
Le 27 août 2005 à cette heure-ci, il ne me restait que quelques heures avant de dire « oui ». Oui à ce pari fou de l’aimer sans réserve une vie entière. Oui à ce sacrement que j’avais pourtant tendance à rejeter quelques mois auparavant, moi qui n’aime pas les princesses et qui exècre les petites cases bien proprettes à base de « mariée, trois enfants, un Scénic, une maison à crédit et un labrador ».
J’étais fébrile, bien-sûr. Mais aussi immensément heureuse.
Je me souviens de cette journée que j’ai pris un plaisir minutieux à préparer, des mois à l’avance. Je me souviens de la nuit précédent le mariage que j’ai tenu à passer chez mes parents. Tradition obsolète, voire un peu grotesque lorsqu’on partage déjà un toit avec l’élu de son cœur, et pourtant…
















Oui !
Week-end sportif. Week-end joyeux. Week-end heureux. Et l’envie de partager ce petit bout de bonheur avec vous.
Il y a dans les mariages ce bonheur éclatant, évidemment. Les moments d’émotion qui étreignent le cœur et font rouler quelques larmes sur les joues des mamans, des sœurs, des amis.
Il y a cette euphorie palpable à la ronde. Les sourires, les rires et les vivas. Les fleurs, les invités engoncés dans leurs plus beaux atours et les enfants qui hurlent leur excitation à tout va.
Le discours du prêtre, toujours trop long. Les petits qui courent leur excitation à travers l’église, la fierté de la petite demoiselle d’honneur qui apporte vaillamment les alliances sur leur petit coussin brodé.
Les pétales de rose. La liesse collective les photos et les pousse-toi de là je ne vois rien.
Parfois, une pointe de stress anime la mariée. Où est le photographe ? Le cocktail est-il assez copieux ? Mon voile tiendra t-il encore un peu ou va-t-il tomber en entrainant mon chignon ?
Il y a le temps, aussi. Rapide et lent à la fois. Les embrassades. Et les mots doux glissés au creux de l’oreille par quelques êtres chers.
Les regards. Bienveillants, pétillants, parfois envieux. Le fameux plan de table, les voisins qu’on ne connait pas et avec lesquels il faut sympathiser le temps d’un dîner même si on sait pertinemment qu’on ne les reverra jamais.
Le vin qui fait tourner la tête. La souris d’agneau, le fromage, la pièce montée. Les dragées qu’on aura bien entendu liquidé avant même d’avoir commencé à manger.
Déjà, les mariés ouvrent le bal. La fête éclabousse de ses rires, ses danses et ses titres populaires les murs de la salle où la chaleur est tout juste supportable. Les filles ont depuis bien longtemps laissé leurs escarpins en marge de la piste quand les garçons ont tombé la cravate. L’oncle Marcel, qui a toujours eu un penchant pour les jolies blondes, essaye d’entraîner la belle Audrey, amie d’enfance de la mariée, dans une danse endiablée. Elle fera bien entendu semblant de ne pas avoir remarqué son manège.
Et puis, déjà, l’aube pointe. Il est temps de laisser les mariés savourer leur première nuit d’épousés.
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