L’épopée lactée… ! Ou pourquoi moi qui voulais allaiter mon enfant, j’ai choisi de lui donner du lait infantile

Avant la naissance d’un enfant, on vous pose notamment une question à laquelle j’ai été bien en peine de répondre : vous voulez l’allaiter ? Dans l’absolu, oui, je voulais allaiter mon fils (à ma plus grande surprise, moi qui, il y a 10 ans, vous aurais dit que jamais de la vie, je n’étais pas une vache laitière…! Vous savez ce qu’on dit sur les gens qui ne changent pas d’avis). Je fais partie de ceux qui pensent que rien ne vaut le lait maternel pour tout un tas de raisons. Mais comment savoir ce que c’était réellement ? Ce que ça représentait vraiment avant de l’avoir expérimenté ?

Et puis, Jésus est arrivé (vraiment sans se presser ahahah). La tétée de bienvenue n’était pas une option pour moi : quel que soit mon choix pour la suite, je voulais lui offrir cette tétée que j’estimais indispensable à plus d’un titre.

Le lendemain de sa naissance, pourtant, et malgré tous mes efforts, il ne voulait pas prendre mon sein. Les sages-femmes de l’hôpital, toutes adorables, expliquaient, rassuraient, prodiguaient mille conseils. Je ne m’inquiétais pas. Et puis, prise de température du petit mignon et branle bas de combat : il était en hypothermie, il fallait qu’il mange. Peau-à-peau pour faire remonter sa température, nouvelles tentatives pour lui donner le sein. Sans stress, je savais qu’il y aurait quoi qu’il arrive une solution et qu’un enfant ne se laisse jamais mourir de faim. Mais peut-être un peu quand même, du stress, à mon corps défendant, rapport que je tenais vraiment à cette première tétée. Las… Quelques heures plus tard, on lui a finalement collé un biberon dans le bec pour qu’il s’alimente et qu’il reprenne des forces. Je vous épargne les étapes des 2 jours suivants, avec contrôle de la courbe de température qui remontait middle, perte de poids, contrôle de la glycémie et tout le tintouin. Rien d’affolant, mais des biberons qui se succédaient encore et encore. Enfin, au 3e jour, j’ai réussi à le mettre au sein. Et j’ai adoré. Adoré sentir mon tout petit tout contre moi, adoré ce nouveau rôle de maman, adoré l’idée de lui offrir ce que j’estimais être le meilleur. Pourtant, la consigne était claire : je pouvais envisager un allaitement mixte mais tant que sa courbe de poids n’était pas stabilisée, il fallait que je reste à un biberon toutes les 3 heures.

De retour à la maison, les choses ne se sont évidemment pas passées comme je le souhaitais. Malgré toute mes tentatives, l’enfant ne voulait pas prendre le sein. J’ai consulté une ostéopathe géniale qui a identifié un frein de langue qu’on a fait couper après second avis du pédiatre. Ça n’a rien changé. J’ai consulté aussi une conseillère en lactation géniale, plusieurs fois. J’ai essayé, beaucoup, pleuré, énormément, j’ai tiré mon lait, encore plus. Rien à faire… mon fils n’a jamais voulu de mon sein. Et si l’inquiétude de l’hypothermie et de la perte de poids avaient finies par être écartées, il fallait bien le nourrir, ce petit ! Je me suis sentie tellement seule, tellement nulle, tellement pas préparée à l’allaitement. Naïvement, je pensais que c’était une simple question de choix, voire, d’organisation. Jamais je n’aurais pensé devoir me préparer plus que ça mais j’en suis certaine aujourd’hui : un allaitement, ça se prépare. On ne débarque pas comme moi, la gueule enfarinée, avec quelques vagues notions prodiguées en visio aux cours de préparation à l’accouchement et un tube de lanoline en mode « je suis parée à tout » (la blague).

Voilà comment, finalement, j’ai abdiqué, au bout de 3 malheureuses petites semaines qui me paraissent aujourd’hui encore interminables de doutes, de culpabilité, de douleur. C’est mon expérience, hein, fort heureusement, tout le monde n’a pas la même et beaucoup y arrivent ! Mais justement : j’ai beaucoup, beaucoup culpabilisé de ne pas réussir à allaiter. J’avais l’impression de ne pas offrir le meilleur à mon enfant, de le priver d’une alimentation saine et de nous priver tous les deux d’un moment doux, en plus d’être sain. Les « vous le nourrissez ? «  qu’on m’a adressé plusieurs fois n’ont pas aidé… Mais c’est une autre histoire.

