#metoo #balancetonporc

Depuis quelques jours, je vois ces statuts déferler sur Facebook, sur Twitter, sur Instagram. Je vois les #metoo, les #balancetonporc, les #weinsteinscandal. Je vois les coupures de presse, les articles et les Unes, même, de certains journaux. Alors, j’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice, moi aussi : le sujet est bien trop important pour que je le passe sous silence !

Pourtant, j’ai eu beau chercher, je ne voyais pas comment. Parce que ces sifflements et ces remarques déplacées, dans la rue, c’est tellement commun, c’est juste de la drague maladroite, pas de quoi en faire un #metoo, on est d’accord ! Ce mec qui s’était masturbé en me regardant droit dans les yeux, dans le métro, ça n’est pas si grave au fond, hein ? Les exhibis qui venaient se branler sous nos yeux incrédules de toutes jeunes collégiennes, ces mecs qui se frottent l’air de rien dans le métro, à un concert, en boîte, ça va, c’est vrai que ça fiche un peu les foies mais on ne va pas en faire un drame, non plus ! Tous ces connards avec leurs regards libidineux et leurs « invitations » à boire un café quand j’étais hôtesse d’accueil pour payer mes études, ce mec, samedi soir chez des amis, qui m’a mis la main aux fesses une première fois puis une seconde, au cas où j’aurais eu un doute, mais ça n’est pas de sa faute, son couple est en crise, il était bourré et puis c’était sûrement pour rigoler, hein ? Ce blogueur qui se croyait influent et qui m’a soumise à une drague passive / agressive pendant des années sous les yeux de son épouse et de ses enfants, j’ai du me faire des films… (que les flics ont cru, quand même). Et cet autre mec que j’avais croisé ce jour là dans la rue, en plein jour dans le très chic 6ème et qui m’avait mis la main au panier en rigolant, sans s’arrêter, ça arrive à tout le monde, pas vrai ? Pas de quoi en faire toute une histoire ! Ça n’est pas comme cette gamine qui s’est fait violée. Comme mon amie M. qui s’est fait tripoter par son frère, ado. Comme….

Voilà. Tout à coup, j’ai eu comme une descente d’organes : toutes. Nous avons toutes été victimes d’un harcèlement et dans le pire des cas, d’une agression sexuelle. Pas une seule de mes amies n’a été épargnée, à des degrés plus ou moins dramatiques. Pas une seule de mes contacts sur Facebook, qu’elle l’avoue publiquement ou qu’elle préfère le taire, la honte étant encore trop souvent bien trop grande pour se libérer d’un tel fardeau. Ça m’a collé une douleur et une colère sourdes de réaliser que le sujet est devenu si commun qu’on, que JE puisse croire qu’une main sur le sexe en pleine journée, ça n’est pas une agression qui mérite que je la relate. Que les victimes se taisent pendant que les harceleurs font les malins sur Twitter.

Alors voilà. Je souhaite ardemment que cette lame de fond (car oui, c’en est une, soyons-en certains !) décille les yeux les plus collés et les mentalités les plus réfractaires. J’espère que celles qui ont subi une agression, si minime soit-elle (une agression peut-elle par définition être minime ?), trouveront le courage ou comprendront, comme moi, que c’est utile de le dire haut et fort, portées par ce mouvement que je veux croire libérateur. Pour que ces agressions quotidiennes ne soient plus jamais banalisées et qu’elles finissent par ne plus être du tout.

