{"id":631,"date":"2008-01-15T07:58:03","date_gmt":"2008-01-15T07:58:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.deedeeparis.com\/wordpress\/2203-journal-d-helene-berr"},"modified":"2008-01-15T07:58:03","modified_gmt":"2008-01-15T07:58:03","slug":"journal-d-helene-berr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.deedeeparis.com\/blog\/journal-d-helene-berr","title":{"rendered":"Journal d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne Berr"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/images\/Culture confiture\/Journal, H\u00e9l\u00e8ne Berr.jpg\" alt=\"\" style=\"float:left; margin: 0 1em 1em 0;\" \/> Il y avait le <em>Journal<\/em> d&rsquo;Anne Frank. il faudra d\u00e9sormais compter une nouvelle r\u00e9f\u00e9rence incontournable de ce que fut la vie d&rsquo;une jeune fille juive pendant la seconde guerre mondiale.<\/p>\n<p>H\u00e9l\u00e8ne est n\u00e9e en 1921. Elle commence ?  coucher son quotidien et ses pens\u00e9es le 7 avril 1942. Elle y d\u00e9crit sa vie de jeune parisienne issue d&rsquo;un milieu privil\u00e9gi\u00e9e, \u00e9tudiante ?  La Sorbonne, violoniste de talent. Ses premiers \u00e9mois, ses relations avec ses amis, les dimanches enchant\u00e9s qu&rsquo;elle passe dans la propri\u00e9t\u00e9 de sa famille ?  Aubergenville. Plus que tout, c&rsquo;est la fraicheur, la candeur et la gr\u00e2ce de cette jeune fille qui m&rsquo;ont marqu\u00e9es d\u00e8s les premi\u00e8res lignes de ce r\u00e9cit dont la guerre et l&rsquo;occupation semblent n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une anecdote, un d\u00e9tail dans cette vie haute en couleurs.<\/p>\n<p>H\u00e9l\u00e8ne Berr reprend l&rsquo;\u00e9criture de son journal en ao\u00fbt 1943, apr\u00e8s 10 mois d&rsquo;interruption. 10 mois qui, s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas d\u00e9finitivement atteint sa nature optimise, joyeuse et pleine d&rsquo;humour, ont sans nul doute irr\u00e9m\u00e9diablement ternis son quotidien. Les rafles incessantes, les humiliations inflig\u00e9es aux juifs, les mesures chaque jour un peu plus r\u00e9pressives et les horreurs dont H\u00e9l\u00e8ne est t\u00e9moin sont autant de fait que cette jeune fille, alors \u00e2g\u00e9e de 22 ans, tiens ?  consigner. Pour que les gens se souviennent, pour qu&rsquo;ils comprennent, qu&rsquo;ils r\u00e9alisent.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/images\/Admin\/monavis-BON.bmp\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Loin de donner dans le pathos, H\u00e9l\u00e8ne s&rsquo;interroge&nbsp;: qui sont ces hommes qui se croient sup\u00e9rieurs&nbsp;? Peuvent-ils ignorer le traitement inflig\u00e9s aux juifs dans les camps de concentration&nbsp;? Et au-del?  de \u00e7a, faut-il capituler et se cacher&nbsp;? Je vais vous dire, ce Journal m&rsquo;a impressionn\u00e9 par le courage dont son auteure a fait preuve. Un courage \u00e9tonnant, pour cette jeune fille qui continue ?  sillonner Paris pour aider les uns et les autres au nez et ?  la barbe des allemands, pr\u00e9sents absolument partout.<\/p>\n<p>Durant cette seconde moiti\u00e9 de livre, on a envie d&rsquo;hurler \u00ab\u00a0<em>mais bon sang d\u00e9guerpis de l?  H\u00e9l\u00e8ne&nbsp;! Vas te cacher&nbsp;! Fuis !<\/em>\u00a0\u00bb en vain. Ce qui devait arriver arriva&nbsp;: H\u00e9l\u00e8ne Berr, son p\u00e8re et sa m\u00e8re son arr\u00eat\u00e9s le 8 mars 1944. Ils seront d\u00e9port\u00e9s le 27 mars 1944, jour des 23 ans d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne. Son p\u00e8re mourra au camp d&rsquo;Auschwitz en septembre 1944. Sa m\u00e8re sera conduite ?  la chambre ?  gaz en mai 1944. Quant ?  H\u00e9l\u00e8ne, elle mourra 15 tous petits jours avant la lib\u00e9ration de Bergen-Belsen, d\u00e9but avril 1945.<\/p>\n<p><strong>Ce que dit la 4\u00e8me de couv&rsquo;<\/strong>&nbsp;: <em>Agr\u00e9gative d&rsquo;anglais, H\u00e9l\u00e8ne Berr a vingt-et-un ans lorsqu&rsquo;elle commence ?  \u00e9crire son journal. L&rsquo;ann\u00e9e 1942 et les lois anti-juives de Vichy vont faire lentement basculer sa vie. Elle mourra ?  