Le café en capsule est-il éthique et responsable ?

Lorsque Nespresso m’a contactée il y a quelques mois pour me parler de ses engagements RSE afin que j’en sois ambassadrice, j’ai commencé par refuser : pour moi, les capsules étaient de loin les plus polluantes en matière de café, sans parler de la culture du café qui n’est pas forcément responsable, en cela qu’elle est souvent synonyme de monoculture et qu’elle appauvrit à la fois les sols et les petits producteurs locaux soumis aux aléas d’un marché qui les asservit.

Et puis, j’ai creusé un peu… Et le fruit de mes recherches m’a tellement étonnée que j’ai décidé de vous embarquer avec moi dans cette petite histoire plutôt forte de café ! (Jean Blaguin, pour vous servir). Je vous explique !

 

Le café en capsule Pollue moins que le café filtre

(Attention, breaking news assez dingue, vous voilà prévenus !)

Le sachiez-tu ? Les capsules de café ont beau produire des déchets en aluminium non négligeables et pas encore recyclables dans tous les centres de tri, c’est aujourd’hui un des cafés qui pollue le moins. La raison est simple : pour connaître le véritable impact écologique du café, il faut en effet prendre en compte l’intégralité de son cycle de vie, de sa production jusqu’à la décharge. Or, ce qui pollue le plus dans le café, c’est la culture du café elle-même :  la production de café représente près de la moitié de l’empreinte carbone d’une tasse de café Nespresso. Jusque là, vous me suivez. Ce qu’on sait moins, c’est qu’avec une capsule, on a la juste dose de café, d’eau et d’énergie pour préparer notre café, contrairement au café filtre, dont la cafetière est réchauffée à plusieurs reprises et dans laquelle on met souvent plus de café que nécessaire et plus d’eau. Résultat, l’impact environnemental des capsules de café est moindre, quand bien même leur déchet (la capsule) est plus visible que les déchets générés par le café filtre (café, eau, énergie).

Sources :
– C’est ce que note notamment Alfred Hill, un professeur en génie chimique de l’université de Bath au Royaume-Uni
– A lire aussi, cet article de Notre Planète qui se penche sur le cycle complet de la production du café   

De quoi savourer  notre café en capsule l’esprit un peu plus léger !   

Ça, c’était pour le premier enseignement qui m’a fait tomber de ma chaise. Le deuxième s’est produit lorsque je suis allée visiter le centre de tri géré par le Syctom situé à Nanterre, le premier centre d’Île-de-France à trier les petits emballages métalliques depuis 2015.

Les capsules de café en aluminium sont recyclables

Ce que j’ai appris sur place au centre de tri ? Nespresso a créé il y a 10 ans une nouvelle filière de recyclage, qui permet de recycler tous les petits emballages métalliques. L’aluminium est 100% recyclable et ne l’était pas. Nespresso a rassemblé d’autres acteurs de l’emballage en aluminium et Citeo pour équiper les centres de tri de la machine à courant de Foucault. Il faut savoir que dans les centre de tri, tous les déchets de moins de 6 cm de diamètre ne sont pas recyclés, quel que soit leur matériau ! Aujourd’hui, les centres de tri qui s’équipent de cette machine peuvent récupérer tous les petits emballages en aluminium. Avant ça, la marque proposait déjà son propre dispositif de recyclage en boutique, dans des points relais, des déchetteries, mais seul 1 client sur 5 ramenait ses capsules utilisées.

Aujourd’hui, il est possible de recycler les capsules usagées en les jetant tout simplement dans le bac de tri sélectif ! C’est déjà possible dans 23 centres de tri sur 186, ce qui représente 15 millions de Français qui vivent dans plus de 500 communes, comme à Paris, soit 25% de la population française. Vous pouvez retrouver ici la liste des communes qui proposent le recyclage des capsules et de tous les petits emballages en aluminium.

D’ici 2022, près de 50% des Français pourront trier et recycler facilement tous leurs emballages métalliques. Je vous en reparlerai un peu mieux dans un autre article dédié à ce sujet 🙂  

 

Nespresso est engagé dans une démarche labellisée Fairtrade  

Via notamment son café de la gamme Master Origin Colombia qui regroupe 6 terres de café d’exception et qui est utilisé sur la machine Vertuo, Nespresso s’engage dans une démarche labellisée Fairtrade. Laquelle, comme vous le savez peut être, sert à certifier les marchandises issues du commerce équitable et dont la production répond à certains critères sociaux, écologiques et économiques.