Commentaires

Enfant j’ai été tripotée par un grand-oncle, il a failli me violer (chance pour moi, il a été dérangé et j’ai pu me sauver pour en parler à ma grand-mère qui m’a crue et défendue).
Une fin de journée dans le métro un frotteur n’a pas arrêté son manège alors que je passais mon temps à m’écarter (aucune intervention de quelque passager que ce soit alors même qu’il avait été remarqué).
Un autre soir toujours dans le métro, un vieux monsieur allait de siège en siège en choisissant des voisines de voyage, il faisait semblant d’avoir du mal à s’asseoir et mettait la main aux fesses de toutes ses « proies ».
Une fois des collégiens croisés sur un trottoir ont soulevé ma jupe courte pour voir si j’avais une culotte ou un string.
Ma fille étudiante dans le domaine de l’Art avait postulé pour être modèle dans un atelier privé de peinture, elle a fui dès son premier rendez-vous. Le type a voulu la tripoter et lui a dit qu’avec son physique elle pouvait gagner beaucoup d’argent…autrement !
Elle ne se met jamais en robe ou jupe pour prendre les transports, elle a son casque sur la tête et marche systématiquement tête basse pour ne pas attirer l’attention.
J’en passe et des tout aussi « bonnes » !
Alors oui j’espère que cette déferlante portera ses fruits.

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Quand j’avais une vingtaine d’année, un jour dans un métro bondé à Lyon où j’habitais à l’époque, je sentais un truc entre mes jambes. Je pensais que c’était le sac de ma voisine qui me touchait, jusqu’à ce que je croise le regard du mec d’en face, un immonde type qui avait un doigt posé sur la couture de mon jean. J’avais tellement honte que je suis descendue au premier arrêt qui n’était pas le mien. Je n’en ai jamais parlé à personne, j’ai toujours pensé que ce n’était pas si grave. Mais si putain, ça l’était.
Je ne compte pas les remarques salaces et autres, dans le domaine professionnel comme dans la rue…
Alors oui Delphine, je te confirme que nous avons toutes été confrontées à ça, et pour moi à l’époque ce n’était pas si grave, c’est ça qui est complètement dingue.
Merci pour ce billet.
Je me doute malheureusement que les témoignages seront nombreux, le mien date d’il y a 20 ans et rien n’a changé…

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J’en parlais pas plus tard que dimanche sur mon compte Snapchat auprès de ma communauté, je réagissais à l’annonce faite par M. Macron de la possible verbalisation du harcèlement de rue dont nous faisons l’objet nous les femmes. Des anecdotes j’en aurais des tas à raconter… malheureusement ! Il ne faut pas (plus) se taire, il n’y a pas de « petite » agression et non ce n’est pas parce que ce jour là ta jupe était trop courte que tu l’as cherché (le « tu » s’adresse à chaque femme, fille qui lira ce commentaire) j’espère que cette loi passera. Merci pour cet article toujours un plaisir de te lire 🙂

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Incroyable! Ton article a créé un déclic dans mon esprit! Je ne sais pourquoi, depuis plusieurs jours, je lis ce témoignages, outrée, scandalisée et tellement heureuse que cela ne me soit jamais arrivé. Je crois que je m’étais cantonnée au milieu professionnel dans un élan de déni… Et ce soir c’est le déclic! J’avais enfoui au plus profond de ma mémoire 2 événements (au moins). Cet après-midi à Marseille où, étudiante, une remarque tellement dégueu m’avait glacée, moi qui arrivais de ma ville moyenne bien calme. Mais surtout cet après-midi où, un peu plus âgée, alors que j’allais à la piscine à pied, en jupe, un homme est arrivé par derrière et m’a mis la main aux fesses. Ce moment où j’ai eu la lucidité de hurler et de l’insulter, ces longues minutes où j’ai pensé qu’il valait mieux ne rien raconter à mon conjoint car c’était un peu de ma faute, j’étais en jupe. Et cette plainte que finalement je n’ai pas déposée… Alors que je rédige, j’ai d’autres flashs, de quand j’étais plus jeune encore!!!
Mais comme tu as raison, ce n’est pas rien et nous n’avons pas à enfouir ces agressions sous un matelas de honte ou de culpabilité!
Un grand merci pour cet article!

