Zoom sur Good is beautiful, la démarche engagée de Maisons du Monde

Photo ©Egor Vikhrev

Vous le savez : j’ai eu l’occasion il y a quelques semaines de rencontrer les équipes RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale) de Maisons du Monde pour poser toutes les questions que je souhaitais autour de la démarche Good is beautiful qu’ils déploient depuis peu et dont j’aimerais vous parler ici.

En préambule et si la majorité des commentaires reçus sur les stories que j’ai postées sur Instagram étaient bienveillants, questionnant avec intelligence les engagements de la marque, j’ai reçu aussi quelques commentaires plus mitigés et surtout plus tranchés, arguant sans autre forme de procès que Maisons du Monde faisait ni plus ni moins du Greenwashing.

Ces messages m’ont interpellée. Que l’on pose des questions, que l’on mette les choses en perspective, que l’on doute, c’est essentiel : ne jamais rien prendre pour argent comptant me semble indispensable à l’ère des réseaux sociaux et des campagnes de communication à tout va ! Ne pas essayer de comprendre et condamner sans même s’informer, en revanche… je vous avoue que ça me dépasse.

J’ai déjà donné ma définition du greenwashing, je n’y reviens pas. Je comprends que parmi les arguments qui peuvent rendre certaines personnes méfiantes, le fait qu’un acteur aussi gros et incontournable que l’est Maisons du Monde et qui tente de déployer un mouvement responsable et engagé pour ancrer le développement durable dans sa stratégie puisse générer de la méfiance. Mais qu’on crie et que l’on condamne sans prendre le temps de confronter ses idées à la réalité, ça, je le regrette.

Remettons donc si vous le voulez bien l’église au centre du village !

La RSE chez Maisons du Monde, ça ne date pas d’hier : en 2010 déjà, l’enseigne posait les premières pierres d’un édifice en engageant un travail sur la traçabilité du bois et les conditions de travail chez les fournisseurs :

  • Sourcing de bois certifié FSC ou PEFC
  • Développement d’un programme de traçabilité du bois en Inde avec l’ONG Earthworm Foundation pour certaines essences pour lesquelles il n’existe pas de certification FSC
  • Audits sociaux des fournisseurs et accompagnement
  • Soutien à des associations de préservation de la biodiversité et des forêts partout dans le monde.

« Good is beautiful est un mouvement de fond, qui fait le lien entre le passé, le présent et les ambitions de Maisons du Monde, pour créer un impact positif dans son écosystème ».

Aujourd’hui, l’enseigne lance un mouvement ambitieux qui se déploie autour de 5 piliers, 5 engagements qui se matérialisent par des actions concrètes et mesurables : des produits responsables, des actions solidaires, une politique de ressources humaines qui favorise l’égalité des chances, la prise en compte du cycle de vie circulaire des articles et des actions environnementales pour baisser l’empreinte carbone. Autrement dit, le programme RSE vient bien infuser toutes les strates de l’entreprise, comme toute politique RSE digne de ce nom.

Les voici plus en détail :

Engagement N°1 : une offre tendance mais responsable

Photo ©Maisons du Monde

Le groupe propose aujourd’hui 20% de produits dits responsables et vise 40% d’ici à 2025.

C’est quoi, un produit responsable ? C’est, par exemple, le bois qui le compose et qui est labellisé FSC ou PEFC. A ce jour, 70% du bois utilisé par Maisons du Monde l’est. C’est aussi un soutien apporté à des projets locaux pour préserver les forêts et les arbres partout dans le monde. Depuis 2015, ce sont ainsi 5 millions d’euros qui ont été versés pour la préservation des forêts (source).

C’est aussi une partie des meubles fabriqués en Europe, environ 500 références à ce jour. (A titre d’exemple, 70% des canapés sont fabriqués en France à ce jour).

C’est du linge de maison certifié Oeko-Tex® (plus de 2300 références).

C’est enfin Préserver les savoir-faire d’ici et d’ailleurs : on peut bien sûr rapatrier la production en Europe pour revaloriser les salaires et réduire l’empreinte carbone. Sauf que… il est bien naïf de penser que notre industrie et nos usines ont encore un savoir-faire nécessaire à certaines industries (la mode y est confrontée régulièrement). Bien naïf aussi de penser que les 7,5 millions de clients en l’occurrence de Maisons du Monde seraient prêts à envisager de payer un peu plus cher pour encourager ces pratiques. Bref, bien naïf de penser que Rome se serait faite en un jour…!

Tout ça pour dire : un produit responsable, c’est un produit qui tend à être fabriqué dans de meilleures conditions, avec des labels indépendants et dont le sérieux n’est plus à discuter et qui permettent de tracer une offre. (Les belles paroles, c’est bien, pouvoir les vérifier, c’est encore mieux).

 

Engagement n°2 : des actions fortes, sur le terrain, pour préserver l’environnement et aider ceux qui en ont besoin

Source Maisons du Monde

Après 10 années de mécénat, Maisons du Monde a crée en 2015 la « Maisons du Monde Foundation« . Concrètement, elle contribue à la préservation des forêts partout dans le monde.

En parallèle, le groupe soutient depuis plusieurs années des associations de l’économie sociale et solidaire : des lieux de vie proposés par Emmaüs, la Croix Rouge Française ou la Fondation des Femmes sont habillés par l’enseigne. En tout, ce sont plus de 100 000 produits qui sont donnés chaque année.

