s’y reconnaissent, envoient leurs propres anecdotes. Au final, des dizaines de témoignages s’accumulent, et surtout se recoupent.
Le livre met en scène ces tranches de vie en racontant, par le menu, le quotidien pas toujours glorieux des jeunes cadres des années 2000. Fini le jeune ambitieux des années 1980. Le trentenaire d’aujourd’hui prend ses RTT, ses congés, et pense que la vraie vie est ailleurs. Réussir sa vie et sa carrière semblent devenus deux objectifs antinomiques. Les nouvelles méthodes de management (individualisation des salaires, évaluation à 360°, feedbacks et autres travaux en mode projet) sont peut-être alléchantes sur le papier, mais carbonisent vite les jeunes recrues qui, passée l’ivresse des premiers mois s’éloignent de l’entreprise. Malaises vagaux sur le lieu de travail, dépendance médicamenteuse, dépression, départ du jour au lendemain de jeunes bardés de diplômes pour une ONG humanitaire : les jeunes cadres dynamitent. Jusqu’à présent, ils continuaient à faire bonne figure. Avec ce livre, ils décident enfin d’ôter le masque.
A consulter : l’excellent site du livre, où vous pourrez participer à cette joyeuse mascarade en postant vous aussi vos expressions les plus impactantes, en racontant votre quotidien, etc. etc.
















28 commentaires sur : L’open space m’a tuer d’Alexandre des Isnards et Thomas Zuber
1. Ninon
20 janvier 2009 à 8 h 10 min
J’ai entendu parler de ce livre et je dois dire que je suis très curieuse de le lire !
2. Lousia
20 janvier 2009 à 8 h 59 min
J’aurais dit "criant de vérité"…
Un livre bourré d’anecdotes comiques, que ni nos parents ni nos amis d’enfance ne comprendront, qui paraîtra à beaucoup une vaste imposture doublée d’un haussement d’épaule narquois – Bon job, bonne place, bon salaire, que veux-tu de plus, poruquoi viens-tu te plaindre ?
Merveilleusement cruel, "L’Open space m’a tuer" eut tour à tour est un manuel pédagogique à l’usage de la hiérarchie et des collègues, comme il peut être un déclic d’une irrépressible envie de partir, de fuir tout ça…
3. Brune
20 janvier 2009 à 9 h 26 min
La couverture vaut bien le détour!
4. CHRISTOPHER
20 janvier 2009 à 10 h 32 min
L’open space m’a tueR ?
C’est moi qui suis nul en orthographe ou le titre a un gros problème ?
5. Anne
20 janvier 2009 à 10 h 34 min
Allo la Terre? Ouh ouh, Christopher ? Omar, ça te dit quelque chose ?
6. petitsbouts
20 janvier 2009 à 10 h 40 min
Intéressant ce livre. En même temps ça a l’air un peu flippant aussi!
7. louliedeparis
20 janvier 2009 à 11 h 17 min
Je l’ai lu il y a quelques temps et j’ai vraiment reconnu quelques scènes de taf en open space assez marrantes!!! Bon pour la culture G!
8. Flannie
20 janvier 2009 à 11 h 19 min
Rien que le titre, j’adore !
9. CHRISTOPHER
20 janvier 2009 à 11 h 32 min
Anne, autant pour moi, je n’avais pas fait la liaison : )
10. Toute Petite
20 janvier 2009 à 13 h 02 min
Seul reproche au livre : j’ai trouvé ça plutot mal écrit, dans un style très lourd… Je n’ai pas vraiment accroché, alors que je bosse en open space, dans une ambiance sympa cependant (il faut qu’on n’est que 6 dans chaque open space, sans place attitrée, ça aide)
11. Mymy
20 janvier 2009 à 13 h 43 min
J’ai bien aimé, d’autant qu’à la base je me suis sentie carrement concernée par le sujet, subissant mes joyeux collègues à longueur de journée!
12. Sissi
20 janvier 2009 à 13 h 55 min
Je crois que si j’étais proche de la femme qui s’est faite assassinée en 1991 et qui a écrit (ou pas, les théses divergent) cette phrase, je n’apprécierait pas parculièrement de voir cela reproduit pour le titre d’un livre ! Aussi bon soit le bouquin (je ne l’ai pas lu, je ne critique pas le contenu), je ne pense pas que le titre soit des plus approprié, et frôle de mon point de vue le manque de respect ! Mais bon, ça doit être une question de principes…
13. Rémi
20 janvier 2009 à 13 h 58 min
Excellent bouquin, qui mets le doigt sur des réalités mais qui ne fait pas changer les mentalités (d’un coté c’était pas le but du bouquin).
