{"id":12967,"date":"2011-10-11T07:40:51","date_gmt":"2011-10-11T05:40:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.deedeeparis.com\/blog\/?p=12967"},"modified":"2011-10-10T23:46:01","modified_gmt":"2011-10-10T21:46:01","slug":"la-couleur-des-sentiments-kathryn-stockett","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.deedeeparis.com\/blog\/la-couleur-des-sentiments-kathryn-stockett","title":{"rendered":"La couleur des sentiments, de Kathryn Stockett"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"La couleur des sentiments\" src=\"http:\/\/www.jewanda-magazine.com\/wp-content\/uploads\/2011\/07\/la-couleur-des-sentiments.jpg\" alt=\"\" width=\"234\" height=\"351\" \/>Alors alors alors. ALORS !<\/p>\n<p>Vous aviez \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement nombreux \u00e0 me recommander cette lecture, que ce soit ici ou sur Facebook. Je l&rsquo;avais not\u00e9e dans un petit coin de calepin, pr\u00eate \u00e0 d\u00e9gainer votre conseil d\u00e8s qu&rsquo;une panne de lecture se pointerait. Et puis, je l&rsquo;avoue, la rentr\u00e9e litt\u00e9raire ayant eu raison de mes maigres \u00e9conomies, je l&rsquo;avais \u00e9vinc\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 nouvel ordre. \u00d4 que cette action \u00e9tait vilaine, voire incons\u00e9quente ! Disons-le tout net, ce livre est une bombe&#8230; m\u00eame si je n&rsquo;ai pas adh\u00e9r\u00e9 au propos dans sa totalit\u00e9.<\/p>\n<p><em>La couleur des sentiments<\/em>, c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;une petite communaut\u00e9 d&rsquo;amies &#8211; blanches &#8211; et de leur quotidien, dont la logistique est assur\u00e9e par une armada de nounous, bonnes, aides \u00e0 domicile. Noires. Le tout se d\u00e9roule dans le Mississippi des ann\u00e9es 60.<\/p>\n<p>Le livre d\u00e9crit en grande partie les relations que ces femmes blanches entretiennent avec leurs domestiques, sans omettre de souligner au passage le paradoxe de certaines situations : ces femmes \u00e9l\u00e8vent leurs enfants, mais on leur construit des toilettes \u00e0 part pour ne pas qu&rsquo;elles puissent r\u00e9pandre leurs maladies suppos\u00e9es. Par exemple.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 Skeeter, l&rsquo;une des femmes du cercles des blanches, ouvre les yeux : avec l&rsquo;aide d&rsquo;Aibileen, l&rsquo;une des bonnes au service de ces dames, elle d\u00e9cide alors de r\u00e9diger un livre rassemblant les t\u00e9moignages de plusieurs d&rsquo;entre elles afin de d\u00e9crire ce quotidien nourrit de paradoxes et d&rsquo;incoh\u00e9rences.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pour l&rsquo;histoire, que j&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9e, sur le principe. Les ann\u00e9es 60, c&rsquo;est hier&#8230; et on est effar\u00e9, \u00e0 la lecture de <em>La couleur des sentiments <\/em>de constater \u00e0 quel point tout cela semble r\u00e9trograde, tellement&#8230; lunaire !<\/p>\n<p>Et puis, on se prend \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. Et on se demande quelle aurait \u00e9t\u00e9 notre r\u00e9action \u00e0 nous, si nous avions v\u00e9cu \u00e0 cette \u00e9poque et avions tenu pour acquis qu&rsquo;avoir un domestique noir et sous pay\u00e9 allait forc\u00e9ment de soit. Vous voyez, la fameuse chanson de Goldman (ouch, paye ta r\u00e9f\u00e9rence !). Dans la m\u00eame veine, le livre pose la question du courant dominant de\u00a0 la pens\u00e9e \u00e0 telle ou telle \u00e9poque, et de la mani\u00e8re dont on peut &#8211; ou non !- s&rsquo;inscrire en faux contre une situation consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant une norme.<\/p>\n<p>Reste que le livre souffre parfois de lieux communs et de situations un peu (beaucoup !) clich\u00e9s&#8230; mais ce serait vraiment dommage de ne pas passer outre. Ce faisant, vous rateriez une excellente lecture.