8 manières de mettre de la sororité dans son quotidien

Ouiiii, c’est la « journée d’la femme ! ». A cette occasion, j’aurais pu vous concocter un petit best of des nombreuses promos que j’ai reçues pour « célébrer la femme », « Dujamaisvumesdames ! Claquez votre blé pour votre fête ! ». Oui, ça arrive encore en 2019, ce qui ne manque jamais de me surprendre. Et puis, j’ai échangé avec l’une d’entre vous sur Instagram sur la sororité : comment ce mot était mal compris, souvent, à force d’être utilisé à tout bout de champs et surtout à tort et à travers. Comment, finalement, on peinait à s’affranchir du cliché qui veut que les femmes entre elles sont supposées être de vraies bitch.

Je vous avoue que je suis bien en peine d’avoir assez de recul pour en juger convenablement : 7 ans de pension de filles, des études de traduction (2 mecs pour une promo de 98 nanas, qui dit mieux ?!), puis de communication (les ratios étaient peu ou prou les mêmes), un petit crochet par la gestion de l’info dans l’entreprise et le journalisme (là, j’ai pété mes stats, on devait bien être à 70% de filles pour 30% de mecs, FOLIE). Premières expériences pro dans des milieux plutôt féminins, jusqu’à rester plus de 7 ans chez Cosmopolitan. Je tiens un blog « de fille », mes homologues sont principalement des femmes. Difficile de faire un plus joli score en matière d’incursion en terra femina !

Je me suis malgré tout demandé ce que représentait pour moi la sororité aujourd’hui et ce que je pouvais bien faire concrètement pour en mettre un peu plus dans ma vie.

Arrêter de se comparer aux autres

L’herbe est indéniablement toujours plus verte ailleurs. On se dit que cette fille est plus jolie que nous, qu’elle a une vie qui envoie beaucoup de plus de paillettes que la nôtre, que ses fringues sont plus belles, qu’elle a un meilleur job, bref, une meilleure vie. On se rabougrit et on est envieuse à tendance jalouse. C’est bête hein, et le constater ne résout pas forcément l’affaire, du moins pas immédiatement, mais la comparaison est la pire chose qui puisse nous arriver. « Soyez vous-même, les autres sont déjà pris » il paraît. A méditer.

Arrêter de croire qu’InstaGram reflète la vraie vie

Je pense sincèrement qu’Instagram peut faire beaucoup de mal à notre sororité. Parce que là encore, scroller et tapoter du coeur par-ci, par-là sur des photos mises en scène, parfois même retouchées, n’aide pas s’accepter, et à arrêter de se comparer aux autres. Je ne dis pas qu’Instagram, c’est le mal. J’aime ce réseau social pour la fenêtre extraordinaire qu’il offre sur tel ou tel univers et j’aime plus que tout découvrir quelqu’un par le truchement des photos qu’elle ou il choisit de mettre en ligne. Et puis, de vous à moi, je préfère largement voir des photos inspirantes que des photos de toutes ces petites ou plus grosses choses avec lesquelles on compose comme on peut, rapport qu’on fait tous du mieux qu’on peut pour en découdre avec la vie.

Pourtant, arrêtez-moi si je me trompe mais on n’est pas idiotes, tout le monde a déjà fait ce constat, non ? Dès lors, POURQUOI s’acharner à penser que qu’Instagram reflète la réalité et en concevoir une amertume plus ou moins importante ? Vous me copierez 100 fois « Instagram n’est pas le reflet de la réalité », et que ça saute !

Etre fière de la réussite des autres femmes

Souvent, j’ai remarqué qu’on a du mal à offrir un coup de projecteur à des homologues. Par exemple, dans la bloguerie, certaines se gardent bien de parler des jolis projets créés par d’autres. Pourtant, valoriser l’autre ne nous enlève rien, bien au contraire !

Proposer son aide quand on le peut

Trouver du temps pour les autres… vaste sujet ! J’essaye de le faire autant que faire se peut même si le temps me fait souvent défaut.

