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Wow. J’avoue ne pas savoir par où commencer. Peut-être par ces mots de mon libraire adoré, qui, à ma question « est-ce un bon livre » m’a répondu « ouh la la oui. Très très dur, mais très très beau. Mais très dur« .

Peut-être aussi par le fait que je n’ai lu aucun autre livre de cet auteur et que de ce fait, je n’ai pas de point de comparaison tangible pour dire si oui ou non son style se retrouve ici, ou pas.

Peut-être enfin par le fait qu’en fin de compte, je crois bien que cette lecture me laisse un brin perplexe.

Oui, cette lecture est belle. Parce que profondément humaine, simple, triste et forte à la fois. Parce qu’elle nous rappelle, à travers la mort d’une petite fille victime du Tsunami et celle d’une jeune mère de famille d’un cancer que nous sommes décidément bien peu de choses, et que le Carpe Diem a beau résonner comme la plus triviale des lapalissades, rien n’est moins vrai que ces quelques mots. J’avoue avoir été également particulièrement touchée par plusieurs scènes qui m’ont rappelé, assez désagréablement, des scènes que j’ai moi-même approché de près. De très près.

Pourtant, il y a ce je ne sais quoi qui m’a empêchée de trouver cette lecture très très belle. Belle, oui, mais pas très très. La manière, peut-être, dont l’auteur rapporte tout à lui, à un point tel que j’en ai été mal à l’aise. Bien-sûr, on comprend que les évènements dont il a été témoin l’aient marqué et aient eu des conséquences sur sa propre vie. Bien-sûr, la réaction de l’auteur permet dans une certaine mesure si ce n’est d’accepter la douleur du récit, poursuivre sa lecture. Mais… à ce point là, j’ai du mal.

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Moui, bon, ben… je vous avoue que cette lecture m’a laissé quelque peu perplexe.

« Haaaannnn vous allez adorer » m’a dit ma petite libraire que j’aime tant et qui me conseille si bien, normalement. « Une brillantissime autobiographie en bande dessinée » qu’il a dit Time Magazine sur la quatrième de couv’.

C’est donc fébrilement et armée d’une attente XXL que j’ai commencé la lecture de Fun Home. Peut-être trop XXL l’attente…

Car les dessins sont sublimissimes, soyons clairs. J’aime définitivement les coups de crayon nets, précis, fidèles à une certaine réalité.

En revanche, je n’ai pas du tout accroché avec le propos. Du tout. J’ai trouvé ça d’un long… Oh bien sûr, j’ai aimé le récit de famille, les cadavres déterrés, et plus que tout, voir quelles conséquences une éducation et un carcan familial ont sur une personne, sur la construction de sa personnalité, l’induction de ses goûts. Bref, ça m’a rappelé mes cours de sociologie de la communication que j’aimais bien, malgré l’intitulé barbare de la matière.

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Aucun étudiant étant passé par une formation de communication, de marketing ou de journalisme n’a pu échapper aux Mythologies de Roland Barthes. Aucun. Car ces Mythologies sont ce que Bonnie est à Clyde, ce qu’est le clown à Mac Do (évidemment) ou Maje à tout fashionista qui se respecte : l’un ne va pas sans l’autre.

Pour autant, force est de constater que 50 ans plus tard, ces analyses à la fois sérieuses et sévères, politiques et psychologiques à partir de choses banales de la vie quotidienne prenaient lentement mais sûrement de l’âge. Et peut-être même un peu d’embonpoint.

Les Mythologies de Roland Barthes avaient donc besoin d’être un tant soit peu dépoussiérées pour traiter de sujets plus contemporains. C’est chose faite avec ces Nouvelles Mythologies, qui prennent pour sujets d’études le speed-dating, les 35 heures, l’iPod, notre bonne vieille Star Ac’, le sushi, le SMS, les bobos, Google, la mort de l’Abbé Pierre ou bien encore la racaille et le karcher. Que du beau monde !

Au total, ce ne sont pas moins de 67 textes qui ont été rédigés en 2007 par des auteurs, journalistes et éditorialistes sous la direction, donc, de Jérôme Garcin.

Je ne suis pas forcément d’accord avec tous les partis pris par les auteurs (notamment sur le chapitre « blog » !), mais l’ensemble est vraiment TRES intéressant.

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