livre : les articles qui en parlent

D’autres vies que la mienne, d’Emmanuel Carrère

Wow. J’avoue ne pas savoir par où commencer. Peut-être par ces mots de mon libraire adoré, qui, à ma question « est-ce un bon livre » m’a répondu « ouh la la oui. Très très dur, mais très très beau. Mais très dur« .

Peut-être aussi par le fait que je n’ai lu aucun autre livre de cet auteur et que de ce fait, je n’ai pas de point de comparaison tangible pour dire si oui ou non son style se retrouve ici, ou pas.

Peut-être enfin par le fait qu’en fin de compte, je crois bien que cette lecture me laisse un brin perplexe.

Oui, cette lecture est belle. Parce que profondément humaine, simple, triste et forte à la fois. Parce qu’elle nous rappelle, à travers la mort d’une petite fille victime du Tsunami et celle d’une jeune mère de famille d’un cancer que nous sommes décidément bien peu de choses, et que le Carpe Diem a beau résonner comme la plus triviale des lapalissades, rien n’est moins vrai que ces quelques mots. J’avoue avoir été également particulièrement touchée par plusieurs scènes qui m’ont rappelé, assez désagréablement, des scènes que j’ai moi-même approché de près. De très près.

Pourtant, il y a ce je ne sais quoi qui m’a empêchée de trouver cette lecture très très belle. Belle, oui, mais pas très très. La manière, peut-être, dont l’auteur rapporte tout à lui, à un point tel que j’en ai été mal à l’aise. Bien-sûr, on comprend que les évènements dont il a été témoin l’aient marqué et aient eu des conséquences sur sa propre vie. Bien-sûr, la réaction de l’auteur permet dans une certaine mesure si ce n’est d’accepter la douleur du récit, poursuivre sa lecture. Mais… à ce point là, j’ai du mal.

Fun Home d’Alison Bechdel

Moui, bon, ben… je vous avoue que cette lecture m’a laissé quelque peu perplexe.

« Haaaannnn vous allez adorer » m’a dit ma petite libraire que j’aime tant et qui me conseille si bien, normalement. « Une brillantissime autobiographie en bande dessinée » qu’il a dit Time Magazine sur la quatrième de couv’.

C’est donc fébrilement et armée d’une attente XXL que j’ai commencé la lecture de Fun Home. Peut-être trop XXL l’attente…

Car les dessins sont sublimissimes, soyons clairs. J’aime définitivement les coups de crayon nets, précis, fidèles à une certaine réalité.

En revanche, je n’ai pas du tout accroché avec le propos. Du tout. J’ai trouvé ça d’un long… Oh bien sûr, j’ai aimé le récit de famille, les cadavres déterrés, et plus que tout, voir quelles conséquences une éducation et un carcan familial ont sur une personne, sur la construction de sa personnalité, l’induction de ses goûts. Bref, ça m’a rappelé mes cours de sociologie de la communication que j’aimais bien, malgré l’intitulé barbare de la matière.

Nouvelles mythologies, sous la direction de Jérôme Garcin

Aucun étudiant étant passé par une formation de communication, de marketing ou de journalisme n’a pu échapper aux Mythologies de Roland Barthes. Aucun. Car ces Mythologies sont ce que Bonnie est à Clyde, ce qu’est le clown à Mac Do (évidemment) ou Maje à tout fashionista qui se respecte : l’un ne va pas sans l’autre.

Pour autant, force est de constater que 50 ans plus tard, ces analyses à la fois sérieuses et sévères, politiques et psychologiques à partir de choses banales de la vie quotidienne prenaient lentement mais sûrement de l’âge. Et peut-être même un peu d’embonpoint.

Les Mythologies de Roland Barthes avaient donc besoin d’être un tant soit peu dépoussiérées pour traiter de sujets plus contemporains. C’est chose faite avec ces Nouvelles Mythologies, qui prennent pour sujets d’études le speed-dating, les 35 heures, l’iPod, notre bonne vieille Star Ac’, le sushi, le SMS, les bobos, Google, la mort de l’Abbé Pierre ou bien encore la racaille et le karcher. Que du beau monde !

Au total, ce ne sont pas moins de 67 textes qui ont été rédigés en 2007 par des auteurs, journalistes et éditorialistes sous la direction, donc, de Jérôme Garcin.

Je ne suis pas forcément d’accord avec tous les partis pris par les auteurs (notamment sur le chapitre « blog » !), mais l’ensemble est vraiment TRES intéressant.

Quel beau métier vous faites !, de William Réjault

C’est l’histoire d’un homme qui livre son quotidien à travers des anecdotes touchantes, poignantes, drôles, glauques, crues, attachantes ou bien encore caustiques.

Cet homme est infirmier. Cet homme est aussi bloggeur… et il a eu l’extrême gentillesse de me faire parvenir son livre il y a quelques jours.