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Voilà on a toutes, toutes, une anecdote, au moins en stock.
Je suis maman (une fille, un garçon et bientôt un troiz) et ça me fait réfléchir sur ce que je veux leur transmettre, à elle, à lui.
Ca me fait réfléchir sur ma potentielle capacité d’écoute sans minimiser.
Ils ont 4 ans 1/2 et 6 ans et déjà bien conscience de ce qu’est l’intimité. C’est un début…

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Tous ces tristes sires sont immondes , abjects ; en fait , il n’y a pas de mots assez forts pour les décrire, mais c’est faire offense à ces braves animaux que sont les porc que de les comparer à ces dégénèrés d’humains .

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Ce qui me dégoute le plus dans cette histoire, ce n’est pas le fait qu’effectivement ça nous est arrivé à TOUTES (ça malheureusement, je le savais déjà) mais plutôt les réactions que j’entends et que je lis. Entre celui qui ‘veut bien vous croire mais enfin bon il y a quand même un peu d’exagération », celui qui « comprends pas que ce soit déplacé mais… », ou tous ceux qui blâment l’ampleur du décolleté, la longueur de la jupe l’attitude « d’allumeuse » ou « le regard de salope », j’ai envie de GERBER. Parce minimiser, remettre en doute la véracité d’une parole ou slut shamer une victime c’est répéter ce shema dégueulasse et continuer sur cette voie qui empêche les victimes de parler. C’est insidieux et c’est destructeur. Et juste une agression de plus, en fait.

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J’ai tellement d’histoires à raconter que je n’ai gardé en tête que les plus dingues : un déjeuner post-conseil d’administration durant tout lequel mon voisin de 94 ans (!) a posé sa main sur ma cuisse… l’ami d’ami qui m’a poursuivie pendant toute une soirée dans le très chic 7ème arrondissement en me lançant des propos salaces et en essayant de me toucher les seins (il était bourré, le pauvre), les remarques absurdes dans la rue qui se retournent contre toi dès que tu dis que tu n’es pas intéressée, le mec qui se masturbe dans le rer (en plus, j’ai pris du temps pour me rendre compte de ce qui se passait… je m’étais sentie tellement sale alors…), les mecs qui se collent d’un peu trop près dans le métro, et j’en passe, des centaines et des centaines (en plus, j’ai habité en Inde et là-bas, c’est le pompon absolu). Et, tout de même, osons le dire, les mecs autour à chaque fois qui réagissent assez peu!
Il me semble qu’il y a un enjeu de pouvoir là-dedans : si on t’agresse dès ton plus jeune âge, c’est aussi pour te faire peur et te faire comprendre ce que tu as le droit de faire ou non, quel est ton territoire (la cuisine?) et celui des hommes (le reste du monde?).

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suis d’accord sur le fait que les hommes alentours réagissent peu (pas ?)
xoxo

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Merci d’avoir parlé de ce sujet si important sur ton blog qui participe à toutes nous libérer. J’ai moi aussi pas mal d’anecdotes, entre le dentiste qui me demande si je suis clitoridienne ou vaginale, l’ophtalmo qui me met la main aux fesses ou le collègue de bureau qui me demande si comme Madonna je jette ma culotte. Et tout ça sans jamais oser rien dire, se taire toujours et encore encaisser. Il faut que la peur change de camp et on est en train de vivre un bouleversement qui me ravit, même s’il est aussi teinté de souffrance. Il faut que les femmes soient plus en colère et osent dire, osent parler, osent condamner et que ceux qui sont au courant fassent de même et alerter quand il le faut plutôt que de couvrir.

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Maintenant il faudrait une vraie prise de conscience de la société…. Parce que j’ai un fille et je ne voudrais pas qu’elle soit elle aussi victime…

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Je ne compte plus les « t’es bonne » dans le métro ou ailleurs comme si j’étais une tarte aux pommes succulente.
Avant de déménager dans le sud, n’en pouvant plus de ce harcèlement quasi quotidien j’ai du me battre un jour ….oui oui me battre… contre un « frotteur » dans le métro qui avait été trop loin. Heureusement un homme m’a aidé ce jour là, mais combien subisse en passant leur chemin. Ça a été le déclic et ce jour là j’ai décidé que NON plus rien ne passerais même un petit sifflement (je ne suis pas un chien qu’on appelle tout de même!). Depuis je relève la moindre réflexion ou attitude dégradante à mon égard quitte à passer pour une mégère je m’en fous je lui fait remarquer bien haut et bien fort !
Merci à toi pour ton article.