Arrêter de considérer les autres femmes comme des rivales

Je discutais un jour avec une amie qui m’expliquait que la stagiaire avec laquelle elle travaillait devait s’accrocher car elle ne lui faisait pas de cadeau. Je pensais immédiatement que ladite stagiaire était une tire-au-flanc (les jeunes générations, c’est n’importe quoi ! De notre temps on en voulait, on était parf-aites) (ah non ?!) et commençait à rebondir en ce sens. Las ! Mon amie de m’expliquer qu’elle en avait elle-même bavé pour arriver là où elle en était, et qu’il n’y avait aucune raison pour que celles qui allaient croiser sa route et dont elle allait avoir un ascendant quelconque ne subissent pas le même parcours. Comme si c’était un rite initiatique, une sorte de remboursement d’une dette dont la stagiaire se retrouvait solidaire par défaut. C’est un exemple mais il en existe tant d’autres… J’ai souffert très longtemps d’une supérieure hiérarchique lunatique et perverse à maints égards. Avec du recul (et l’aide d’une psy !), j’ai admis qu’elle pouvait me jalouser et que m’isoler, me rudoyer, se moquer de moi ou bien encore saper mon management lui donnait l’illusion d’être plus forte. Je la plains sincèrement même si je n’ai pas encore totalement évacué la colère et ce sentiment d’injustice profonde dans lequel sa conduite m’a plongée. J’espère qu’elle ne fait pas souffrir d’autres personnes aujourd’hui et surtout, qu’elle est un peu plus apaisée.

 

Eviter de bitcher

Lili a écrit un article merveilleux cette semaine sur la manière de concilier de grands changements personnels avec son entourage. Un paragraphe en particulier a attiré mon attention, le tout premier point qu’elle évoque pour se libérer du regard de l’autre : en synthèse, bitcher, c’est avoir besoin de se rassurer sur ses propres choix. Là encore, en avoir conscience permet déjà d’appréhender le problème pour tenter de le résoudre même si on a été biberonnées à la critique ! Je me souviens de la première fois où j’ai mis les pieds en Angleterre : j’avais 14 ans, j’étais allée chez ma correspondante à Leeds. En me baladant à ses côtés, je vois une fille un peu plus âgée dans une jupe ras la vertu assortie d’un tout petit haut largement au-dessus du nombril. Un petit ventre replet occupait l’espace laissé vacant entre les deux pièces de tissu. En bonne française que je suis, je me souviens m’être limite offusquée et certainement gaussée de cet accoutrement. Des années plus tard, j’ai repensé à cette fille et à l’immense leçon qu’elle m’avait offerte sans le savoir : cette fille était LIBRE, elle se foutait d’avoir du ventre, elle kiffait se balader dans cet accoutrement et elle avait mille fois raison ! Qui suis-je, ou qui étais-je alors pour la juger ? Est-ce que je n’avais pas mieux à faire que de me foutre d’elle ? Parfois, c’est bien, de vieillir. Ça permet de tirer des conclusions un peu moins courtes et hâtives.

S’entourer de femmes qui nous font du bien

Parce que bon, j’adorerais vous dire qu’on est toutes soeurs et qu’on peut toutes s’aimer mais on n’est pas chez les Bisounours, on ne peut pas aimer ni être aimé de tout le monde, évidemment ! On a souvent envie de plaire pour tout un tas de ressorts dont je suis loin de maîtriser tous les tenants et les aboutissants. Je sais juste que j’ai parfois été tentée d’être amie avec telle ou telle personne malgré tous les warnings qui clignotaient violemment pour m’en éloigner. Et que finalement, ces amitiés étaient toxiques et qu’il valait mieux passer à autre chose. Vieillir, again… !

Apprendre à s’aimer un peu plus…

Finalement, je crois bien que la clé réside bien là. S’aimer, être paisible par rapport à qui nous sommes, pour être libérées de nos entraves et être paisible face à l’autre. Il s’agit là, j’en ai bien peur, du combat d’une vie… du moins me concernant ! Mais je travaille assidument à faire à la paix avec moi-même.

Voilà ce que je voulais dire pour ce 8 mars. Vous avez un point à ajouter sur la manière de mettre un peu plus de sororité dans notre quotidien ? Je suis toute ouïe !

Merci Nadège de m’avoir inspiré cet article. Et comme chaque année, je fait le voeu qu’un 8 mars ne soit un jour plus nécessaire pour faire avancer la cause des femmes à travers le monde.