Pour plein de bonnes raisons que je n’évoquerais pas ici (eh oh, pour une fois que je vous épargne un bon petit 3615 MaVie, vous n’allez pas vous en plaindre !), j’exècre les hopitaux et globalement, tout ce qui à trait à l’univers médical. Même de loin.

Et pourtant… j’ai lu Quel beau métier vous faites… et j’ai aimé.

Pilule bleues de Frederik Peeters

Alors là, wow… c’est du lourd… Le pire, c’est que je ne vais pas pouvoir vous en dire énormément plus, au risque de vous dévoiler une partie de l’intrigue ce qui serait éminemment balot, vous en conviendrez.

De quoi s’agit-il ? D’une bédé. Une bédé qui relate plusieurs tranches de vie d’un couple pas comme les autres. Une bédé autobiographique. Une bédé bluffante, bouleversante, touchante… Et… voilà.

Naaan, je ne suis pas plus loquace par flemme, mais vraiment, vous allez m’en vouloir si je vous en dis plus.

Le Fait du prince, d’Amélie Nothomb

Il y a une habitude à laquelle je ne dérogerais pour rien au monde. Une routine, un petit plaisir autant qu’un rituel qui se perpétue chaque mois de septembre : à la rentrée littéraire, je succombe pour un seul et unique livre. Celui d’Amélie Nothomb.

Je sais, je sais, d’aucuns disent que l’auteure est atteinte de logorrhée et que sa production dithyrambique nuit à la qualité de ses ouvrages. Que son style ne se renouvelle pas. Pas plus que les thématiques qu’elle aborde – la beauté, la laideur, la mort, etc. -

Eh bien je vous le dis tout net, je m’inscris en faux. Et paf, ça vous la coupe hein ?

Car s’il est évident qu’on peut plus ou moins apprécier tel ou tel ouvrage, Le Fait du prince est une très bonne lecture. Et je pèse mes mots.

Tous les hommes sont mortels, de Simone de Beauvoir

Il faut que je vous fasse une confidence : Tous les hommes sont mortels est mon premier Simone de Beauvoir. Je ne sais pas pourquoi, je me faisais tout un monde de cette auteure. Je la mettais, à tort, dans le même panier que Marguerite Duras (j’ai lu Les Petits Chevaux de Tarquinia et bon, mouaif) et autres auteurs dont le nom est si emblématique, si imposant qu’on ose à peine caresser leurs livres du regard.

Jusqu’au détour par une tête de gondole, celle de la petite librairie à côté du boulot que j’affectionne tout particulièrement. Je pioche ça et là des livres au hasard, lis quelques lignes de la 4ème de couv’, quelques lignes du début du livre et hop, je prends. Ou pas.

Bien m’en pris de prendre celui-ci : j’ai beaucoup, beaucoup aimé.

Kiki de Montparnasse, de Catel & Bocquet

Dernière lecture des (lointaines) vacances, et non des moindres, puisque cette bédé retrace la vie de Kiki, égérie des plus grands de la vie artistique parisienne de l’entre-deux guerres, lors des Années Folles.

Si le pavé que représente la bédé peut rebuter de prime abord, ne vous laissez pas décourager par si peu : le talent de Catel Muller, l’illustratrice, couplé à la narration de José-Louis Bocquet rendent cet ouvrage tout simplement… Indispensable. Rien de moins !

Les cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini

Autre lecture des vacances, celle-là bien différente de la bébé : Les cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini. Et quelle lecture ! Quelques semaines après avoir refermé ce livre, je suis encore profondément émue.

Les thèmes abordés par l’auteur ont beau être disons, banals – l’amitié, la fraternité, la loyauté, la trahison…- , le traitement accordé au texte est bouleversant.

Car au-delà de l’intérêt premier pour ce conte oriental, ce roman est un formidable document sur la culture et l’histoire afghanes. Khaled Hosseini nous livre une vision ultra réaliste, voire autobiographique de ce pays sous le joug de la terreur instaurée par les Talibans. Fuite des afgans, prise de contrôle de l’Afganistan par les Talibans, expéditions punitives, lapidations en public, règne de la terreur sont le théâtre d’une amitié pour le moins tumultueuse.

Un récit plus que précieux, et qui achève de faire de ce roman un livre à lire absolument.

Le Blog, de Martin Vidberg et Nemo7

Pendant ma semaine de vacances, j’ai eu le temps de lire. Deux bédés et un livre. Un truc de dingue !

Je commence donc mes comptes-rendus avec l’excellente bédé « Le Blog », de Martin Vidberg et Nemo7. Tout simplement hi-la-rante.

C’est l’histoire d’un type qui tient un blog. Un blog où il raconte sa vie et où il commet quelques illustrations. Courses effrénées aux commentaires, traque à l’audience, relations avec les autres blogueurs et tranches de vies trépidantes et truculentes à base de « aujourd’hui, j’ai mangé des fraises » : inutile de vous dire pourquoi j’ai aimé cette bédé, et pourquoi je vous la recommande plus que chaleureusement !

Copyright 2013 Deedee | Tout droits réservés. Designed by Vert Cerise