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Merci pour cet article libérateur! Comme beaucoup, je ne me sentais que peu concerné, quelques remarques dans la rue étant plus jeune, le masturbateur dans le métro (malheureusement trop souvent cité) puis ça m’est revenu… Assise à côté d’un homme plutôt âgé dans le métro, je me suis aperçu en me lavant qu’il avait glissé sa main sur la cuisse sans que je m’en aperçoive (armé d’un gant en coton…), puis ce moniteur d’auto-école qui pause systématiquement la main sur ma cuisse dés que je doit freiner (bizarrement, je devais souvent ralentir avec lui). A chaque fois, transi de peur et de honte je n’en ai jamais parlé, c’est le première fois et je dois avouer que je ne me sens pas particulièrement mieux… j’espère juste que cette vague de dénonciation feront évoluer les choses et les mentalités!

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C’est fou, j’ai conscience que je fais partie de toutes ses femmes. Mais avec ton article, je me suis rappelée de d’autres marques  » de flatterie » que j’avais totalement oublié. Quand j’en parle, les gens rigolent. Alors qu’il n’y a reine marrant et qu’en plus moi, j’étais pétrifiée quand ça m’est arrivé. (Tu bosses, tu fais ton boulot et tu penses à rien quand un vieux de 60-65 ans (qui pourrait être mon père donc) est passé au dessus de mon comptoir pour m’embrasser. J’en ai encore un relent de vomi dans ma bouche..) Oui c’était pour rigoler, j’en ai tellement ri que je n’ai pas osé en parler à mon compagnon de l’époque de peur qu’il prenne ça comme de la tromperie. Mais lol.. Ce monde ne tourne pas rond.. C’est affligeant.
Sinon bravo pour ton article 🙂 et merci d’avoir éveillé des choses en moi que j’avais oublié 🙂

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#me too, , merci d’ouvrir cet espace de paroles, en espérant qu’elles fassent évoluer les choses, nous avons toutes été victime il me semble.
je fais faire de mon mieux pour que mon fils ne fasse pas parti de ces porcs et qu’ils défendent les femmes qui en sont victimes sous ses yeux.

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Mon ex copain a débarqué chez moi, alors que j’avais trop bu et que j’étais inconsciente. ( Mauvaise passe. )
Il a profité.
Ce n’était pas un viol. Bah non  » T’as pas dit non « .

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Merci pour ton article Delphine.

J’avoue que je pensais avoir été épargnée avant de te lire et tous ces #metoo sur la toile me rappelaient que j’ai de la chance d’avoir toujours été entourée et d’avoir croisée des hommes bien et respectueux.

Puis tout d’un coup je me suis souvenue du harcèlement dont j’ai été victime dans la rue, il y a quelques années, quand je faisais mes 30 minutes de footing quotidienne, de ces sourires libidineux, ces sifflements ou même ces voitures qui te suivent dans la rue et guettent une occasion…

Je me suis aussi souvenue que j’ai arrêté de courir à cause de cela car je ne me sentais pas en sécurité.
Je vis à Londres et bizarrement je me sens beaucoup plus en sécurité qu’en France et plus courageuse ; le fait de me priver de faire du sport me bouffait donc j’ai commencé à en parler autour de moi et ma manager m’a conseillé de contacter « the antisocial behaviour unit » de ma commune, ce que j’ai fait et au bout de deux mois (un delai affreusement long), j’ai reçu un email d’un officier de police qui voulait me rencontrer afin d’adapter leur patrouille, campagne, etc. car malheureusement nous ne reportons pas assez ces crimes …

Mais le temps avait passé, je commençais à oublier car je n’étais plus confrontée à ce malaise quotidien, puis les vacances de noël sont arrivées et je ne l’ai jamais rappelé… je le regrette profondément maintenant et j’ai un peu honte car ils ont gagné : j’ai arrêté de courir et le problème n’est toujours pas réglé.

