21 ans… ! (et quelques)

En mars… 2025, je « fêtais » les 20 ans de blog. 20 ans, c’est tout simplement vertigineux et pourtant…  je n’ai pas sablé le champagne, je n’ai rien dit, rien fait. Je n’avais pas vraiment le coeur à la fête.

Je ne l’ai pas plus aujourd’hui ou disons que sans faire la fête, j’ai quand même envie de marquer le coup !

Ce jour de mars 2005, je terminais ma dernière année à Sciences Po Paris.

J’avais un mémoire d’une centaine de pages à me palucher, en plus d’un stage que j’avais choisi de faire au pôle RSE d’un géant de l’agro industrie parce que déjà, ces questions m’interpellaient. Pas de bol, j’étais tombée sur un manager toxique qui chronométrait à la seconde près l’arrivée à mon poste de travail le matin, me « punissait » avec des tâches jugées indignes comme le classement de dossiers ou bien encore, tentait de me mettre des bâtons dans les roues quant à ce fameux mémoire qu’il supervisait. Grosse ambiance.

Cette année là, nous avions aussi décidé de nous marier et comme toute bonne control freak, j’étais ultra détente sur tous les aspects que cette fête peut revêtir… !

Comme je m’ennuyais un peu avec tout ça, j’écrivais de temps en temps des articles pour un site étudiant racheté depuis par Le Parisien, des chroniques de ciné, sorties, restos… Jusqu’au jour où j’ai eu envie de plus : je voulais partager mes lectures, mes coups de coeur comme mes coups de gueule dans d’autres domaines. En 2005, il y avait bien quelques blogs d’analyse webmarketing, de cuisine ou de gaming mais pas de blogs lifestyle longtemps désignés comme des « blogs de fille » (On voit bien comme tout ça a fort heureusement évolué depuis et combien cette dénomination était méprisante, mais c’est un autre sujet !).

Je me souviens avoir regardé rapidement de quoi il retournait, m’être tournée vers Canalblog dont je trouvais l’interface plus « propre » que les skyblogs d’alors. Au moment d’entrer un nom d’utilisatrice, j’ai choisi en quelques secondes « didi », surnom que me donne mon cercle intime depuis toujours. C’était déjà pris. «Deedee » aussi. J’ai donc accolé « Paris », puisque j’y vivais et puis c’est marre. On était alors bien loin des réflexions stratégiques d’un nom propice à un bon référencement and co !

Très vite, le succès a été au rendez-vous

C’est qu’en 2005, nous étions… 2, pendant quelques mois, avant d’être rejointes la même année par une première vague, puis une seconde, une troisième bref, la déferlante des blogs « de fille » était lancée !

Jusqu’en 2014, le blog était un projet perso mais il faut bien le reconnaitre, il prenait de plus en plus de place. J’étais alors rédactrice en chef du site de Cosmopolitan et si j’avais tenté de passer plus de temps à m’occuper du blog, je voyais bien que ça ne tenait plus vraiment. Il fallait faire un choix : d’un côté, le ronron rassurant du joli poste qui claque sur la carte de visite, en CDI, pas hyper bien rémunéré mais sécurisant. De l’autre, aucune certitude ni garantie, que des gros points d’interrogation, des questions et des doutes.

Bingo, j’ai choisi la seconde voie, ce qui a d’ailleurs fait dire à mon père « ta soeur se gâche » répété par ma soeur quelques années plus tard. On ne va pas se mentir, le fait que j’ai connu ma deuxième et dernière expérience de management toxique à ce moment là a sûrement joué dans la balance, et pas qu’un peu. Preuve, s’il en fallait, qu’une épreuve peut se transformer en opportunité (mais spoiler, il faut d’abord se réparer pour le réaliser).

Alors, 21 ans plus tard ?

