Tag : piste de lecture

Voilà plusieurs mois qu’il avait gonflé les rayons de ma bibliothèque sans que je trouve le courage de l’ouvrir.

En le refermant quelques heures à peine après l’avoir commencé, je me suis dit que oui, c’est bien ça qui me faisait défaut jusqu’alors : le courage.

Ce livre n’est pas triste. Ou pas seulement. Mais autant vous le dire tout de suite : il faut avoir le cœur bien accroché pour rire à son tour et rejoindre cette ronde burlesque et au cynisme malgré tout empreint d’un amour immodéré dans laquelle l’auteur cherche à nous entraîner.

« Où on va, papa ?« , c’est l’histoire d’un papa qui raconte son quotidien auprès de ses deux enfants. L’ainé, Mathieu, est handicapé. Lorsque son frère Thomas nait, c’est un soulagement : « la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit ». Perdu. Quelques semaines après sa naissance, Thomas est lui aussi diagnostiqué comme étant un enfant lourdement handicapé.

Alors, le papa se livre. Il rit, il se moque, il taquine, il sanglote presque, aussi, parfois. Avec « Où on va, papa ?« , c’est le grand huit des émotions assuré. On réprime souvent un sourire, un peu honteusement, à base de « oh la la mais il a osé dire ça, quand même ! », presque mal à l’aise d’avoir été pris les doigts dans le pot de confiture.

Mais au fond, n’est-ce pas là ce que veut l’auteur, justement ? Nous faire sourire. Nous faire rire. Et peut être nous prouver que « les enfants handicapés sont des enfants presque comme les autres ». Ou pas. L’auteur nous laisse seul juge.

Reste que le livre est merveilleusement servi par une plume magnifique. Les chapitres sont courts, parfois décousus, parfois durs ou au contraire emprunts d’un humour à fleur de peau. Dans tous les cas, ce livre est assurément émouvant…

Ce que dit la 4ème de couv’ : Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J’avais honte ? Peur qu’on me plaigne ? Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c’était pour échapper à la question terrible : « Qu’est-ce qu’ils font ? » Aujourd’hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j’ai décidé de leur écrire un livre. Pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n’ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d’ange, et je ne suis pas un ange. Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d’une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d’eux avec le sourire. Ils m’ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement. Grâce à eux, j’ai eu des avantages sur les parents d’enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu’ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien. Et surtout, pendant de nombreuses années, j’ai bénéficié d’une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j’ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.

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Une amie m’avait chaleureusement recommandé cette lecture. Une amie au goût sûr. Aussi m’étais-je laissé tenter les yeux fermés, quelque part vers le mois de mai.

Et puis… le titre ne m’inspirant pas plus que la 4ème de couv’, j’avais tôt fait d’oublier cette piste (en même temps, j’avais tenté quelques semaines plus tôt de lire « l’homme qui voulait être heureux » et j’avais lâché prise au bout de quelques pages, lassées par le ton très doctrinal à tendance marabout du livre). Preuve, s’il en fallait, que l’on a tord de juger un livre sur un titre : je n’ai pas adoré cette lecture mais indéniablement, le livre m’a plu. Et touchée, aussi. Beaucoup !

C’est l’histoire de Richard, un quadra plein aux as qui fait un jour un malaise. Ce malaise marque le point de départ d’une nouvelle vie où Richard se demande comment il a pu passer à ce point à côté de sa vie et sur quel malentendu il a pu négliger à se point sa propre vie, autant que ses relations avec les autres.

Dès lors, il va s’évertuer à changer sa façon de vivre et de voir les choses. Un changement radical qui va le conduire à ouvrir les yeux sur la nature humaine et le sens des valeurs.

N’allez pas croire que le livre est gnangnan, bien au contraire : si le rythme de narration traine parfois un peu les pattes, le style m’a plu. Tout y est emprunt de délicatesse et d’évidences assénées avec une telle logique qu’en refermant le livre, je me suis demandée, moi aussi, ce que je faisais là ;)

Un vrai bon livre à lire pour méditer sur le sens de la vie !

Ce que dit la 4ème de couv’ : « Ils le hissèrent sur la civière, et lorsqu’ils le soulevèrent un cri lui échappa ; il ignorait pourquoi. Il était entouré de pompiers, d’infirmiers, de policiers qui le portaient ? cela faisait des années que personne ne l’avait porté. Il s’efforça de les aider, de se faire plus léger. Un flic lui demanda où se trouvaient les clés de la maison ? dans une vasque d’argent sur le plan de travail de la cuisine. Ils verrouillèrent la porte et lui tendirent la clé. Lorsqu’ils le roulèrent sur le brancard, le bercement cahoteux lui donna envie de dormir. Vous avez sommeil, vous aussi ? demanda-t-il. Personne ne répondit. » En proie à une douleur incroyable, Richard Novack, la cinquantaine, divorcé, vient d’appeler le 911. En un clin d’œil, il est emmené aux urgences de Cedars-Sinai, l’hôpital pour VIP de Los Angeles. Cette expérience va faire basculer sa vie : il découvre à quel point il est seul. Une fois dehors, il fait la connaissance d’un marchand de donuts, Anhil, immigré d’origine indienne, et affronte un glissement de terrain à quelques mètres de son domicile. Quelque chose va devoir changer, mais quoi, au juste ? Adossé à l’avenir et aux prises avec le passé, Richard médite sur le sens de la vie moderne. Écrit dans un style plein de verve, Ce livre va vous sauver la vie est le drame d’un homme qui ne saura jamais se sauver qu’en s’ouvrant au monde. Après Le torchon brûle, satire au vitriol de la sacro-sainte famille, A. M. Homes prouve qu’elle est bel et bien un auteur confirmé.

Post Scriptum : rien à voir, mais si vous aimez les macarons et que vous voulez connaître tous les secrets de leur réalisation, vous pouvez télécharger dès demain l’appli « Macarons » et « Macarons HD » sur iPhone et iPad en cliquant là : http://itunes.com/apps/macaronshd. Les deux sont réalisées par l’experte-ès macarons, j’ai nommé Mercotte, bien-sûr !

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Je suis venue à Jean Teulé par Les lois de la Gravité. J’avais moyennement apprécié cette lecture… Et pourtant, encouragée par les collègues, vous-même, mon libraire et certains amis, j’avais malgré tout persévéré avec Je, François Villon. Bonne pioche… merci !

Mue par ce goût croissant pour l’écriture de Jean Teulé, j’avais acheté dans la foulée de Je, François Villon Le Montespan. Eh puis, pour ne pas me lasser de l’auteur, j’ai oublié ce livre pendant quelques temps… Avant de le dévorer.

J’ai beaucoup aimé ce Montespan, vous l’avez compris. L’histoire de cet époux bafoué que je ne connaissais que dans les grandes lignes. De La Montespan, favorite de Louis XIV. Des us et coutumes de la Cour à cette époque.

Jean Teulé signe une biographie imaginaire époustouflante et parée de détails de fort bon aloi. Brillante, riche, gouailleuse : son écriture a le parfum des grandes épopées dont on ne peut qu’être accro, de la première à la dernière ligne.

J’aime aussi l’aspect un peu cru que revêt la plume de Jean Teulé. Si certains passages étaient à la limite du soutenable dans Je, François Villon, ici, ces passages sont à la limite du gag. Ces grandes dames qui urinent sous leur robe n’est qu’un exemple parmi beaucoup, beaucoup d’autres.

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