@Christopher : "L’open space m’a tueR ?
C’est moi qui suis nul en orthographe ou le titre a un gros problème ?"
Visiblement la référence plutôt bien trouvée à "Omar m’a tuer" t’as échappée
14. BritBrit
20 janvier 2009 à 14 h 36 min
Je travaille dans la comm. et je suis anti-open space. Un livre tout pour moi quoi !
Merci du tuyau.
15. larcenette
20 janvier 2009 à 14 h 45 min
J’avoue que travaillant chez moi, l’open space, je ne sais plus ce que c’est :p (et ça ne me manque, mais alors, pas du tout!!)
16. pénélope bis
20 janvier 2009 à 14 h 46 min
Je cours l’acheter!!!
Il est temps de pointer les realités sur cs milieux!!
Christopher, si je te dis que au temps pour moi s’écrit comme cela…tu m’en veux :S?
17. Marine
20 janvier 2009 à 17 h 24 min
"educatif" en plus de tout ! Je vais aller lire ça !
18. willykean
20 janvier 2009 à 21 h 01 min
J’aurai du mal à travailler en open space.
C’est tentant.
19. Zara
20 janvier 2009 à 22 h 08 min
J’ai lu le bouquin et c’est tout à fait ce que je vis au quotidien ! J’ai pensé à le laisser trainer nonchalamment sur mon bureau, mais j’ai peur que ça fasse désordre
20. Virginie
20 janvier 2009 à 22 h 36 min
Je l’ai eu également et j’ai bien ri !
21. deedee
20 janvier 2009 à 22 h 53 min
Moi, j’avoue que j’ai ri, mais que j’ai également pris un peu peur… !
22. Zaz'
20 janvier 2009 à 23 h 39 min
ça a l’air intéressant comme bouquin!
23. Lili5582
23 janvier 2009 à 10 h 27 min
Perso j’ai beaucoup aimé ce bouquin sur le coup mais je l’ai trouvé un peu déprimant avec le recul…
Le style est ce qu’il est, soit, mais j’ai l’impression de trop me reconnaître et de trop reconnaître ma "génération", fraîchement émoulue desdites grandes écoles. On est un peu, comment dirais-je, happés par un monde complètement impersonnel, surtout en conseil je pense. Ce livre traduit un mal-être au bureau généralisé à mon sens, ce qui m’a un peu déprimé à la fin.
Deedee te répond
Pareil. J’ai trouvé ça plus grinçant que drôle, in fine..
25. Sophie
28 janvier 2009 à 13 h 36 min
Ca m’exaspere ce genre de discours. les gens sont libres que je sache. ils ont choisi (et j’ai choisi) de faire ce metier. consultante, 65h "billees" au client par semaine. c enorme. personne ne me force a le faire, c’est juste la rencontre de l’offre (mon entreprise est contente que je ramene de l’activite) et de la demande (g besoin de cet argent). je ne peux plus supporter ce discours anti managerial. Avoir un esprit critique ce n est pas tout critiquer! bien sur qu il y a des situations absurdes, bien sur que des fois c pesant, bien sur il faut savoir rire de tout ca… mais les comms du genre "mon dieu c affreux la vie des entreprises, comment on peut accepter ca, le respect de l individu gnagnagna" je crois que c a cote de la plaque. le travail n est qu un contrat entre un employe et un employeur tous deux consentants, et que les deux sont libres de rompre a tout moment.
26. Angel-A
30 janvier 2009 à 15 h 30 min
Merci pour cette critique ! Je voulais le lire mais ne savais âs trop s’il était bien ou non !
27. joeystarr
22 mai 2009 à 11 h 05 min
Sophie : on en reparlera après ton burnout, ton divorce ou ton absence de promotion pour des raisons qui dépassent ton champ de compétences…
28. Pthychinois
11 octobre 2009 à 1 h 51 min
Après lecture de ce livre-manuel, je me suis retrouvé dans presque toute les situations décrites. Cela fait peur et fait du bien car nous sommes tellement dans le guidon qu’il nous faut un peu de recul.
Je rentre au bureau lundi et je vais y laisser le livre. Une petite subvention de 6 euros pour mes collègues.
Pour ceux qui ne l’ont pas encore, je vous le recommande vivement…