Concrètement, le label implique que les producteurs agricoles cultivent leur terres en respectant des critères environnementaux exigeants dans des conditions de travail décentes, et qu’ils se structurent en coopérative qui va gérer la vie de la communauté.

En retour, la coopérative reçoit une prime de développement, et les fermiers bénéficient d’un prix minimum d’achat du café, une vraie garantie de stabilité pour les producteurs qui subissent moins les fluctuations du marché.

Nespresso s’engage via son programme AAA pour une Qualité Durable co-conçu avec l’ONG Rainforest Alliance

On le sait finalement relativement peu, c’était du moins mon cas avant que je creuse plus avant, mais Nespresso est aussi une entreprise durable et qui s’engage via son programme AAA pour une Qualité Durable co-conçu dès 2003 avec l’ONG Rainforest Alliance.

Pour garantir la production d’un café de haute qualité sur le long terme, il faut que la production soit responsable. C’est pour cela que Nespresso actionne plusieurs leviers : 

Le souci de la rémunération juste. Nespresso paie le café 30 à 40 % plus cher que le prix du marché.

L’accompagnement des caféiculteurs. Plus de 400 agronomes Nespresso forment les caféiculteurs à des pratiques d’agriculture durables sur le terrain et à être plus autonomes dans la gestion économique de leur ferme. L’entreprise investit aussi dans des infrastructures communautaires pour améliorer le traitement du café, et donc sa qualité.

Un café zéro carbone. Depuis trois ans, le café Nespresso consommé en France est neutre en carbone grâce à la plantation annuelle de 500 000 arbres au cœur des fermes de café avec l’entreprise sociale PUR projet. Les bénéfices des arbres sont nombreux : renforcement de la biodiversité, amélioration de la qualité du café grâce notamment à l’ombrage des arbres et à l’enrichissement des sols, lutte contre l’érosion et les glissements de terrain provoqués par les dérèglements climatiques, diversification des revenus pour les producteurs grâces aux arbres fruitiers, captation de l’eau, stockage du CO2 etc.

 

Voilà où ma petite enquête sur le café m’a menée et ses conclusions, loin d’être celles que j’imaginais, m’ont semblées assez étonnantes pour que je les partage avec vous.

Alors oui, bien sûr, on pourra toujours arguer que Nespresso a créé une nouvelle façon de préparer du café et donc, de nouvelles machines qui sont venues remplacer celles que nous utilisions avant, que le meilleur déchet est évidemment celui qu’on ne produit pas et que sur le chemin de la RSE, Nespresso a encore du chemin à faire. Mais on peut aussi se dire que quitte à produire un café, autant le faire dans les meilleures conditions, qui garantissent autant à la planète qu’aux humains qui le produisent et à ceux qui le consomment qu’il est le plus respectueux possible.

Et puis, vous commencez à me connaître…, je suis de celles qui préfèrent voir le verre (ou la tasse !) à moitié plein et qui pensent sincèrement que toute démarche en faveur de l’humain et de l’environnement est forcément un mieux.  

EDIT : Pour que ce soit plus clair, j’ai essayé de dresser une échelle du café le moins polluant au café le plus polluant. Je l’ai établie notamment grâce à cet article de Notre Planète Info que je pense assez indépendant et pertinent. L’histoire ne dit pas où se situent les machines à espresso italiennes par exemple, je continue à fouiller, si vous trouver des indices pertinents n’hésitez pas à les indiquer en commentaire pour que je modifie l’article !

En réalité, je vais jouer un peu les rabats-joie (sorry !) mais il faudrait sacrément lever le pied sur le café. C’est notamment ce qu’explique Fred Vargas dans son livre « L »humanité en péril, virons de bord, toutes !« , je vous mets directement l’extrait :

Article en partenariat avec Nespresso

Commentaires

Merci beaucoup pour cet article ! Dans le bras de fer entre grande consommation et petits producteurs, je suis contente de lire votre analyse qui est plutôt impartiale et positive. Cela permet d’enrichir le débat, car l’éco-responsabilité demeure un domaine complexe et pas forcément manichéen.
(« impartiale », « manichéen », j’ai sorti le dictionnaire, aujourd’hui !)

Répondre

ahah ça marche aussi 🙂 Et merci pour votre commentaire

Merci pour cette étude bien documentée
Mais qu en est il des effets de l aluminium chauffé sur notre santé (j ai cru comprendre que c’était très mauvais) qu en penses tu ?
Quel est la position de nespresso sur le sujet ?

