Une journée de formation pour fabriquer un bijou

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Il y a quelques semaines, je proposais à l’une d’entre vous de se joindre à moi pour une journée un peu dingue : il s’agissait rien de moins que de fabriquer notre propre bijou grâce à une journée de formation au sein de BJO Formation, le centre de référence de la bijouterie qui dépend de la prestigieuse BJOP.

Attendez un peu avant de dire que je parle chinois, je vous explique !

BJOP, c’est l’école de formation aux métiers de la bijouterie joaillerie la plus ancienne : l’école existe depuis 1867 (ah oui, tout de même) et forme les plus grands bijoutiers et joailliers, en formation initiale, à partir de 16 ans, ou bien un peu plus tard, si on veut changer de vie, par exemple, et découvrir comment on fabrique un bijou grâce à une formation courte (1 à 5 jours), une formation approfondie (10 à 30 jours) ou une formation longue (un ou deux ans).

Vous dire que j’avais hâte de mettre la main à la patte est clairement un euphémisme… ! J’avais pu rencontrer quelques élèves et professeurs et j’avais été saisie par la passion et la bienveillance qui émanaient des salles de classe. Laissez-moi vous dire que cette journée de formation a été assez dingue et que je n’ai pas été déçue… Et je crois bien que c’est le cas d’Emilie aussi, « ma » gagnante, adorable ! Allez voir son site, figurez-vous qu’elle est créatrice de bijoux, elle, pour de vrai.

 

La fabrication d’un bijou, mode d’emploi

Ça a l’air simple, hein, de créer un bijou. On se dit que pof, hop, un coup de pince ou deux et on obtient qui un bracelet, qui une bague. Laissez-moi vous dire que je ne regarderai plus JAMAIS la moindre breloque d’un air dédaigneux !

Or donc, au départ, il y a un brief d’une dizaine de pages, des dizaines d’outils et une plaque de laiton. Et Nathalie Cluzel, la prof, qui doit bien rire devant ma mine quelque peu impressionnée à la vue desdits outils.

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A l’arrivée, il y a un porte clé qui est archi kitsch, je vous l’accorde MAIS je l’aime évidemment d’amour puisque c’est moi qui l’ai fait !

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Entre les deux, pas moins d’une dizaine d’étapes. Croyez-moi, la tâche n’était pas aussi simple qu’on pourrait le croire !

D’abord, on scie la plaque en laiton. Pas tout droit, nooon, trop facile !, mais tout en courbe, de façon à suivre les contours du coeur. A cette étape, j’ai cassé une petite dizaine de lames… Passion DYI. On lime les contours du coeur pour qu’il soit plus régulier.

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Ensuite, on perce un trou avec une sorte de foreuse (comme chez le dentiste mais en moins flippant) et on scie à nouveau de manière à obtenir un espace où faire passer un anneau.

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L’étape suivante consiste à créer les maillons de la chaîne : vous ne croyez tout de même pas qu’on allait utiliser une chaine déjà toute faite ?!

Pour ce faire, on enroule une tige de métal sur l’outil que vous voyez plus bas, là, et on reprend la scie pour créer les anneaux. 18 lames à nouveau cassées plus tard, on obtient une petite dizaine d’anneaux, qu’il faut ensuite accrocher les uns aux autres et resserrer le plus droit possible. Dans le cas contraire, l’étape d’après est un peu compliquée…

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… parce qu’il faut souder chaque maillon pour qu’ils soient les plus résistants possible !

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Je crois bien que c’est bien la soudure que j’ai préféré faire, à tel point que je me suis lancée dans le découpage de deux nouveaux coeurs pour les souder les uns aux autres. C’est dire.

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Restait ensuite à tremper l’ouvrage dans une solution à base d’acide et de je ne sais plus trop quoi, puis à poncer le tout.

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8 heures plus tard, j’avais mal aux mains, au dos, aux bras, mais je suis repartie riche de cette nouvelle expérience assez dingue. Et d’un nouveau porte-clé-kitsch-mais-c’est-moi-qui-l’ai-fait

A voir les sourires sur nos lèvres, je crois bien que Nathalie a réussi son pari, celui de lever le voile, même rapidement, sur la fabrication d’un bijou, et d’acquérir quelques connaissances sur le sujet !

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De gauche à droite : votre serviteuse, Emilie, Delphine et Nathalie Cluzel, notre super prof.

Voilà, j’espère que ce récit vous aura plu. Qui sait… il vous aura peut être même donné envie de suivre une formation vous aussi ! Toutes les infos (tarifs, contenu des formations etc.) sont sur le site.

MERCI à Laure, à Sandra, Nathalie.

Commentaires

Ça avait l air trop chouette cette expérience !
Et je te comprends pour la soudure: le geste + l odeur associée, c est mon meilleur souvenir des cours de techno/emt au collège ! 😉

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quelle jolie expérience ! c’est là qu’on mesure tout le travail des artisans, des créateurs et tout leur talent. je trouve ton petit coeur pas mal du tout pour une débutante !

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Waouh, ça a l’air super! C’est toujours étonnant de voir que les choses qui ont l’air facile ne le sont pas en réalité et demande beaucoup de travail!! Merci d’avoir partagé cette expérience avec nous. Bisous

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Coucou Deedee! Comme je t’envie! Cette école, je tente d’y rentrer depuis 2 ans maintenant, et je retenterais cette année, haha!

Petit point vocabulaire: La « foreuse » comme tu dis s’appelle « pièce à main ». Elle est montée sur un moteur suspendu souvent, et nous sert à percer le métal comme tu l’as fait; mais aussi à fraiser ou à polir avec des embouts adaptés.

Ensuite, la solution acide dans laquelle tu as mise ta pièce soudée s’appelle le déroché: il permet d’enlever les traces de borax (=le liquide que tu as dû mettre sur le paillon que tu allais souder pour qu’il fonde) parce que si tu n’enlèves pas le borax, tu abîmeras tes outils en limant derrière, et la marque sera galère à enlever: ce sera la cata ^^

Dernier point voca’: le fait d’enrouler une tige de métal pour en faire des maillons comme tu l’as fait; on appelle ça une cannetille 🙂

Voili voilou!

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