{"id":853,"date":"2008-07-01T07:07:00","date_gmt":"2008-07-01T07:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.deedeeparis.com\/wordpress\/2001-crepuscule-ville-de-lolita-pille"},"modified":"2008-07-01T07:07:00","modified_gmt":"2008-07-01T07:07:00","slug":"crepuscule-ville-de-lolita-pille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.deedeeparis.com\/blog\/crepuscule-ville-de-lolita-pille","title":{"rendered":"Cr\u00e9puscule Ville, de Lolita Pille"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/images\/Culture confiture\/crepuscule ville.jpg\" alt=\"\" style=\"float:left; margin: 0 1em 1em 0;\" \/><\/p>\n<p>La fable visionnaire est, je crois, mon genre litt\u00e9raire pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. J&rsquo;ai d\u00e9vor\u00e9, \u00e7a n&rsquo;est rien de le dire un bon paquet de livre se r\u00e9clamant du genre&nbsp;: <em>1984<\/em> de George Orwell, <em>Le Meilleur des Mondes d&rsquo;Aldous Huxley<\/em>, \u00e9videmment, <em>Globalia<\/em> de Jean-Christophe Rufin, <em>La Nuit des Temps<\/em>, de Barjavel, et j&rsquo;en passe. Et je ne parle pas des films&nbsp;! (<em>Matrix<\/em>, \u00e9videmment, <em>Brazil<\/em>, <em>Bienvenue \u00e0 Gattaca<\/em>, etc. etc.)<\/p>\n<p>Aussi, lorsque j&rsquo;ai vu que Lolita Pille se lan\u00e7ait dans ce genre alors m\u00eame que j&rsquo;avais plut\u00f4t appr\u00e9ci\u00e9 ses deux premiers opus, j&rsquo;ai bondi, tel le loup affam\u00e9&nbsp;!<\/p>\n<p>Et ?&#8230;. je regrette. Un peu.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/images\/Admin\/monavis-MOYEN.bmp\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>D&rsquo;abord, je suis d\u00e9\u00e7ue que les derniers auteurs (Jean-Christophe Rufin notamment) qui s&rsquo;adonnent \u00e0 la fable visionnaire livrent tous quasiment le m\u00eame point de vue, \u00e0 peu de choses pr\u00e8s&nbsp;: dans le futur, c&rsquo;est moche. Dans le futur, l&rsquo;\u00e9tat est souvent totalitaire, sous couvert d&rsquo;un Bonheur enfin accessible \u00e0 tout un chacun. Dans le futur, la plan\u00e8te n&rsquo;est pas au top (tiens, je me demande o\u00f9 ils vont chercher \u00e7a).<\/p>\n<p>Lolita Pille ne d\u00e9roge pas \u00e0 la r\u00e8gle, qui prend comme cadre de son roman une hyperd\u00e9mocratie intrusive \u00e0 souhait&nbsp;: tous les citoyens sont trac\u00e9s, et livrent chaque jour et \u00e0 heure fixe leurs \u00e9tats d&rsquo;\u00e2mes. Et ce, uniquement dans le but d&rsquo;anticiper leurs d\u00e9sirs et de r\u00e9pondre \u00e0 leurs attentes avant m\u00eame qu&rsquo;ils en aient pris conscience.<\/p>\n<p>Bon. Rien d&rsquo;extraordinaire mais soit.<\/p>\n<p>Ensuite, <a href=\"http:\/\/www.cachemireetsoie.fr\/\">Anne-So<\/a> m&rsquo;avait pr\u00e9venu, mais le livre est redoutablement confus. A croire que la miss l&rsquo;a r\u00e9dig\u00e9 sous acide ou autre substance qu&rsquo;elle d\u00e9crit comme \u00e9tant licite dans son hyperd\u00e9mocratie. Si les premi\u00e8res pages sont haletantes, on perd vite le fil de l&rsquo;histoire&nbsp;: le c&#339;ur de l&rsquo;intrigue du livre, le suicide des ob\u00e8ses, ne sera d&rsquo;ailleurs jamais r\u00e9solu.<\/p>\n<p>Restent quelques bonnes id\u00e9es (le culte de la beaut\u00e9, le S.P.S, Service de protection contre soi-m\u00eame, le mariage en CDD de 3 ans) qui ne suffisent h\u00e9las pas \u00e0 donner assez de souffle \u00e0 l&rsquo;intrigue qui p\u00e2tit d\u00e9cidemment trop d&rsquo;un manque terrible de fil rouge.