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Je l’ai déjà dit sur twitter, mais je le redis : ce qui me glace le plus le sang, c’est de voir que pour la plupart d’entre nous, tout ça commence dès l’enfance, dès 10, 11, 12 ans… parfois plus jeune. Vous vous rendez compte un peu de toute cette innocence qu’on nous prive violemment, de ces années d’enfance qui sont gâchées par des adultes dégueulasses ?

Il est bon aussi de rappeler que certes, le harcèlement de rue est un fléau qu’il faut combattre, mais que la plupart des agressions sexuelles ont lieu surtout dans l’entourage proche de la victime : la famille, les amis, le travail… ce qui rend la dénonciation encore plus compliquée.

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Je te copie colle le statut de l’un de mes « amis » Facebook. Le genre de texte qui donne envie de cliquer direct sur « retirer de la liste d’ami » :

« Les hommes sont des porcs et les femmes des princesses.
Cette règle se confirme par les exceptions : j’ai en tête les noms de connasses notoires, lâches, menteuses, immatures, déloyales…
Réjouissez-vous, vous pouvez revendiquer l’égalité des sexes qui a motivé des femmes courageuse il y a 40ans, et des exhibitionnistes sans éducation ces dernières années : en matière de pleutrerie, mesdames, vous ne valez pas mieux que les hommes.
Vous pouvez retourner à votre guérilla de hashtags.

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(désolée pour le commentaire en double ! Tu peux effacer celui d’au-dessus qui est parti avant que je le termine (et qui avait des fautes 😉

Et bien voilà, je ne me sentais pas vraiment concernée mais effectivement en te lisant je réalise que je le suis aussi … et les souvenirs me reviennent. Comme toutes, je me disais que ce n’était pas si grave … Merci de remettre les pendules à l’heure.

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Je te copie colle le statut de l’un de mes « amis » Facebook. Le genre de texte qui donne envie de cliquer direct sur « retirer de la liste d’amis » :

« Les hommes sont des porcs et les femmes des princesses.
Cette règle se confirme par les exceptions : j’ai en tête les noms de connasses notoires, lâches, menteuses, immatures, déloyales…
Réjouissez-vous, vous pouvez revendiquer l’égalité des sexes qui a motivé des femmes courageuse il y a 40ans, et des exhibitionnistes sans éducation ces dernières années : en matière de pleutrerie, mesdames, vous ne valez pas mieux que les hommes.
Vous pouvez retourner à votre guérilla de hashtags. »

#ausecours

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Il y a quelque chose qui se passe c’est sur. On ne va plus rien laisser passer ! Hélas ce # et ce déferlement comme tu l’appelles a fait remonter quelques affreux souvenirs et je suis sure que ces mecs là qui m’ont forcé la main ne se sentent pas coupables pour un sou. Enfin, ça les fera pê reflechir maintenant.

Belle journée !

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Bien trop commun malheureusement enfant, j’ai subi des attouchements du petit copain de 60 ans de ma grand-mère quad je l’ai dit à ma mère…elle m’a dit que je devais me tromper et encore maintenant lorsque je lui en reparle…elle évite le sujet ou fais comme si elle n’avait rien entendu.

Entre 15 et 17 ans, le petit copain de ma mère nous matait et nous faisait des remarques dégueulasses au sujet de nos sous-vêtements si en nous relevant en pyjama on avait la malchance de les rendre visible avec des  » Mmmh Sexy et un gros sourire de pervers » ( ma sœur et moi) et ces câlins de  » bonjour » étaient toujours très long et dirigé vers nos fesses ou poitrines. Une nouvelle fois, je l’ai dit à ma mère avec ma sœur cette fois…en me disant cette fois, elle ne pourra pas me dire que je me trompe…ET LA, elles nous a dit qu’on était jalouse de ne plus avoir toute son attention.