Répondre

Bonne question. Je me renseigne, du côté de Nespresso mais pas seulement 🙂

2

Donc un surdosage de café et d’eau a plus d’impact sur environnement que l’extraction, le transport, la transformation et le recyclage de l’aluminium ? Trèèèèèès logique !
Sinon y’a Evian qui cherche des ambassadeurs pour faire croire que c’est cool de vendre des bouteilles en plastique pour les recycler.
Le meilleur des déchets est celui qu’on ne produit pas.
Je trouve que Nespresso va dans le bon sens en permettant le recyclage des capsules, qu’ils communiquent sur ça ! Dire que c’est le moyen le moins polluant de faire du café c’est se foutre de gueule des gens et ça c’est inacceptable !!!

Répondre

Je crois qu’on a déjà eu cette discussion sur IG mais je réponds à nouveau quand même : ce n’est pas Nespresso qui dit ça, ce n’est pas ce que j’ai écrit. C’est moi qui cherche à faire le tri et qui ai trouvé quelques études (notamment celle que je cite) sur le sujet. J’ai parlé du cycle complet de la production du café, de son extraction à sa consommation. Et il faut mettre en balance aussi le fait que Nespresso va clairement dans le bon sens aussi parce que permettre de recycler ses capsules permet de recycler les petits objets en aluminium qui n’étaient pas recyclables jusqu’à présent.

Pour finir, le meilleur déchet est évidemment celui qu’on ne produit pas et à ce train là, c’est toute notre consommation qu’il faut revoir : le café tout court n’est pas très green friendly (tu peux lire aussi le passage du livre de Fred Vargas à ce sujet).

Oui l’aluminium pas top pour la santé…nespresso a quand-même créé un nouveau besoin de consommation…donc je reste team café filtre avec filtre bio-degradable

Répondre
1

Le café soluble est clairement la solution la moins polluante à ce jour ! Le but de l’article était aussi de mettre en lumière le fait que es capsules ne sont pas aussi désastreuses qu’on le pense, même si le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas 🙂

Soyons clairs, pourquoi Nespresso a créé les capsules de café ? Pour créer une clientèle captive.
Pendant très longtemps, seules leurs capsules étaient compatibles avec leurs machines expresso, qu’ils vendent d’ailleurs très peu cher voire qu’ils offrent contre abonnement à des capsules.
Donc ils ont créé tous seuls une nouvelle source de pollution (jusqu’alors, on n’avait pas besoin de capsule pour faire un café expresso !!) et maintenant il faudrait leur donner l’absolution parce qu’ils les recyclent !!! dans le genre GROS greenwashing, ça se pose là….

Répondre

Oui. Mais alors du coup on les laisse continuer à polluer ou on salue les initiatives qui vont dans le bon sens ? Je n’ai pas choisi la voie la plus facile mais je trouve ça important de montrer que certaines entreprises font des efforts réels pour l’environnement et l’humain. Alors bien sûr, ça n’est pas parfait, il reste du boulot, ça reste un business (les marques sont rarement philanthropes) mais je pense que c’est important de les encourager en ce sens. Surtout qu’ici, je me réjouis (sincèrement !) de voir que j’ai des lectrices engagées mais c’est encore loin d’être la majorité. Il n’y a qu’à voir le nombre de personnes qui boivent encore du coca… au hasard !

Ben la vraie solution s’ils veulent vraiment faire des efforts, ce serait d’arrêter les capsules, non ? Mais bon, ça ne risque pas d’arriver, trop d’argent en jeu !!
Il n’y a plus qu’à espérer qu’un jour le consommateur fera lui les bons choix…d’autant que ce n’est pas donné les capsules….

2

du coup j’ai presque envie de dire : Vive la Chicorée ! 🙂

Répondre

ou vive le café turc, une petite cuillère de café en poudre au fond du mug, de l’eau bouillante, on mélange, on tape la tasse trois fois, on attend 5 minutes que le marc retombe au fond de la tasse, on boit, on jette le marc dans le compost.
Quant à l’alu alimentaire, il est banni chez nous par principe de précaution (mon beau-père travaillait pour l’industrie aluminium et a été le premier à boycotter l’alu à usage alimentaire il y a au moins 20 ans) en raison du constat de taux particulièrement élevé d’aluminium retrouvé dans les tissus cérébraux de personnes atteintes d’Alzeimher. Je ne sais pas si des études scientifiques sont venues établir de manière documentée le lien entre les deux, mais il est à l’usage très facile de ne plus utiliser d’alu, alors dans le doute…

Non, c’est bien là le souci : de ce que j’ai pu lire et comprendre sur le sujet, il y a clairement des suspicions de liens entre certaines maladies (notamment Alzeimher indeed) et l’aluminium mais aucune étude ne vient les confirmer. On a pensé pendant des années que l’aluminium était un élément neutre ce qui n’est visiblement pas le cas : dans quelle mesure ? C’est la question ! Emballages, barquettes, vaccins, micro ondes, capsules de café… On peut en supprimer beaucoup par principe de précaution mais pas tout… On trouve de l’alu partout ! Il appartient à chacun de faire ses choix en matière de consommation et d’usage selon ses convictions même si je te l’accorde, ce serait bien qu’on ait enfin un avis fiable sur le sujet.