PS : sur la photo, le tee shirt L’Occitane x Meuf pour la sortie du nouveau Baume Solidaire, dont 100 % des bénéfices sont reversés au programme de promotion du leadership féminin au Burkina Faso.

Commentaires

1

Merci pour cet article motivant ! Il faut que je travaille sur ma tendance à me comparer aux autres… Par contre je ne suis pas (plus) trop du genre à bitcher, je crois, parce que j’ai plutôt tendance à être la personne chiante qui dit toujours « mais elle fait ce qu’elle veut en fait » quand les autres veulent bitcher en paix :’)

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Merci! Je suis totalement d’accord avec tout ce que tu racontes, je ne comprends pas trop d’où vient ce manque de solidarité entre femmes, je n’ai pas l’impression d’être comme ça ou que mes amies le soient mais ce sont des comportements que l’ont voit tellement un peu partout que peut-être que l’on y participe malgré nous… Entre les jugements sur le physique, les habits, le comportement, la réussite qui paraît souvent suspecte… Pas étonnant que beaucoup d’entre nous aient du mal à avoir confiance en elles !
Concernant instagram j’avoue ne pas trop comprendre ceux qui lui reprochent de ne pas refléter la vraie vie: c’est un peu comme un album photo: personne n’a envie d’y mettre la photo floue, d’immortaliser la rue la plus moche de la ville que l’on visite ou le tas de détritus sur la plage 😉 et pour les comptes montrant un peu trop de corps trop parfaits j’ai trouvé une solution: ne pas les consulter (genious ) il y a suffisamment de jolis comptes qui permettent de s’évader ou d’apprendre pour ne pas avoir besoin de s’encombrer avec ceux qui ne nous font pas du bien! Par contre j’ai effectivement l’impression en voyant certains commentaires sur certains comptes qu’il y a encore du chemin à faire question sororité….
Dans tous les cas tu as parfaitement raison: s’aimer est la clé et j’ajouterai : être indulgente avec soi-même et avec les autres permet de gagner en paisibilité !

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Je reviens sur « le bitchage », pas sûre que ce soit seulement une question de maturité, mais plutôt d’intelligence. Le nombre de femmes que j’ai entendu critiquer Brigitte Macron, c’est affolant! Oui, on est toute libre de faire ce que l’on décide avec notre corps! Ton article est très juste, et plein d’intelligence justement 🙂
et sinon « journée internationale pour le droit des femmes » même si ton lien amène vers le site de l’ONU, je trouve ça dommage de faire des raccourcis (même de façon humoristique).

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Merci pour toutes ces pistes qui mettent l’accent sur le fait de s’accepter telle qu’on est et de s’ouvrir aux autres avec bienveillance,
Je suis touchée par ton clin d’oeil en fin d’article.
Ayant travaillé dans un environnement féminin pendant de nombreuses années, j’ai souvent dit que les femmes entre elles étaient des pestes.
Malheureusement on est toujours dans cette culture dans laquelle on se construit par comparaison aux autres femmes, ne serait-ce que sur le plan de la silhouette.
Avec les années, l’introspection et la découverte de personnes inspirantes, je réalise que nous nous sabordons avec cette culture acquise par défaut.
Nous sommes toutes différentes et nos choix ne regardent que nous.
On peut ne pas être d’accord avec une personne mais les réseaux sociaux sont un outil et non une invitation à exposer avec violence et sans réflexion préalable notre point de vue.
Juger les autres c’est se juger soi, alors foutons-nous la paix.

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Et ben moi, je suis hyper fière de ma copine Sophie Rosemont qui sort bientôt un livre « Girls Rock » sur les femmes dans le rock, comme son nom l’indique et qui est passionnant. Un boulot de malade, bravo Sophie !
Si jamais, tu tombes dessus, Delphine, je serais curieuse d’avoir ton avis !

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Quel article ! Je travaille aussi le fait de me comparer toujours aux autres au final c’est ridicule. C’est Oscar Wilde qui disait « Soyez vous-même, les autres sont déjà pris » ! Aucun réseau social ne reflète a vraie vie, bien entendu on montre que le positif !

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Je ne sais pas quoi dire de plus que: c’est un article que j’aurais aimé écrire! (Mais que je suis très heureuse de lire…)

Bravo, bravo, et encore bravo!

Ludivine

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