Il m’est arrivé d’être toucher aux fesses dans un bus et puis poursuivie par ce même inconnu le soir de mon bal de promo…j’ai jamais couru aussi vite de ma vie…car je me disais si tu t’arrête, il te violera. Arrivée à la grille de l’école, j’ai gueulé au mec de la sécurité…fermez la grille après, fermez-là svp et durant 15min le mec qui me poursuivait à gueuler à la grille après moi. Je pleurais et il ne sait rien passer pas de police, les responsables du collège non à aucun moment proposer de porter plainte alors qu’il était juste là gueuler.

Un chauffeur de bus une fois a attendu que tout le monde soit sortir, éteints les lumières et puis fermer les portes…m’a harcelé pour que je lui fasse un bisou aussi non je ne sortirais pas du bus et j’ai tenu bon et dis que je porterais plainte que j’allais appeler mon grand frère…au bout d’une dizaine de minute à ouvert les portes, je suis en pleur et en courant comme une conne je n’ai pas porté plainte.

Pendant un long moment, je me disais c’est pas possible c’est moi qui les attire c’est ma faute. Ne regarde plus aucun homme, ne traine pas dans les rues à telle heure, habille toi mal, néglige toi…mais ce qui m’énerve maintenant que j’ai pris de la maturité c’est que je n’ai jamais porté plainte car tout cela m’est arrivé enfant ou ado. J’ai pris sur moi et déprimé durant de nombreuses années.

Mais depuis, je me dis que c’est impératif de faire bouger les mentalités et libérer la parole des nanas car on est tellement à vivre cela. Durant de nombreuse années, j’ai détesté les hommes pour ça, pour ce regard de chasseur qu’il pose sur nous comme si on était de la viande à disposition. J’ai eu très peu d’histoire car j’étais hyper agressive avec les mecs même ceux qui étaient gentils puis à 20 ans j’ai libéré ma parole en thérapie et ça évolue petit à petit.

Punaise, je viens de raconte une bonne partie de ma vie, je suis gênée et en même temps hyper légère car c’est rare lorsque je m’autorise à parler de moi. Alors merci Delphine et toutes les autres qui ont laissé un commentaire…vous m’avez inspiré.

Merci

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Ce post est tellement vrai et tellement perturbant… Je n’en rajouterai pas une couche avec mes propres anecdotes (nombreuses), mais j’ai eu envie de réagir par rapport aux hommes.

J’ai un fils de 16 ans, que j’élève seule. Gentil, affectueux, tendre, mais un homme quand même. 1,98m de tendresse. Entouré de femmes, qu’il s’agisse de sa mère, sa soeur, sa cousine, ses grands-mères, mais aussi et surtout de ses amies. Il a bien quelques copains, mais n’a principalement que des amies. Nombreuses. Et elles l’adorent. Pas un jour sans que j’entende : Maman, unetelle peut revenir à la maison ? Maman, tu veux bien conduire unetelle ? Maman, unetelle doit rentrer à pied, on peut la ramener ? Maman, unetelle est hospitalisée et rêve d’une pizza, tu veux bien que j’aille lui en apporter une ? Maman, tu veux bien que je parte avec unetelle et unetelle en vacances cette année ? Maman, tu es la meilleure maman du monde, je n’aurais pas rêvé en avoir une autre que toi.

Pourquoi elles l’aiment ? Car il les aime. Tout simplement.

Je les observe depuis quelques temps, je l’observe lui.

Et un jour j’ai compris : on voit et comprend qu’un homme est bon à la façon qu’il a de traiter les femmes.