<\/p>\n<p>D\u00e9\u00e7ue, d\u00e9\u00e7ue, d\u00e9\u00e7ue&#8230;<\/p>\n<p><strong>Ce que dit la 4\u00e8me de couv&rsquo; :<\/strong> <em>\u00ab&nbsp;La solitude de Colin Parler. Souvent Colin Parker composait de sa propre initiative la touche C pour confessionnal et pendant des heures, il r\u00e9p\u00e9tait qu&#8217;il \u00e9tait seul. Et son assistant lui r\u00e9pondant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cher abonn\u00e9, vous n&#8217;\u00eates pas seul puisque nous sommes l\u00e0 pour vous \u00e9couter&#8230;&nbsp;\u00bb Finalement, quand Colin Parker se donna la mort, le soir du grand black-out, il commen\u00e7ait tout juste \u00e0 aller mieux.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Bienvenue \u00e0 Clair-Monde&nbsp;! Ici, quelque part dans un futur proche, sous une \u00e9paisse couche de nuages et de brumes, vivent les citoyens d&#8217;une cit\u00e9 id\u00e9ale o\u00f9 l&#8217;on vous interdit pour votre bien tout ce qui pourrait vous faire du mal&nbsp;: des implants bancaires sous l&#8217;\u00e9piderme contr\u00f4lent vos d\u00e9penses, une brigade d&#8217;intervention contre le suicide surveille vos acc\u00e8s d\u00e9pressifs, les \u00eatres qui vous plaisent sexuellement apparaissent sur un \u00e9cran-traceur \u00e0 port\u00e9e de main, les drogues sont en vente libre, on a le droit au lifting et \u00e0 la quasi-\u00e9ternit\u00e9. <\/em><\/p>\n<p><em>Si vous ne voulez pas \u00eatre heureux, alors vous avez le choix&nbsp;: vivre aux confins de la cit\u00e9, morts bancaires, junkies, ob\u00e8ses, d\u00e9traqu\u00e9s. \u00ab&nbsp;Avec Clair-Monde le bonheur n&#8217;est plus une utopie&nbsp;\u00bb. Sauf qu&#8217;il y Syd Paradine&#8230; Un flic brillant, cabochard, en instance de divorce, et qui refuse de se plier aux l\u00e9gislations du bonheur oblig\u00e9, aux oukases du S.P.S (service de protection contre soi-m\u00eame)<\/em>.<\/p>\n<p><em>C&#8217;est en enqu\u00eatant sur un suicide collectif d&#8217;ob\u00e8ses (double aberration !) qu&#8217;il comprend les mensonges et les trahisons de Clair-Monde. De la guerre narcotique aux couloirs des laboratoires, de la tyrannie cosm\u00e9tique \u00e0 la p\u00e9dophilie \u00e9rig\u00e9e au rang des beaux-arts, de l&#8217;utopie d\u00e9mocratique aux opiac\u00e9s, Syd flanqu\u00e9 d&#8217;une \u00e9trangement belle cr\u00e9ature du nom de Blue vont mettre un sacr\u00e9 d\u00e9sordre. R\u00e9soudre le myst\u00e8re. Sauver leur peau sur fond d&#8217;apocalypse. Entre la satire d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 utopique reposant sur l&#8217;axe d&#8217;un bonheur oblig\u00e9 et le polar chandlerien, entre l&#8217;emprunt au cin\u00e9ma et \u00e0 la litt\u00e9rature de genre, Lolita Pille change ici du tout au tout. Cr\u00e9puscule Ville est un roman ambitieux, ample, qui se joue des conventions, et nous montre le destin d&#8217;\u00eatres du futur qui nous ressemblent terriblement.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/images\/Culture confiture\/crepuscule ville.jpg\" alt=\"\" style=\"float:left; margin: 0 1em 1em 0;\" \/><\/p>\n<p>La fable visionnaire est, je crois, mon genre litt\u00e9raire pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. 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