Tag : edito glamour juillet 2010

Glamour ?

©Photo Anne-So

En passant (je rentre de Madrid, je n’ai pas eu le temps de mettre en ligne l’interview prévue pour ce matin ni de finaliser les autres billets de la semaine, on a pas des vies faciles, quoi !) et parce que le sujet m’interpelle, qu’il faut battre le fer lorsqu’il est encore chaud etcétéra : vous avez sûrement suivi, lu, vu passer les réactions des uns et des autres à propos de l’édito du dernier Glamour, signé par sa rédactrice en chef, Marie Lannelongue, ainsi que le papier intitulé « le vrai business des blogueuses« , lequel est mis en avant sur la couverture.

Comme beaucoup, j’ai trouvé ces articles d’une facilité confondante. On n’y apprend rien : les articles préfèrent faire la part belle au racoleur, voire, au diffamatoire. Le facile fait vendre, ça n’est pas nouveau. Et puis, c’est bien connu : les blogueuses sont des êtres dépourvus de cervelle et vénales à souhait, prêtes à tout pour gagner 100 balles et un Mars. A l’ouest du 2.0, rien de bien nouveau, donc.

Là où je suis perplexe, c’est quand on vient nous faire la leçon en décriant des pratiques (billets sponsorisés en tête) que l’on applique soi-même. S’il est sain de s’interroger sur la place des marques sur les blogs et sur les relations entre les marques et les blogueurs, je ne pense pas que Glamour soit le mieux placé pour nous donner notre petit coup de règle sur le bout des doigts.

Je ne parle même pas du fait que Glamour reproche aux blogueuses de ne plus être « inspirantes ». Là encore, c’est sûrement vrai, du moins en partie. Mais venant de la part d’un magazine qui nous parle de sexe, de glamour à la plage, de sports de plage sexy et autres marronniers de ce beau mois de juin, j’ai comme une histoire d’hôpital et de charité qui me vient spontanément à l’esprit, si vous voyez ce que je veux dire.

Je le vois d’ici, d’aucuns vont m’opposer à juste titre qu’on n’achète pas Glamour pour se culturer mais pour se divertir, et qu’attendre d’un féminin qu’il nous livre une enquête poussée sur un sujet comme celui-ci était sûrement très naïf de ma part. Certes.

Mais quand même.

J’ajoute que lorsqu’on flingue une soirée à expliquer en long, en large et en travers le pourquoi du comment – comment ça marche, un blog, combien de temps ça prend par jour, combien ça rapporte et combien ça coûte, aussi -, c’est un peu contrariant de lire l’exact inverse de ce que l’on a dit.

Je n’ai ni le temps, ni l’envie de développer plus avant. Mais je ne peux que vous enjoindre à lire l’excellente réponse d’Anne-So à Marie Lannelongue, ainsi que celle de Violette (pour une fois qu’on est d’accord toutes les deux, j’ai presqu’envie de dire champagne).

Chère Marie, vous voulez donner du pain et des jeux à votre lectorat, j’entends bien. Vous vous interrogez sur la légitimité des blogs, leur contenu et autres sujets au moins trépidants et truculents et c’est tout a votre honneur. Mais par pitié, ne tombez pas dans cette facilité que vous nous reprochez. Après tout et quoi que vous en disiez, les lecteurs – des blogs, mais aussi des magazines ! – sont bien moins naïfs que vous ne semblez le croire.

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