Les marques, les formules de leurs produits et leur transparence : le cas de Bioderma

Voilà quelques semaines déjà que je me suis rendue à Aix-en-Provence, sur les terres de Bioderma, pour rencontrer les équipes qui fabriquent les produits de la marque et visiter le centre de production. J’ai publié quelques stories le jour J et vous avez été plusieurs à me demander un compte rendu un peu plus précis… vos désirs sont des ordres ! (Enfin celui-ci, du moins^^).

Nous avons été quelques-unes à répondre à l’invitation de la marque de nous faire découvrir l’envers du décor. A l’heure où la méfiance des consommateurs (y compris la mienne !) grimpe en flèche sur la transparence des marques et la composition de leurs produits, vous imaginez bien à quel point j’ai été plus que ravie de pouvoir poser toutes les questions qui grattent aux personnes qui nous ont reçues ! Oui, dans un groupe, je suis toujours celle qui l’ouvre… C’est parfois un peu embarrassant mais je vous dois cette transparence qui me tient à coeur, en plus de me tenir à coeur personnellement. Je vous le dis souvent, mais je crois qu’on a été trop longtemps coupés des circuits de production, quels qu’ils soient, et lever le voile fait partie de mes activités préférées au quotidien. Je vais finir par travailler pour Enquête Exclusive… !

Pour l’heure, voici donc un petit compte rendu plus précis qu’en stories.

En préambule, j’ai appris que Bioderma est une contraction de BIOlogie et DERMAtologie. La marque, créée en 1977 par Jean-Noël Thorel vise à proposer des soins efficaces et durables pour apporter une tolérance optimale, d’une part, mais aussi recréer un écosystème équilibré. En d’autres termes, Bioderma vise à régler les problèmes de la peau sans ajouter sans cesse de nouveaux produits dont l’utilité serait plus ou moins avérée. Jean-Noël Thorel est parti de sa propre problématique : il est roux, il a une peau réactive et sensible et il ne trouvait pas toujours les produits qui lui étaient nécessaires sur le marché. Depuis, la marque a évidemment évolué et ne s’adresse pas qu’à des peaux malmenées, mais sa philosophie reste la même : elle propose des produits qui respectent totalement la peau grâce à un mimétisme biologique, que se apelurio  « l’écobiologie » (je vous ai perdu ou ça va ?!).

Je dois dire que ce premier enseignement m’a plu : partir du besoin de la peau vs d’une expression marketing est forcément intéressant.

Nous avons ensuite pu visiter le laboratoire où sont développées toutes les nouvelles formules de la marque. Sur place, les équipes élaborent et testent les formules des produits existants pour les faire évoluer, ou pour en créer de nouveaux. Chez Bioderma, un produit met environ 2 ans à être développé, de l’expression de besoin à l’élaboration de la formule, en passant par la production. On comprend mieux là encore l’exigence du besoin vs l’envie marketing et la recherche de nouveautés à tout prix ! (Certaines marques ont des délais bien plus courts pour un lancement de produit, si je n’ai pas été assez claire).

Pour comprendre l’importance de tel ou tel ingrédient dans une formule, nous avons mis la main à ma patte ;  c’est évidemment une des activités que j’ai préférée et qui m’a permis de répondre à quelques questions que je me posais : on critique beaucoup les conservateurs, par exemple, mais ils permettent une innocuité du produit qui n’est pas effective sans. Lorsqu’on ouvre un pot de crème hydratante pour le visage, toujours par exemple, on met ses doigts dedans, lesquels, même propres, laissent jour après jour des impuretés dans le produit qui peuvent finir par ne plus garantir l’efficacité d’une formule, voire générer des effets secondaires sur la peau (réactions allergiques, par exemple). Alors bien sûr, tout est question de mesure et de dosage, et c’est bien ce que nous avons pu appréhender pendant cet atelier.

A la question de savoir pourquoi certains produits étaient mal notés dans Yuka, notamment, j’ai pu comprendre que la marque travaillait sans cesse à des formules qui soient les plus respectueuses possibles de l’homme et de l’environnement, sans pour autant perdre en efficacité. Par exemple, l’eau présente dans la fameuse eau micellaire de la marque est celle… d’Aix-en-Provence ! Elle est traitée sur place, en circuit court, pour obtenir une eau pure à 100%.

