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Alors alors alors. ALORS !

Vous aviez été extrêmement nombreux à me recommander cette lecture, que ce soit ici ou sur Facebook. Je l’avais notée dans un petit coin de calepin, prête à dégainer votre conseil dès qu’une panne de lecture se pointerait. Et puis, je l’avoue, la rentrée littéraire ayant eu raison de mes maigres économies, je l’avais évincé jusqu’à nouvel ordre. Ô que cette action était vilaine, voire inconséquente ! Disons-le tout net, ce livre est une bombe… même si je n’ai pas adhéré au propos dans sa totalité.

La couleur des sentiments, c’est l’histoire d’une petite communauté d’amies – blanches – et de leur quotidien, dont la logistique est assurée par une armada de nounous, bonnes, aides à domicile. Noires. Le tout se déroule dans le Mississippi des années 60.

Le livre décrit en grande partie les relations que ces femmes blanches entretiennent avec leurs domestiques, sans omettre de souligner au passage le paradoxe de certaines situations : ces femmes élèvent leurs enfants, mais on leur construit des toilettes à part pour ne pas qu’elles puissent répandre leurs maladies supposées. Par exemple.

Jusqu’au jour où Skeeter, l’une des femmes du cercles des blanches, ouvre les yeux : avec l’aide d’Aibileen, l’une des bonnes au service de ces dames, elle décide alors de rédiger un livre rassemblant les témoignages de plusieurs d’entre elles afin de décrire ce quotidien nourrit de paradoxes et d’incohérences.

Voilà pour l’histoire, que j’ai beaucoup aimée, sur le principe. Les années 60, c’est hier… et on est effaré, à la lecture de La couleur des sentiments de constater à quel point tout cela semble rétrograde, tellement… lunaire !

Et puis, on se prend à réfléchir. Et on se demande quelle aurait été notre réaction à nous, si nous avions vécu à cette époque et avions tenu pour acquis qu’avoir un domestique noir et sous payé allait forcément de soit. Vous voyez, la fameuse chanson de Goldman (ouch, paye ta référence !). Dans la même veine, le livre pose la question du courant dominant de  la pensée à telle ou telle époque, et de la manière dont on peut – ou non !- s’inscrire en faux contre une situation considérée comme étant une norme.

Reste que le livre souffre parfois de lieux communs et de situations un peu (beaucoup !) clichés… mais ce serait vraiment dommage de ne pas passer outre. Ce faisant, vous rateriez une excellente lecture.

Ce que dit la 4ème de couv’ : Jackson, Mississippi, 1962.
Lorsqu’elle rentre chez elle, Aibileen, seule dans sa bicoque du quartier noir de Jackson, dîne modestement, écrit ses prières dans un carnet, pense à son fils disparu et écoute du gospel, du blues ou le sermon du Pasteur à la radio. Nurse et bonne au service de familles blanches depuis quarante ans, Aibileen n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Elle vit pour “ses enfants” – les petits Blancs dont elle s’occupe jusqu’à l’âge où ils changent –, les aime tendrement et met un point d’honneur à leur transmettre l’estime de soi, luttant comme elle le peut contre les idées racistes que leurs parents leur enfonceront bientôt dans le crâne. Aibileen est une âme généreuse, dotée d’une grande sagesse et d’une bonhomie attendrissante. Elle a la vitalité, la douceur et la rondeur d’Ella Fitzgerald.

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Voilà bien longtemps que je n’avais pas été autant séduite par un livre ! J’ai littéralement adoré cette Délicatesse, 8ème roman de David Foenkinos.

Le sujet, d’abord : celle d’une rencontre amoureuse improbable. Elle marche dans la rue, il l’aborde. Elle qui abhorre ce genre d’approche accepte pourtant d’aller boire un verre avec lui… Ils se marièrent, mais n’eurent pas les nombreux enfants escomptés. Car la mort fauche cette amour aussi inattendu qu’indicible qui lie Nathalie à François.

La plume, ensuite : oui, la plume de David Foenkinos est bel et bien empreinte de cette délicatesse qui lui est chère. Pour autant, l’auteur évite le gnangnan et le larmoyant qui aurait pu gâcher l’histoire grâce à un humour décapant. Les touches de second degré et autres boutades permettent d’insuffler une certaine fraîcheur à un sujet par ailleurs des plus sérieux. On en redemande, autant que son acuité à dresser les portraits de ses personnages… Pour tout vous dire, j’ai eu envie de relever une phrase sur deux tant l’écriture est juste et bien sentie.

Et que dire des petits instants « culture confiture » dont l’auteur truffe son roman ? Non, décidément, La Délicatesse est une excellente lecture. Mon premier roman de David Foenkinos… et sûrement pas le dernier !

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Il y a une habitude à laquelle je ne dérogerais pour rien au monde. Une routine, un petit plaisir autant qu’un rituel qui se perpétue chaque mois de septembre : à la rentrée littéraire, je succombe pour un seul et unique livre. Celui d’Amélie Nothomb.

Je sais, je sais, d’aucuns disent que l’auteure est atteinte de logorrhée et que sa production dithyrambique nuit à la qualité de ses ouvrages. Que son style ne se renouvelle pas. Pas plus que les thématiques qu’elle aborde – la beauté, la laideur, la mort, etc. -

Eh bien je vous le dis tout net, je m’inscris en faux. Et paf, ça vous la coupe hein ?

Car s’il est évident qu’on peut plus ou moins apprécier tel ou tel ouvrage, Le Fait du prince est une très bonne lecture. Et je pèse mes mots.

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