Bergen Belsen quelques jours avant la lib\u00e9ration du camp. Cinquante ans durant, ce manuscrit n&rsquo;a exist\u00e9 que comme un douloureux tr\u00e9sor familial. Consult\u00e9 par les chercheurs au M\u00e9morial de la Shoah, l&rsquo;original du journal d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne Berr est devenu en quelques mois un texte mythique<\/em>.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai pas ador\u00e9 ce livre, car je lui trouve une na\u00efvet\u00e9 parfois assez d\u00e9concertante, surtout dans la premi\u00e8re partie du livre. Non pas que j&rsquo;eusse aim\u00e9 du pathos bien d\u00e9goulinant ?  souhait, absolument pas. Seulement, cette premi\u00e8re partie qui s&rsquo;\u00e9tend d&rsquo;avril 1942 ?  novembre 1942 m&rsquo;est apparue un peu creuse, du moins jusqu&rsquo;?  ce que je poursuive ma lecture. Car elle prend tout son sens avec le contraste qu&rsquo;elle exerce sur la seconde partie de ce <em>Journal<\/em>, tenu entre ao\u00fbt 1943 et mars 1944. En quelques mois, cette jeune fille insouciante est rong\u00e9e physiquement moralement par la guerre, sans pour autant qu&rsquo;elle perde une seule seconde sa nature optimiste et pleine d&rsquo;entrain.<\/p>\n<p>Si le livre est parfois un peu na\u00eff et un peu long, ce <em>Journal<\/em> est ?  lire avant tout comme une v\u00e9ritable page d&rsquo;histoire, un t\u00e9moignage hors du commun pr\u00e9cieux ?  plus d&rsquo;un titre. \u00ab\u00a0<em>\u00e7a n&rsquo;est pas parce que \u00e7a se finit mal que c&rsquo;est un incontournable<\/em>\u00a0\u00bb me disait tant\u00f4t une personne de mon entourage professionnel et je suis plut\u00f4t d&rsquo;accord. Pour autant et malgr\u00e9 ma r\u00e9serve pendant la lecture, je ne regrette pas une seule seconde de l&rsquo;avoir lu.<\/p>\n<p>D\u00e9sol\u00e9e pour la longueur peu commune de ce billet&#8230; due ?  un livre peu commun lui aussi, vous l&rsquo;aurez compris&nbsp;!<\/p>\n<p><strong><em>Journal d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne Berr pr\u00e9face de Patrick Modiano &#8211; <a href=\"http:\/\/www.tallandier.fr\/\">Tallandier<\/a>, 300 p., 20 \u20ac<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Prochaine lecture<\/strong>&nbsp;: eh ben tiens, avec tout \u00e7a, je ne sais pas encore&nbsp;!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/images\/Culture confiture\/Journal, H\u00e9l\u00e8ne Berr.jpg\" alt=\"\" style=\"float:left; margin: 0 1em 1em 0;\" \/> Il y avait le <em>Journal<\/em> d&rsquo;Anne Frank. il faudra d\u00e9sormais compter une nouvelle r\u00e9f\u00e9rence incontournable de ce que fut la vie d&rsquo;une jeune fille juive pendant la seconde guerre mondiale.<\/p>\n<p>H\u00e9l\u00e8ne est n\u00e9e en 1921. Elle commence ?  coucher son quotidien et ses pens\u00e9es le 7 avril 1942. Elle y d\u00e9crit sa vie de jeune parisienne issue d&rsquo;un milieu privil\u00e9gi\u00e9e, \u00e9tudiante ?  La Sorbonne, violoniste de talent. Ses premiers \u00e9mois, ses relations avec ses amis, les dimanches enchant\u00e9s qu&rsquo;elle passe dans la propri\u00e9t\u00e9 de sa famille ?  Aubergenville. Plus que tout, c&rsquo;est la fraicheur, la candeur et la gr\u00e2ce de cette jeune fille qui m&rsquo;ont marqu\u00e9es d\u00e8s les premi\u00e8res lignes de ce r\u00e9cit dont la guerre et l&rsquo;occupation semblent n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une anecdote, un d\u00e9tail dans cette vie haute en couleurs.<\/p>\n<p>H\u00e9l\u00e8ne Berr reprend l&rsquo;\u00e9criture de son journal en ao\u00fbt 1943, apr\u00e8s 10 mois d&rsquo;interruption. 10 mois qui, s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas d\u00e9finitivement atteint sa nature optimise, joyeuse et pleine d&rsquo;humour, ont sans nul doute irr\u00e9m\u00e9diablement ternis son quotidien. Les rafles incessantes, les humiliations inflig\u00e9es aux juifs, les mesures chaque jour un peu plus r\u00e9pressives et les horreurs dont H\u00e9l\u00e8ne est t\u00e9moin sont autant de fait que cette jeune fille, alors \u00e2g\u00e9e de 22 ans, tiens ?  consigner. 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