C’est le pédiatre qui a achevé de me déculpabiliser en m’expliquant qu’il fallait que j’arrête de me prendre la tête, qu’en 2020, les laits infantiles étaient parfaitement sains, que je n’allais pas filer de la merde à mon fils, bien au contraire. Je me suis d’autant plus résolue à lui donner un lait infantile qu’outre le fait que je n’allais pas le laisser crever de faim, on a pu lui donner un lait épaissi qui a aidé à soulager le reflux interne dont il souffrait.

Fin de la saison 1.

La saison 2 commence à ses 4 mois. Nous avons commencé la diversification alimentaire à ce moment là, et à mesure qu’il avance dans la découverte des purées et compotes, Jésus ne souffre presque plus de son reflux (amen) (je sais que ça peut revenir, rien n’est jamais acquis apparemment !).

A l’horizon de ses 6 mois, on sait qu’il va falloir passer à un lait infantile deuxième âge. On se renseigne auprès de notre pédiatre, qui nous indique qu’on peut rester sur le même lait qui propose une formule épaissie, ou tenter une formule plus légère, plus digeste, plus liquide, au vu du reflux qui semble s’arranger. On commence par garder le même lait version 2ème âge pour une transition en douceur, ça passe crème. On introduit alors le lait Nactalia 6-12 mois, un lait bio et responsable fabriqué en France.

La saison 3 va se passer à l’usine et chez l’éleveuse auprès de qui Nactalia a ses engagements. Je vous embarque en live sur Instagram pour comprendre concrètement ce qu’il y a derrière et surtout dans une boîte de lait infantile, pour comprendre, et être rassurés. Et peut-être, si comme moi vous auriez voulu allaiter et que vous n’avez pas pu, ou si donner un biberon vous convient parfaitement mais que comme n’importe quel parent, vous voulez le meilleur pour votre enfant et faire le point, peut-être, disais-je, déculpabiliser pour de bon.

Rendez-vous sur mon compte IG le 22 juin ! D’ici là, si vous avez la moindre question sur le sujet du lait infantile, vous savez où me trouver 🙂

Article rédigé avec amour pour Nactalia 

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Commentaires

Ah l’allaitement, c’est vraiment pas si simple!!! Perso je voulais allaiter aussi, j’ai adoré la tétée de bienvenue un peu moins les crevasses qui sont apparues direct malgré la vérification de la position etc
Pourtant je m’étais préparée mais au bout de trois jours, j’ai arrêté. On a essayé le tire lait avec la SF mais lorsque j’ai vu du sang dans le lait je me suis dit : on arrête les conneries, le biberon ça sera très bien aussi.
J’ai pleuré un bon coup et puis j’ai arrêté de culpabiliser.

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Bonjour deedee, je rebondis sur ton article pour appuyer encore une fois sur le bouton déculpabilisation ! Je pense sincèrement qu’avoir une meilleure connaissance dans le domaine de l’allaitement n’aurait pas joué, car finalement c’est le bébé qui décide et qui a un vrai rôle à jouer. Si bebe ne veut pas du sein, même avec la meilleure science du monde, je pense que le résultat aurait été le même. Bravo déjà d’avoir essayé !

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Merci Claire <3

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Je me reconnais tellement dans tes propos, dans ce simple « pas préparée à l’allaitement ».
C’est tellement ça, on a pas assez d’informations, on n’est pas préparées à tout ce qui peut empêcher l’allaitement, comment y faire face, cette chose qui semble si simple et si naturelle depuis la nuit des temps.
19 mois plus tard je pense encore parfois à cette culpabilité et ça reste un sujet sensible, mais au moins plus de larmes en y repensant. Cet épisode m’a gâché ma première semaine avec mon bébé, et on ne peut pas revenir dessus. L’accepter, passer au-dessus, ce n’est pas facile.
Mais l’important : bébé va bien, maman va bien, le cocon familial va bien. Avoir un enfant, c’est tant de chamboulements, on ne peut pas tout maîtriser, à commencer par ses premiers jours !
Si tout le monde va bien physiquement et mentalement, c’est le principal, et ce n’est pas si évident.
J’ai hâte d’en savoir plus au travers de tes stories sur les laits infantiles, ça peut faire déculpabiliser, aider certaines, c’est sûr. Lait maternel ou infantile, si bébé et maman vont bien, alors c’est ok, c’est tout !

