Lorsque je me suis mariée, voilà plus de 6 ans maintenant, j’ai fait le choix de continuer à porter mon patronyme, pour tout un tas de raisons que je ne vais pas vous dévoiler ici (oh eh oh, on est pas sur un journal intime hein !). En substance et parmi ces raisons, changer de patronyme du jour au lendemain après 26 ans d’identité commune lui et moi, ça me faisait tout drôle. Pis, je n’en voyais pas franchement l’utilité.
On pourrait croire que cette histoire s’arrête là. Et pourtant.
D’abord, il a fallu expliquer mon choix au fiancé. Lequel – un homme pourtant plutôt très open sur tout un tas de réjouissances domestiques – s’est limite étouffé sur place, comme si je lui faisais là un affront insurmontable. En guise d’argument que je voulais décisif, je lui ai alors proposé de lui donner mon patronyme à moi. Après tout, pourquoi n’aurait-il pas endossé ce changement, lui ? Et puisque apparemment, j’avais mal compris l’affaire et qu’il était question d’amour, il suffisait donc qu’il prenne mon nom puisque notre amour était bilatéral. Avouez que tout cela était d’une logique implacable ! Au regard totalement perplexe qu’il m’a jeté, j’ai pourtant compris que l’affaire était loin d’être dans le sac… Mais au moins, hop, la question de garder mon patronyme était réglée (toujours demander plus quand on négocie, la base).
Les choses ne furent pas plus simples pour autant. Il a fallu que je marque une différence entre mon nom de jeune-fille et mon nom de femme mariée, requête expresse de l’état civil. En conséquence de quoi, j’ai du accoler le nom de mon époux à mon nom en guise de nom d’usage (ça va, vous suivez ?). Ri-di-cule : par définition, le nom d’usage est celui que je suis censée utiliser et justement… je ne vais pas m’amuser à dégainer mon patronyme à rallonge à chaque fois que je me présente ! Ça n’a pas de sens, on est d’accord. Sans compter que je me retrouve avec trois noms… Je vous laisse imaginer le délire de certaines situations (« Bonjour, madame X, blablabla. Ah, essayez madame Y ? Et si je vous dis XY ? » Oui, on doit souvent me prendre pour une FOLLE).
Au quotidien et dans les situations les plus banales, la situation est bien souvent gagesque.
La banque ? Impossible de garder mon nom de jeune-fille, ce qui en soi est déjà contrariant. Mais ça n’est pas tout, accrochez-vous : quand j’appelle en donnant mon nom d’usage (faut-il déjà que j’en ai le réflexe puisque je ne l’utilise pas), impossible de me trouver. Mon nom de jeune-fille ? Non plus (ça n’est pas comme si j’avais eu un compte à ce nom là depuis des années, hein). Après moult rebondissements ubuesques et que je vous épargne, bingoooo, on me retrouve. Trop facile.
Je ne compte même plus le nombre de personnes ou de services qui changent mon nom d’office (ben tiens, faites vous plaisir, les gars !).
La palme d’or ? Elle revient indéniablement à l’Administration, oui, celle là même. Pas plus tard que la semaine dernière et alors que nous constituions un dossier, cet échange complètement lunaire :
administration : « donc, monsieur et madame … ? »
Moi : « Bernard Henri et Deedee Micheline-Henri »
Administration : « ah, mais vous n’êtes pas mariés alors ? »
Moi : « ben, si » . Et d’expliquer le comment du pourquoi.
Administration : « ça n’est pas possible, ça ne rentre pas dans la case, mariés, c’est le même nom et puis c’est marre » .
Voilàààà. Oh, j’ai bien essayé de négocier, mais j’ai bien compris que c’était peine perdue.
Je vous épargne la longue liste des doléances qui font que garder son nom de jeune-fille est décidément loin, bien loin d’être une sinécure… Je l’avoue, tout cela me rend grandement perplexe, moi qui exècre tant les petites cases bien normées et proprettes !


