Bonne journée…

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Parmi tous les commentaires déposés, c’est le tien, Valérie, qui m’a le plus touchée!
Pas parce que les commentaires de chacune se ressemblent, même pas, en fait ils m’ont glacé le sang j’ai eu l’impression de tous les vivre, et revivre ce qu’il m’est arrivé à moi aussi!!
Ton commentaire est le plus touchant parce que il est le plus/le seul chargé d’espoir et d’amour!!!
Que ton fils ne change pas!!
Bonne journée

Je suis moi aussi horrifiée de découvrir qu’on a toutes un jour été agressé sexuellement. Le pire dans ce débat, ce sont les gens qui défendent et minimisent ce type de comportement en disant que c’est de la drague. Et cela prouve que le chemin est encore long pour que soit reconnu ces faits comme des véritables violences faites aux femmes.

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#metoo Un souvenir par tant d’autres harcelements de rue : Quand j’avais 18 ans dans le rer le soir, trois hommes imposant se sont assis à cote de moi, en m’encadrant, et je me suis retrouvée comme bloquée sur le siège contre la fenetre. Je me souviens avoir ete tétanisée tandis qu’ils me parlaient (« alors tu fais ta timide ») et me fixaient en rigolant, tous les trois. Je me suis dit à ce moment là que, ca y est, le moment que je redoutais tant du viol allait m’arriver. Puis des policiers sont montés dans le rer, et les 3 mecs sont partis. Je suis toujours aussi glacée d’effrois par le souvenir de ce trajet en rer, meme plus de 10 ans apres.

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La caillera qui s’est masturbée contre mon dos dans un RER bondé un dimanche aaprès-midi alors que j’allais réviser à la bibliothèque en jeans baskets, et a voulu me casser la gueule sur le quai quand je suis descendue parce que je lui avais « donné des coups de coude » en essayant juste de l’éloigner de moi… Le mec en costard croisé dans un petit chemin, le sexe à la main, qui m’a murmuré « je vais te bouffer la chatte » et les flics qui ont pris ça à la légère quand je les ai appelé une fois rentrée chez moi….
Je m’estime presque chanceuse qu’il ne me soit rien arrivé de plus grave, c’est un comble !
J’ai peur pour mes deux petites filles.. L’aînée a 4 ans, je commence à essayer de la mettre en garde mais elle est tellement pleine de naïveté, c’est difficile de trouver les mots justes sans l’affoler. En tout cas, quand j’étais enceinte, j’ai fait promettre à mon compagnon que quelle que soit l’heure, elle pourrait toujours compter sur lui pour aller la chercher n’importe où au lieu de rentrer seule en prenant des risques.

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Merci pour ces témoignages, tout sauf anodins. Comme toutes j’ai eu mon lot (le plus choquant pour moi ayant été le vieux dégueulasse qui nous avaient dit des cochonneries depuis sa voiture à moi et mes amies, alors que nous allions au stade pour le cours de sport, en début de collège et le main au cul dans le métro qui m’avait littéralement tétanisée). Comme beaucoup, je me suis toujours trouvée chanceuse, car certaines de mes amies ont eu bien pire. Comme beaucoup, je tremble d’avoir eu des filles, je tremble au risque qu’elles passent par là, car je ne connais pas une seule fille qui n’ait eu à déplorer des comportements déplacés.

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J’avais environ 25 ans, je sors du boulot le midi pour m’acheter un sandwich, à 20 mètres de la place de la Bastille. En jean, les mains dans les poches, rien d’aguichant. Je croise trois mecs et au moment où nous nous croisons, l’un d’eux me met la main entre les jambes. Je lui balance une gifle par réflexe. J’ai fini par terre, rouée de coups de pieds par les trois. Folle de rage j’ai réussi à en choper un que j’ai traîné jusqu’à mon boulot. Malheureusement il a réussi à se refaire de mon emprise avant que je n’arrive à ouvrir la porte. C’est l’agression la plus violente, mais ce n’est pas la seule, malheureusement, comme bon nombre d’entre nous. 53% d’après les sondages, c’est enooorme !

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