Ahah Véro :p

Coucou ! Merci pour ces infos. Toujours intéressant d’avoir le point de vue de l’industriel qui est souvent de bonne foi,même si sa rationalité reste assez limité à ses capacités et enjeux industriels. Mais je me permets de remarquer en lisant ces études (merci pour les liens !) que ce n’est pas le café moulu qui est le plus polluant si on évalue la dépense énergétique et le gaspillage mais bien la cafetière électrique. Le plus de la nespresso c’ets le dosage « nudge » (bien dosée sans y penser) (ça marche aussu pour la lessive et les cosmétiques… le juste dosage ets la clé). Mais si on utilise une cafetière à poussoir ou italienne et qu’on respecte les doses et qu’on achète responsable (malongo est assez bon marché de ce point de vue), la capsule nespresso et la machine sont à mon avis moins performante en termes d’eco impact. La fabrication de la machine, l’extraction de l’aluminium, le cycle de vie de la machine aussi qui ne doivent pas être clean clean non plus…

Répondre
1

Oui c’est tout à fait possible. Merci pour ton commentaire 🙂

Coucou, je trouve ton analyse assez interessante, et je suis ravie de voir que Nespresso essaie d’évoluer dans le bon sens 🙂
J’ai également vu que certaines machines proposées désormais des capsules réutilisables. Il s’agit de mettre son café dans la capsule. Une fois utilisée, on la lave et ainsi de suite. Comme une boule à thé quoi 🙂

Répondre

Petite remarque sur le fait que le filtre et le café sont des déchets, tout dépend de ce qu’on en fait après utilisation. Le mou de café est un excellent booster pour les plantes. On peut le mettre directement dans le pot ou le composter. Il en est de même pour le filtre qui est du papier.
C’est au point que quand j’utilise des dosettes je les « ventre après usage pour récupérer leur café.

Répondre

Hello Delphine,
Merci pour cet article. La solution la plus eco responsable que j’ai trouvé est la traditionnelle cafetière a piston. Juste dose d’eau, marc de café réutilisable dans les plantes et cafetière presque éternelle à condition d’en prendre soin. Associée à l’achat de café auprès de torréfacteurs responsable c’est aujourd’hui une bonne solution à mes yeux. Sachant que l’empreinte carbone du café ne sera jamais réduite à zéro compte tenu des zones où il est produit…
Quant à Nespresso j’ai une vraie interrogation sur l’impact des microparticules d’aluminium (cf autre commentaire plus haut) et sur le recyclage des machines et l’obsolescence programmée de celles-ci…
J’avais commencé à écrire un commentaire plus détaillé sur IG mais l’application à planté j’ai abandonné…

Répondre

Oh merde, désolée pour le plantage.. Si tu as la foi n’hésite pas à étayer ici ! Sur l’aluminium, je te remets ici ce que je disais en commentaire IG : de ce que j’ai pu lire et comprendre sur le sujet, il y a clairement des suspicions de liens entre certaines maladies (notamment Alzeimher) et l’aluminium mais aucune étude ne vient les confirmer. Ce qui est sûr, c’est qu’on a pensé pendant des années que l’aluminium était un élément neutre et ce n’est visiblement pas le cas : dans quelle mesure ? C’est la question ! Emballages, barquettes, vaccins, micro ondes, capsules de café… On peut en supprimer beaucoup par principe de précaution mais pas tout… On trouve de l’alu partout ! Il appartient à chacun de faire ses choix en matière de consommation et je respecte complètement qu’on fasse le choix d’arrêter les capsules de café, dans le doute !

J’ai commencé la lecture de l’article en étant certaine de la réponse : bien sûr que le café en capsule n’est ni éthique ni responsable ! Et finalement, j’ai nuancé mes opinions devant les faits avancés. C’est chouette que les grosses boîtes comme Nespresso avancent dans le bon sens et prennent des initiatives en faveur d’une production durable. Et c’est aussi chouette de le faire savoir ! Merci Delphine 🙂

Répondre

Répondre à Laurie Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

quis libero amet, ipsum nunc Sed ut