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Oui, tu as raison !

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« Tu la nourris? » C’est la question qu’a posée ma tante à ma soeur à la naissance de ma nièce sur le Whatsapp familial. L’indécence de cette question. Pile au moment où ma soeur était en train de galérer à mettre en place son allaitement. J’étais furieuse, mais je me suis retenue. C’est finalement ma cousine qui a répondu : « non non, elle la laisse crever de faim… » Meilleure réponse, j’aurais pas trouvé mieux!

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Meilleure réponse indeed !

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Tu aurais aimé savoir quoi sur l’allaitement ?
Je trouve qu’on manque surtout de personnes ressources quand il y a difficultés, que ce soit sur l’allaitement ou autre chose d’ailleurs. Il y a plein d’injonctions, mais peu de réels conseils personnalisés et pratico-pratiques. Aussi parce que les bébés restent bien mystérieux, il est souvent difficile de savoir ce qui cloche et quelle pourrait être la solution.

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Qu’on me dise que c’était difficile. On m’a parlé des complications possibles, pas forcément du fait que mon fils ne voudrait pas de mon sein, par exemple. Ou que c’était important de réserver un tire-lait le plus vite possible rapport que les meilleurs sont pris d’assaut. Ou bien encore que c’était utile de prendre RV avec une conseillère en lactation rapidement pour être guidée. J’imagine bien que mon ressenti n’est pas universel, mais la maigre heure consacrée au sujet lors de la préparation à l’accouchement ne m’a pas apporté les clés dont j’aurais eu besoin.

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Ah l’allaitement ! Mais vraiment ! Tellement complexe ! Je dis à mes amies qui ont un enfant après moi et qui veulent allaiter : « c’est très bien si tu le souhaites mais si ça ne fonctionne pas ne culpabilise pas ce n’est pas grave ! ».
Mais on culpabilise quand même…
J’avais en-tête d’allaiter si ça fonctionnait. Genre sans prise de tête. Et ça a fonctionné. Alors pourquoi arrêter ? Mais ma fille prenait peu de poids au début et j’ai du compléter avec un biberon de lait infantile le soir (j’ai trouvé le mixe parfait).
J’ai allaité 3 mois mais ça n’a jamais été hyper simple et naturel. Et surtout j’étais pleine de doutes et culpabilité.
Ma deuxième pareil : elle s’est jetée sur mon sein donc ça me semblait évident de l’allaiter. Mais elle avait un petit reflux qui n’a cessé uniquement quand j’ai complètement arrêter l’allaitement. Mon allaitement ne lui convenait pas même si elle adorait ça… (et moi j’étais beaucoup plus à l’aise que pour la première…).
Bref l’allaitement c’est complexe et clairement oui ne pas culpabiliser si c’est du lait infantile. C’est très bien. Il n’y a pas de mauvais choix.

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Je me reconnais totalement dans ton expérience, ce qui me gène c’est quand tu dis « l’allaitement se prépare ». C’est ce que je me suis dit aussi lors de mon premier et pourtant, je m’étais renseignée à fond, préparée à toutes éventualités, à tel point que c’était moi qui suggérait des solutions aux professionnelles de santé quand ça ne marchait pas, malgré tout mes efforts, l’allaitement n’a pas fonctionné. Ça m’a brisé le cœur, j’ai tellement souffert physiquement de cet allaitement avec cette envie de me donner à fond, de « passer la période difficile » comme disent les chanceuses et qui te rajoute une pression énorme. Mon enfant ne prenait pas assez de poids, j’étais épuisée et malheureuse, j’ai donc arrêté au bout de 4 mois d’enfer.
Pour le deuxième, je me suis donc « préparée » comme tu l’as écris, mentalement surtout. Et malgré tout l’allaitement a échoué encore une fois dans la douleur.
Se préparer ne change rien parfois, malgré toutes les infos, accessoires, pompes, expériences des autres, accompagnements, il y a des raisons obscures chez la mère et/ou de l’enfant qui font que ça ne prend pas. Je pense que c’est cela qui me fait le plus de peine : de ne pas comprendre. Alors, je suis triste quand je vois les autres en plein bonheur à allaiter leur enfant, elles ne comprendront jamais ce que j’ai traversé et je ne connaitrais jamais cette « simplicité » à nourrir son enfant.