MDM Foundation a soutenu 47 projets dans 18 pays depuis 2015. Vous pouvez retrouver l’ensemble des associations soutenues sur le site de la fondation.

Engagement n°3 : une politique RH qui favorise l’égalité des chances

Photo ©Clay Banks

Diversité et inclusion sont les maîtres mots de la politique RH du groupe, qui compte aujourd’hui 8628 collaborateurs à travers le monde. 50% de femmes font partie du top 100 de l’entreprise, et le groupe propose de mentorer (d’accompagner) 500 jeunes d’ici 2025 via Dema1n.org. Bien sûr, il reste encore sûrement des zones de flou.. Mais on peut déjà considérer que c’est pas mal, et mieux que beaucoup d’autres entreprises, non?!

En interne, le groupe s’apprête à lancer « Good for Women » pour promouvoir l’égalité hommes-femmes.

Engagement n°4 : des produits durables, inscrits dans un cycle de vie circulaire et solidaire

Photo ©DR

Fabriquer des meubles et de la déco, c’est bien. S’assurer qu’ils soient produits de la manière la plus responsable possible, c’est mieux. Faire en sorte que les produits puissent avoir une seconde vie, c’est aujourd’hui essentiel.

Chaque année, ce sont plus de 20000 produits qui sont ainsi réparés dans les ateliers de Maisons du Monde à Saint-Martin-de-Crau. Le groupe y associe ses partenaire sociaux et solidaires, notamment Emmaüs, pour mener à bien cette mission.

Les produits qui n’ont pas pu être réparés sont donnés à des structures de l’économie sociale et solidaire spécialisées dans le réemploi comme Emmaüs et la Croix Rouge. Ils sont souvent vendus par ces structures qui apprécient cette manne : avec l’essort des plateformes de mobilier en seconde main, Emmaüs, par exemple, se retrouve souvent à court de mobilier ou de déco à vendre, les particuliers qui donnent préférant d’abord essayer de les vendre. Pouvoir compter sur un approvisionnement régulier de Maisons du Monde leur permet de continuer à proposer une offre en seconde main bien achalandée.

Engagement n°5 : l’ensemble des métiers du groupe repensés pour réduire leur empreinte environnementale

Photo ©Jasmin Sessler

L’objectif est clair, il s’agit de réduire de 25% l’empreinte carbone globale générée par le groupe d’ici à 2025. Pour ce faire, Maisons du Monde s’engage à tous les niveaux : conception des produits, transport avec l’engagement dans l’initiative FRET21, consommation d’énergie et alimentation en électricité renouvelable des points de vente (certification ISO 5001).

Quid du fact checking et de la traçabilité ?

Maisons du Monde est membre de l’Initiative for Compliance and Sustainability (ICS) depuis 2017. L’ICS définit un référentiel d’audit partagé entre ses membres (majoritairement des enseignes de distribution françaises) et les audits sociaux ICS sont réalisés par des cabinets externes agréés (Bureau Veritas, Eurofins et Act4Sustain par exemple) et mesurent la performance de l’usine par une notation qui illustre la conformité des pratiques et la criticité des non-conformités identifiées. Maisons du Monde définit ensuite des plans d’actions en fonction des résultats de l’audit.

Voilà, en quelques mots, les engagements prises par Maisons du Monde. Je sais que c’est un peu dense, mais les sujets couverts par la RSE sont vastes… !

Je ne cherche pas à vous convaincre mais à vous donner les infos utiles à une réflexion d’envergure sur la mise en place d’un projet RSE ambitieux au sein d’une enseigne incontournable dans le secteur de l’ameublement et la décoration.

Ça ne suffit pas ? Peut-être. On peut, il est vrai, toujours regarder le verre et le penser à moitié vide. On peut aussi se dire que rien ne se fait jamais du jour au lendemain, en un claquement de doigts. Et que les actions vérifiables et quantifiables permettent d’attester du sérieux et de la sincérité d’une démarche, qui, si elle n’est pas parfaite, a le mérite d’exister.

Pour ma part, je pense sincèrement que le fait qu’un acteur comme Maisons du Monde se positionne comme un acteur engagé est un signal fort sur le marché : peu importe les raisons pour lesquelles l’enseigne y vient, il n’aura échappé à personne qu’aucune entreprise n’est philanthrope… ! En revanche, aujourd’hui, je crois qu’on ne peut pas y aller à coup de demi-mesures et de bullshits corporate.

Continuons à ouvrir les yeux, questionnons, poussons Maisons du Monde à aller plus loin, oui, mille fois oui ! Cela ne nous empêche pas de creuser, de vérifier les infos… mais aussi de revoir nos modes de consommation : non, tout le monde n’a pas le temps, ni l’argent, de chiner pendant des semaines la petite pépite de meuble que l’on va payer cher sur les plateformes spécialisées en ligne. Non, tout le monde n’est pas éduqué au vintage, et même, tout le monde ne veut pas nécessairement du vintage.

En revanche, quels que soient nos goûts, nos priorités, notre budget, on peut tous essayer de revoir aussi nos modes de consommation : on n’est pas obligés de changer de déco tous les quatre matins… N’oublions jamais que nous, consommateurs, avons le pouvoir de faire changer les choses !

Merci de votre attention <3

*Article réalisé en ouvrant les yeux et en posant toutes les questions, même celles qui dérangent, à Maisons du Monde que je remercie de s’être aussi bien plié à l’exercice..! 

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