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.deedeeparis.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/04\/monavis-TRES-BON.bmp\"><img decoding=\"async\" class=\"shadowless\" title=\"monavis-TRES BON\" src=\"https:\/\/www.deedeeparis.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/04\/monavis-TRES-BON.bmp\" alt=\"\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Ce que dit la 4\u00e8me de couv&rsquo; :<\/strong><em> Jackson, Mississippi, 1962.<br \/>\nLorsqu\u2019elle rentre chez elle, Aibileen, seule dans sa bicoque du  quartier noir de Jackson, d\u00eene modestement, \u00e9crit ses pri\u00e8res dans un  carnet, pense \u00e0 son fils disparu et \u00e9coute du gospel, du blues ou le  sermon du Pasteur \u00e0 la radio. Nurse et bonne au service de familles  blanches depuis quarante ans, Aibileen n\u2019est pas du genre \u00e0 s\u2019apitoyer  sur son sort. Elle vit pour \u201cses enfants\u201d \u2013 les petits Blancs dont elle  s\u2019occupe jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge o\u00f9 ils changent \u2013, les aime tendrement et met un  point d\u2019honneur \u00e0 leur transmettre l\u2019estime de soi, luttant comme elle  le peut contre les id\u00e9es racistes que leurs parents leur enfonceront  bient\u00f4t dans le cr\u00e2ne. Aibileen est une \u00e2me g\u00e9n\u00e9reuse, dot\u00e9e d\u2019une  grande sagesse et d\u2019une bonhomie attendrissante. Elle a la vitalit\u00e9, la  douceur et la rondeur d\u2019Ella Fitzgerald.<\/em><\/p>\n<p><em><!--more-->Dans les pires moments, elle peut compter sur sa meilleure amie, Minny,  bonne et cuisini\u00e8re chez les Blancs depuis son plus jeune \u00e2ge elle  aussi, une forte t\u00eate qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Entre  un mari alcoolique \u00e0 la main lourde et cinq enfants \u00e0 \u00e9duquer, son  quotidien s\u2019apparente \u00e0 une lutte de survie. Ainsi dissimule-t-elle sa  sensibilit\u00e9 sous les traits d\u2019une ma\u00eetresse-femme \u00e0 la langue bien  pendue, ce qui lui a valu d\u2019\u00eatre maintes fois renvoy\u00e9e. D\u2019ailleurs, sa  nouvelle patronne, pin-up d\u00e9s\u0153uvr\u00e9e au comportement \u00e9trange, lui donne  d\u00e9j\u00e0 du fil \u00e0 retordre.<br \/>\nC\u2019est alors qu\u2019arrive Skeeter Phelan. Vingt-deux ans et fra\u00eechement  dipl\u00f4m\u00e9e, elle est de retour \u00e0 Jackson o\u00f9 elle retrouve ses anciennes  amies. Contrairement \u00e0 elles, Skeeter n\u2019a pas encore la bague au doigt,  attache peu d\u2019importance \u00e0 ses tenues et sa coiffure, poss\u00e8de un esprit  plus ouvert que la moyenne et souhaite plus que tout devenir \u00e9crivain.  Lorsqu\u2019on lui confie la rubrique m\u00e9nag\u00e8re du journal local, elle demande  \u00e0 Aibileen de lui donner des tuyaux. Elle apprend \u00e0 la conna\u00eetre et  comprend bient\u00f4t qu\u2019elle tient son sujet : il y a peu, une certaine Rosa  Parks a refus\u00e9 de c\u00e9der sa place \u00e0 un Blanc dans un bus ; un certain  Martin Luther King se rend de ville en ville pour d\u00e9fendre la cause des  droits civiques ; elle, Skeeter Phelan, va donner la parole aux bonnes  de Jackson, leur demander de raconter ce que c\u2019est qu\u2019\u00eatre une bonne  noire au service d\u2019une famille blanche du Mississippi, recueillir leurs  t\u00e9moignages et en faire un livre. Elle y tient d\u2019autant plus que  Constantine, la bonne qui l\u2019a \u00e9lev\u00e9e et qu\u2019elle aime profond\u00e9ment, a \u00e9t\u00e9  cong\u00e9di\u00e9e par ses parents pour des raisons obscures.<br \/>\nCe projet fou auquel se rallient Aibileen et Minny va les mettre en danger et changer \u00e0 jamais le cours de leur vie.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors alors alors. ALORS ! 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