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Merci pour ce bel article ! Très attachée à idée de l’allaitement moi aussi, à quelle « préparation » fais-tu référence (en amont) ? Ton expérience te permettrait-elle de conseiller quelque chose ? Merci !

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Coucou, alors je débarque genre ça fait 2 ans que j avais tout coupé et je vois que tu as un petit gars!!! Félicitation, trop de love!! Sinon, je n ai allaité que l aîné, 3 semaines, résultats il avait perdu bcp de poids, moi j étais morte de fatigue, j avais hyper mal, sang..etc. bref, pas d allaitement pour les 4 suivants et j étais 100x plus sereine!! Et auj, ils sont ts en super forme, n ont jamais été malade ( pas une bronchiolite par ex sur les 5!). Plein de bisous et d amour MB

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Merci MB pour ton message ! Je t’embrasse

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Pour mon premier enfant, j’ai eu le même scénario, bébé en hypothermie qui ne têtait pas, gros stress évidemment! Quand ça s’est résolu, il ne voulait /n’arrivait pas à têter au sein, ce qui me culpabilisait à mort (déjà que je l’avais laissé se refroidir…) jusqu’à ce qu’une sage-femme me dise d’utiliser un bout de sein en silicone. ça a tout changé: il arrivait très bien à têter et n’a plus voulu autre chose que le sein! Jusqu’à son intégration en crèche: la veille encore il ne voulait que le sein (même avec mon lait dans le biberon, on a essayé toutes les têtines du monde). Je vous dis pas le stress lorsque je l’ai déposé pour sa première journée. Mais en fait tout s’est très bien passé! Mais du coup ça a stoppé ma montée de lait. Bref, tout ça pour dire qu’il n’y a pas de règle, chaque couple maman/bébé est différent et que ce qui va à l’un ne s’applique pas à l’autre

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Je comprends tellement ! J’ai vécu tout ça pour ma première. Impossible de l’allaiter alors que j’étais à peu près préparée. J’en ai pleuré et culpabilisé pendant des années. C’était un sujet archi sensible. Du coup, pour ma seconde, je m’étais préparée à fond. Malgré tout, ça a été un combat. Une souffrance. Une copine m’a dit à ce moment-là : « l’allaitement, ça peut être une galère, tu t’en rajoutes ». Elle avait tellement raison, mais je n’ai pas pu l’écouter sur le moment. J’ai persisté 4 mois. Et avec le recul, je me dis que c’était idiot, que j’aurais mieux fait de profiter sereinement de mon bébé plutôt que de persister dans un truc qui nous rendait l’une et l’autre insatisfaites. Et je me félicite maintenant d’avoir abandonné plus rapidement pour ma 1ère, parce que ça avait tout changé pour moi et que j’avais profité d’elle à fond. Bref, ce n’est plus du tout un sujet sensible maintenant. Et comme l’ont si justement écrit plusieurs lectrices : toute la préparation du monde n’y change rien. parfois, pour des raisons que l’on ignore, ça ne fonctionne pas. Alors ne culpabilise pas Deedee, tu as fait tout ce que tu as pu, et l’essentiel est que bébé et toi soyez bien. Et vive le lait infantile :-)))

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Hello Deedee et merci pour cet article. Petit conseil sur les laits infantiles : certaines marques n’ajoutent pas d’ARA dans leurs laits infantiles alors que cela est recommandé par les scientifiques (au moins dans les laits 1er âge mais c’est cool aussi pour un 2eme âge..) , à une dose au moins égale sinon supérieure à celle de DHA. –> reco copié collé du site https://www.mpedia.fr/art-acides-gras-bebe-0-3-ans/ (c’est un site fait par des experts professionnels de santé et spécialistes de l’enfance à destination des parents, pas de la pub évidemment).
Il est préférable de choisir un lait avec des acides gras poly-insaturés à longue chaîne (AGPI-LC) avec du DHA (entre 14 et 35 mg/100ml) et de l’ARA avec une teneur égale ou supérieure à celle du DHA. L’apport en AGPI-LC oméga 3 contribue à un meilleur développement neurosensoriel.
Dans les laits où il y a de L’ARA, celui çi est mentionné en toutes lettres.

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Merci ! (j’aime beaucoup ce site oui)

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