Je ne regrette rien, non. Cette aventure est, a été, la plus belle de ma vie. J’ai rencontré des personnes formidables, noué des amitiés indéfectibles, vécu des choses incroyables : découvrir l’extraction de l’essence de rose dans les champs de Pegomas ou pris l’orient Express avec Chanel, découvert des savoir-faire et des artisans en visitant les usines ou ateliers de dizaines de marques, interviewé Zazie, Ben Harper, Christophe Willem (la belle époque !) et tant d’autres en étant la première à avoir une émission sponsorisée par une grande marque de cosmétiques. J’ai créé plusieurs collections avec plusieurs grandes marques, écrit un livre. J’ai pu accéder à des lieux magiques, j’ai ouvert mon espace dédié à l’évènementiel qui m’a permis de nouer des relations encore plus fortes avec vous ! J’ai reçu la confiance de grandes marques comme de créateurs indépendants, j’ai lancé un podcast, j’en ai animé un autre, j’ai aidé des marques à prendre la parole sur les internets. Je suis allée 4 fois à Cannes où j’ai notamment pu organiser un repas pour le jury du Festival qui comptait cette année là dans ses rangs de Niro et Jude Law (hannnnnnn). La liste est encore longue.

Être influenceuse m’a poussée dans tellement de retranchements ! J’ai adoré me perfectionner en photo, adoré organiser des évènements, vous retrouver lors des vide-dressings et autres rencontres.

Bref, j’ai vibré comme jaja. Jusqu’en 2024.

Là, vous le savez, la machine s’est enrayée : trop d’influenceurs, une perte de confiance des utilisateurs des réseaux devant certains abus, l’inflation, les marques de plus en plus exigeantes et les attentes de plus en plus orientées « ventes » quand moi, ce que je veux, c’est continuer à partager avec vous ce qui m’enthousiasme vraiment. Ce n’est pas nécessairement incompatible, évidemment, mais passer en mode « Juvamine » en vous noyant sous les codes promos ne fait pas partie de mes passions dans la vie (chelou la meuf !).

Il y a aussi le fait que je suis engagée, je ne veux pas promouvoir des marques discutables éthiquement parlant et ça, évidemment, ça n’aide pas. L’écologie, ça emmerde tout le monde, c’est beaucoup plus simple de fermer les yeux, je suis pénible aussi avec mon « moins mais mieux » de bobo !

En 2024, j’ai vraiment touché le fond.

2025 n’a pas été à la hauteur du travail que j’ai fourni quasi seule. Certaines collaborations que je pensais solides se sont fissurées, me laissant parfois avec l’impression d’avoir été abandonnée au milieu du gué. Mais le bilan de compétences m’a permis de rouvrir les champs des possibles. J’ai donné plus de 230 heures de cours en stratégie digitale entre septembre 2025 et mai 2026 dans deux établissements différents. Je ne sais pas encore si je ferais ça « toute ma vie » (vous avez la réf ?) mais j’aime vraiment ça, transmettre, échanger et m’enrichir, aussi, auprès d’apprenants.

Je n’ai toujours pas le coeur à la fête, si je suis honnête, je me sens comme une chaussette qu’on aurait oubliée derrière le panier à linge sale, un peu vieille, plus aussi désirable et pourtant… La féministe qui sommeille pas très loin en moi me souffle d’être fière : fière de ce parcours atypique, fière de l’immense travail accompli qu’on ne voit pas toujours devant l’écran et qui est pourtant réel, fière de repousser sans cesse mes limites, fière de ne pas accepter tout à n’importe quelle condition, fière, enfin, d’échanger aujourd’hui encore avec tant d’entre vous qui me suivez parfois depuis oui, 21 ans…

Merci pour les roses, merci pour les épines comme dirait Jean. Merci à tous les partenaires qui ont croisé ma route, à vue de nez ils sont plus de 300 … !, merci à cette vie que je n’aurais pas envisagée il y a 21 ans. Et surtout, merci à vous d’être encore et toujours là ! Merci pour nos échanges sans fards, gentils, intelligents.

Pour les 10 ans du blog, j’avais organisé une fête dans la magnifique cour parisienne de Caudalie et invité lectrices, partenaires, amis journalistes et collègues d’influence à passer un moment vibrant de joie.

Pour les 21 ans, pas de cotillons, pas de concours, pas de champagne mais une immense gratitude et une joie moins éclatante, peut être, mais que je choisis de faire briller aussi fort que possible.

Mon blog a 21 ans et putain, ce n’est pas rien !

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Commentaire

Joyeux anniversaire !
Moi, c’est via le street art que j’ai découvert ton blog, probablement courant 2005, peut-être 2006. Au tout début quoi.
Mais j’ai ensuite aimé le ton, l’énergie, l’enthousiasme, le petit grain de folie général. Un mélange plutôt attachant 🙂
Félicitations pour cette belle aventure et bonne continuation !

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