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« (…) chaque être humain, au cours de sa vie, peut découvrir les quelques choses essentielles, une ou deux tout au plus, qui comptent réellement pour lui« .

J’achève à l’instant ou presque un récit bouleversant. Celui d’un homme qui a un accident et qui, avant de passer définitivement de vie à trépas, se voit habiter le corps de la personne qu’il a tuée pendant quelques jours. Le temps pour lui de réaliser ce qui a vraiment compté dans sa vie, ses regrets, et ce qu’il aurait pu changer de son vivant.

Dans sa postface, l’auteur d’un Ciel radieux dit que ses lecteurs se sentiront peut-être émus en refermant ce livre. Emue ? Tu parles, je me suis retrouvée à pleurer à gros bouillon, savourant chaque petit détail du récit, mesurant le sens de chaque virgule, chaque mot.

Je ne sais pas ce qui compte réellement dans ma vie aujourd’hui. Oui plutôt si, je ne le sais que trop, mais les conclusions sont sûrement trop intimes pour que je les livre ici. Ce que je sais, en revanche, c’est que ce constat qu’on a « des vies de cons » résonne chaque un peu plus fort, et que je tente autant que faire se peut d’y remédier. Courir tout le temps, partout, empiler, jongler… oui, mais pourquoi ?

Jirô Taniguchi ajoute un peu plus loin « (…) que dans le cours de toute existence, certains événements, certaines expériences sont capables de nous faire changer notre façon de vivre. Ces événements, ce sont ceux au cours desquels on retrouve la conscience objective de soi-même, sa nature profonde, au-delà du personnage que l’on incarne dans les conventions de la vie quotidienne« .

Pour certains, cette lecture sera peut-être l’un des événements qui leur permettra d’ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard. Pour moi, elle a été l’une de ces petites piqûres de rappel qui nous remettent dans le droit chemin de nos convictions et de nos envies. Et, rien que pour ça, je ne peux que vous enjoindre à vous plonger vous aussi dans ce Ciel radieux. Et à vous poser cette question : « qu’est-ce qui compte vraiment pour vous, aujourd’hui ? ».

Ne me répondez pas, hein. Mais répondez vous… !

Ce que dit la 4ème de couv’ : Une nuit, Kazuhiro Kubota, père de famille et employé surmené, percute un jeune motard, Takuya Onodéra. L’un meurt rapidement, l’autre survit miraculeusement. Lorsque Takuya sort du coma, sa famille découvre, déconcertée, que non seulement il souffre d’amnésie, mais qu’il semble aussi avoir changé de personnalité… La conscience de Kazuhiro Kubota vient de se réveiller dans le corps du jeune homme, comme si une ultime occasion de comprendre ce qui comptait réellement dans sa vie lui était offerte. Mais le temps presse : Takuya retrouve sa mémoire petit à petit, tandis que l’esprit de Kazuhiro tente de reprendre contact avec sa famille. Et la cohabitation des deux âmes dans un seul corps s’annonce difficile.

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Il y a peu encore, j’étais en panne de lecture. En dehors des BD, aucun livre ne trouvait grâce à mes yeux. Oh pourtant, j’ai une pile au moins haute comme ça de romans qui n’attendent que moi… mais quand ça veut pas, rien à faire, ça veut pas.

C’est alors que Le vieux qui lisait des romans d’amour est arrivé et m’a sortie de cette mauvaise passe avec une grâce et une évidence lumineuses (j’ai un grand sens de la mesure, il paraît).

Et, c’est drôle, car il fait partie de ces livres que l’on voit très souvent en tête de gondoles. Raison suffisante, pensais-je de toute mon arrogance pseudo intellectuelle imbécile, pour ne pas y succomber. Fort heureusement, j’ai des amis bien plus intelligents que moi et qui n’ont pas peur, eux, de passer outre les apparences. Merci Mathilde, merci Elise, vous m’avez sortie de ma panade littéraire !

Je n’aurais pas grand chose à ajouter, si ce n’est que ce livre est une pépite, qu’il dépayse vraiment grâce à son vieux, la jungle, les félins, les sauvages et le maire. Si si, lisez-le, vraiment !

Ce que dit la 4ème de couv’ : Antonio José Bolivar Proano est le seul à pouvoir chasser le félin tuer d’hommes. Il connaît la forêt amazonienne, il respecte les animaux qui la peuplent, il a vécu avec les Indiens Shuars et il accepte le duel avec le fauve. Mais Antonio José Bolivara découvert sur le tard l’antidote redoutable venin de la vieillesse : il sait lire, et il a une passion pour les romans qui parlent de l’amour, le vrai, celui qui fait souffrir.

Partagé entre la chasse et sa passion pour les romans, le vieux nous entraîne dans ce livre au style naïf et plein de charme dont le souvenir ne nous quitte plus.

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Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, je ne lis plus que des bédés. Ou plutôt si. Disons que je suis prise dans une faille spatio temporelle dans laquelle 1. je ne prends plus le métro et ai de ce fait bien moins de temps pour m’adonner à la lecture, et surtout 2. je suis coincée dans un livre auquel je m’accroche désespérément, tant on m’a vanté ses qualités… mais groumpf, voilà quoi (le malotru a pour titre Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, pour ceusses et celles que l’info intéresserait).

Or donc, je ne lis plus que des bédés. J’ai fini toutes celles que vous avez pu apercevoir ici et ai donc quelques chroniques de retard. Et je referme à l’instant ou presque le premier tome de Pablo, un récit autobiographique en quatre volets consacré à Picasso.

J’ai beaucoup, beaucoup aimé les dessins de Clément Oubrerie, qui n’est autre que le très talentueux illustrateur de l’excellent Aya de Yopougon (qui sort bientôt au cinéma !). Ses illustrations servent si bien le scénario de Julie Birmant qu’on ne peut qu’admirer son talent, lui qui est venu à la BD sur la tard après des années consacrées, entre autres, à l’illustration de livres pour enfants.

Quant au scénario, justement, il a la saveur d’un grand cru. Rien de moins ! Si Freud pouvait peut être pécher par une biographie parfois un peu avares de détails, Pablo prend ses aises. Et c’est bien là ce qui en fait un récit aussi bien pensé qu’attrayant.

Un chouette boulot, une vraie bonne piste de lecture pour les amateurs de bédé… mais pas que !

(et si vous voulez me recommander quelques bonnes lectures pour me sortir de ma mauvaise passe du moment, n’hésitez pas…).

Ce que dit la 4ème de couv’ : Cette série de quatre albums raconte la vie de Pablo Picasso jeune homme, à Montmartre, entre 1900 et 1912. Au Bateau-Lavoir, logement pour bohèmes situé au sommet de la butte, Pablo rencontre Fernande, le premier grand amour de sa vie, dont il peindra des centaines de portraits. Au cœur de leur existence, il y a les grands poètes – Max Jacob, le clown tragique amoureux fou de Picasso, et Apollinaire – et puis Gertrude Stein, sa jumelle visionnaire, le peintre Georges Braque, copain de cordée avec lequel il invente le cubisme, sans oublier, au-dessus de la mêlée, avec ses lunettes cerclées de fer, le seul grand rival : Henri Matisse.

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