La carte et le territoire, Michel Houellebecq

« Alors, il est comment, le dernier Houellebecq ? »

Voilà précisément la raison pour laquelle j’évite de lire les « nouveautés ». Trop de battage autour de ces livres là, trop d’articles, d’avis, de critiques plus ou moins avisées. Quand de surcroît ils sont en plus primés, là, on frôle carrément l’overdose dans les dîners de Georgette-qui-se-la-pète (tiens, ça faisait longtemps !).

Et puis… pan, dans les dents ! J’ai résisté plutôt vaillamment à l’appel de la « nouveauté ». Et quelques semaines plus tard, au hasard des rayons de ma librairie préférée, La carte et le territoire s’est rappelé à moi. Et je l’ai acheté.

Car voyez-vous, malgré tout, j’aime les écrits de Houellebecq. Ma seule grande déception en la matière est la Possibilité d’une Ile que j’ai trouvé profondément… je ne sais pas, ennuyant ? Mais là n’est pas le sujet.

J’ai globalement été surprise par ce livre. Plutôt dans le bon sens.

La carte et le territoire compte (et conte !) deux histoires totalement différentes… enfin presque. Les personnages sont, comme souvent dans les romans de Houellebecq, totalement barrés. Un peu tête à claque, un peu, voire beaucoup, en marge de la société. Mais finalement assez attachants.

En l’occurrence, j’ai aimé cette façon qu’à l’auteur de se mettre en scène et de parler de lui. Totalement cocasse, voire un poil touchant (je sens que cet adjectif ne remportera pas l’adhésion de la majorité des lecteurs de Houellebecq !).

Et puis, je crois que j’aime Houellebecq pour cette capacité qu’il a de mettre en scène le sordide, qu’il soit factuel ou qu’il ait trait à une situation en particulier.

Je ne dirais rien de plus, je n’ai pas envie de gâcher la surprise du final.

Je dirais simplement que je ne regrette pas d’avoir succombé à l’appel de la nouveauté !

Ce que dit la 4ème de couv’ :
Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l’histoire, il commencerait peut-être par vous parler d’une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.
Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d’une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C’était avant que le succès mondial n’arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l’écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l’exercice de leur profession.
Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police.
Sur la fin de sa vie il accédera à une certaine sérénité, et n’émettra plus que des murmures.
L’art, l’argent, l’amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.

Commentaires

Je suis en plein dedans , je pense avoir fini la premiere partie du récit que je trouve assez surprenant , je ne sais que penser que la description qu’il fait de lui même ….

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J’avais adoré la justesse de « l’extension du domaine de la lutte »,mais les scènes sadiques exhibées avec complaisance des « particules
élémentaires » m’ont glaçée; alors je vais feuilleter avant de décider.
J’ai relu ta critique à propos « D’autres vies que la mienne » d’Emmanuel Carrere, certes trés narcissique mais ne penses-tu pas qu’il décrit magnifiquement l’éveil de la compassion ( à sa surprise!) ?
(J’évoque ce livre que j’ai adoré malgré des scènes difficiles)

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Il y a un peu de gore dans celui-ci aussi. Mais juste un peu 🙂

Moi j’ai été très déçue… S’il y a indéniablement des fulgurances, j’ai trouvé qu’il y avait des passages vraiment très mal écrits, presque caricaturaux (la présentation du couple de restaurateurs homos, notamment). Du coup, ça m’a un peu bloquée… (pour ne pas dire complètement 😉 ) et j’ai été plus que surprise qu’il remporte le Goncourt…

En revanche, j’ai beaucoup aimé le dernier Matthias Enard que je te recommande (Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants). J’ai fait deux petits papiers sur mes ressentis sur ces deux ouvrages sur mon blog.
Belle journée Deedee !

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Ah, je note, merci pour ta piste !

Ca me rassure de voir que tu trouves bon, ce livre. Je ne l’ai pas lu parce que je n’aime pas Houellebecq, le personnage et que son caprice pour avoir le Goncourt était plus que ridicule. Mais si il est vraiment bon ce bouquin au moins, on peut dire qu’il est mérité ce prix (quoique en lisant le compte-rendu de la délibération du grand prix du style chez l’ami Thomas, on se dit que tant d’autres critères que l’écriture rentrent en compte dans ces cas là).

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Oui, les coulisses des prix littéraires ne sont pas forcément glorieuses.. !

Contrairement à toi, j’ai du mal avec Houellebecq, peut-être justement pour sa capacité à narrer le sordide. Je vais quand même lire celui-ci (toutes les critiques sont excellentes 😉
Bonne journée

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Tu me diras 😉

perso, je me tate encore… je n’ai jamais lu Houllebecq je ne sais pas si c’est le bon pour commencer avec lui…
Par contre je me suis laissée tentée par « La ballade de Lila K » il y a quelques jours et franchement je ne regrette pas! Ca se lit facilement, comme un conte,c’est parfois un peu naif. les personnage sont hyper touchants et l’univers même un peu barré reste assez proche de notre vie actuelle… bref, une petite merveille… j’adore !!

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Merci pour la piste 🙂

« Touchant » est un adjectif qui ne me choque pas concernant Houellebecq. Il est un melting-pot de contraires et peut aussi susciter cette impression. 🙂

J’ai le même sentiment que toi pour « La carte et le territoire ». En même temps, c’est certainement son livre le plus pomponné et porté par une arrière-pensée de récompense.

Pour faire connaissance avec son style, je trouve que les « Poèmes » édités chez Librio sont parfaits. J’ai commencé comme ça, par hasard (alors que j’étais très méfiante !) et rien à dire : cet homme sait écrire et sait observer la vie.

Bonne journée Deedee !

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Oui, je suis d’accord avec ton « pomponné ». Je l’ai ressenti comme ça également.

Et je n’ai pas lu les Poèmes.. je file l’acheter !

Bon, j’en suis à la moitié du livre, et comme j’ai du boulot pas eu le temps de continuer, j’ai trouvé ça un peu lassant, du coup je ne sais pas si je vais continuer…bises

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Continue, la deuxième partie est plus rythmée 🙂

Je déteste Houellebecq mais j’adore son nouveau roman.

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J’adore Houellebecq. Et ce dernier opus est vraiment brillant 🙂

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J’ai été agréablement surprise, même si je trouve le tout un peu bordélique!

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Oui, c’est vrai !

Merci, tu m’a donné envie d’acheter ce livre !

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Bonne lecture 😉

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