J’ai prévu de rédiger un article sur les applis beauté (Yuka, Que Choisir, INCI, qui sont les trois que j’utilise le plus fréquemment) mais en synthèse, si je les trouve absolument fondamentales dans cette recherche de transparence à laquelle n’importe quel consommateur doit avoir accès, elles sont aussi souvent biaisées. Yuka, notamment, ne pondère pas ses résultats. Pour vous résumer l’idée rapidement, les ingrédients estimés dangereux ne sont pas mesurés ; concrètement, un ingrédient peut être « à risque » uniquement à partir d’un certain dosage, mais être mal noté même s’il est présent en quantité infinitésimale dans un produit et qu’il ne représente pas de danger à l’utilisation. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut plus utiliser ces applis, je crois au contraire qu’elles permettent déjà de nous amener 1/ à nous poser les bonnes questions sur la composition des produits que nous utilisons, et 2/ à acquérir ce réflexe, enfin, de ne plus tout prendre pour argent comptant et d’inciter les marques à plus de transparence pour avoir des produits plus clean ! Mais il convient de pondérer les résultats et d’apprendre à les interpréter. Je vous prépare notamment une petite liste des ingrédients à bannir totalement et ceux pour lesquels on peut respirer sans avoir l’impression de s’inoculer un poison (parce que je ne sais pas vous mais perso, je flippe à chaque fois que j’applique une crème sur ma peau…!).

J’ai légèrement glissé, pardon, le sujet me tient à coeur… ! Tout ça pour dire que j’ai aimé cette visite et la rencontre avec les équipes de Bioderma parce que je les ai senti sincères dans leur démarche, parce que l’ADN même de la marque est axés sur l’efficacité et les besoins de la peau plus que sur des nouveautés à nous refourguer coûte que coûte, parce qu’en terme de production, la marque travaille en circuit court et fait évoluer les points qui doivent l’être (aujourd’hui par exemple, les packagings sont réduits mais encore trop nombreux, et seuls 20% sont issus du recyclage. On peut rarement monter à plus de 50% aujourd’hui, mais il y a une marge de progression, donc !), parce que j’ai eu beau être invitée, je n’ai pas laissé ni mon cerveau, ni mon libre arbitre et encore moins mes questions sur le pas de la porte.

Voilà, j’espère que ce compte rendu un peu plus précis vous aura plu ! N’hésitez pas à me faire part de votre avis dans les commentaires, je sais que c’est plus facile sur Instagram mais les blogs, ça sert à ça, aussi 🙂

Un énorme merci à Bioderma pour cette visite passionnante, c’est génial de pouvoir lever le voile sur les composants et les process de fabrication !

Article en partenariat avec Bioderma. 

Commentaires

1

Bonjour, je trouve dommage que tu ne sois pas vraiment critique, alors qu’au regard d’études réalisées par les associations de consommateurs , il semblerait qu’il y ait plus de choses à dire sur les risques liés à l’utilisation de certaines crèmes…

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Bonjour Alice, qu’aurais tu voulu avoir comme informations, par exemple ? De quelle crème en particulier parles-tu ? La visite ne portait pas sur une crème en particulier mais je peux me renseigner.

Pour Deedee : je pense un article plus détaillé. Par exemple, les conservateurs peuvent être nécessaires mais comment faire le tri entre les uns et les autres ? Quid de l’utilisation de perturbateurs endocriniens ? Tous Bannis, certains ou pas du tout ? Pour quelles raisons ? En bref, mieux comprendre la démarche de la marque dans une époque où il est devenu banal de questionner les compositions.

J’aime bien Bioderma, alors que je me tourne d’habitude plus vers la cosméto bio. Leurs produits conviennent bien à ma peau sensible. Après c’est vrai que niveau compo j’ai du mal à faire la part des choses entre ce que nous disent les marques (forcément biaisées) et les applis et autres (qui ne sont sans doute pas parfaites non plus).

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