Pour ou contre la Twitterature ?

Quand deux étudiants se penchent sur les deux « essentiels  » de leur époque, il en résulte la Twitterature.

Alexander Aciman et Emmett Rensin, 19 ans, racontent avoir eu une idée de génie en identifiant d’un côté, la littérature, et de l’autre… Twitter, comme étant les deux caractéristiques principales de leur époque. Le but étant de « réunir une bonne fois pour toute les deux grands piliers de notre génération ».

Bingo : leur livre, Twitterature, a été publié il y a quelques mois en Angleterre et aux États-Unis. Et la VF est sortie la semaine dernière. Le 1er avril.

L’idée est tellement énorme qu’on croit à un poisson d’avril… Et pourtant.

En 20 tweets maximum, des œuvres entières de Dante, de Shakespeare, Proust, Stendhal, Joyce mais aussi… de J.K. Rowling sont résumées. En tout, ce sont 70 oeuvres qui on été passées à la fameuse moulinettes des 140 signes.

On trouvera par exemple 20 phrases pour résumer les 513 pages de Madame Bovary.

Quand j’ai entendu la chronique de David Abiker pour France Info sur ce sujet la semaine dernière, j’ai commencé par ruer dans les brancards. Passer des monuments de la littérature à la sauce Twitter, n’importe quoi ! Savent plus quoi inventer ces jeunes.

Et puis… cette idée qu’après tout, pourquoi pas.

Et puis, ce constat que c’est plutôt courageux, pour ne pas dire salutaire ?, de chahuter un tant soit peu la littérature, que dis-je, la Littérature.

Et puis, cette préface d’Erik Orsenna :

«A chaque ligne, on sursaute. On s’indigne. On s’écrie : quelle vulgarité ! quelle lèse-majesté !

Et pourtant, peu à peu, malgré vous, bien malgré vous, le sentiment vous vient que ces textes trahissent moins qu’il y paraît les livres qu’ils  »résument ». […]

Alors vous vient l’espoir, l’espoir fou (…) que ce recueil soit utile. Ayant, de cette manière pour le moins étrange, apprivoisé la littérature, ayant découvert que les chefs-d’oeuvre parlent de nous et par suite nous aident à vivre, vos enfants, peut-être, un jour, daigneront se plonger dans les  »vrais » livres.»

C’est tout le mal qu’on leur souhaite… Même si j’en doute.

Pour l’heure, j’ai bien envie de voir de quoi il retourne (en VO only, si j’en crois les nombreux avis sur la question). Savoir si, de fait, j’ai eu raison de pousser l’investigation un peu plus loin. Ou si j’aurais du laisser ce livre de côté pour ce qu’il est : un délire d’étudiant.

Je vous tiendrai au courant, évidemment.

Ce que dit la 4ème de couv’ : Vous aimez les grands livres ? Vous manquez de temps ? Alors vous allez rire !
À 20 ans, nous nous sommes emparés de 75 chefs-d’oeuvre de la littérature mondiale pour en extraire avec Twitter, la quintessence.
Sacrilège ? Imposture ? Du monde grec à Shakespeare, Voltaire ou Proust, parodie, sarcasme et insolence sont la marque de l’esprit occidental.
À l’ère de l’info-déluge et du tout numérique, en 2 mots comme en 140 signes, la TWITTÉRATURE présente la littérature minute !

Post scriptum : je suis la seule à accuser le trop-plein de chocolat ?!

Commentaires

oué nous on avait le profil à l’époque ! loool

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Alors, rien à voir, si je peux me permettre !

Pas emballé par le concept de twittérature… mais merci pour ce billet, qui m’a permis de mieux cerner le truc! Et de mon côté, je me tâte toujours pour savoir si je dois m’inscrire sur ce machin nommé Twitter, par exemple pour faire de la publicité à mon propre blog.
Et question chocolat, je n’accuse pas de trop-plein! J’ai plutôt profité du week-end pascal pour traîner à la piscine, travailler sur mon mémoire de mastère et faire un peu de promenade. Cela, sans oublier la tenue des grandes orgues le matin de Pâques…

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Je ne pense pas que Twitter soit utile pour faire de la pub pour son blog. Enfin, ça n’est pas l’utilité que je lui vois.

Nope, t’es pas la seule 😉
L’idée de ce livre est plutôt intéressante. J’attends ton avis. Si j’ai une petite aujourd’hui ou demain, j’irais le feuilleter à la librairie du coin. Tu as éveillé ma curiosité avec cette note 😉

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Oui, idem ! Te dirai 😉

J’avoue que je suis intriguée (comme toi, le sujet de David Abiker m’a interpellée), et que j’irai bien faire un tour des pages pour me rendre mieux compte du truc.

En VO, tu dis ? ok, then ! 🙂

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Oh ben you know, je suis sooo fluent alors bon…!

« Mais quelle c******e ! » (je suis polie) c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit. Et puis au final pourquoi pas ? Ca m’intrigue en tout cas et ça me donne envie de parcourir quelques pages la prochaine fois que je me rends dans une librairie. Donc merci pour l’info 🙂

Quand à Twitter, je n’ai pas complètement saisi son intérêt … Je dois pas être très futée pour le coup 😉

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Pfff la pauvre fille, quoi ! 🙂

Nan, en vrai, moi aussi je cherche la vraie utilité de Twitter. Je n’ai pas encore trouvé. Je te tiens au jus ! 🙂

Ouais, je suis pas spécialement mais j’aimerai lire ça de plus près !

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J’ai envie de voir, moi. Je suis un peu perplexe, mais pas complètement contre (comment ça, je radote ?!)

alors pour le chocolat, je te rassure tu n’es pas la seule, je ne peux plus voir un oeuf…
pour cette « twittérature », il y avait justement un article dessus dans le 20 minutes ce matin ! je trouve l’idée plutôt amusante mais j’ai bien peur que celà soit très décevant…

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Mince, j’l’ai pas lu, ça m’intéresse ! Merci

Et si, et si, et si… Twitter (et les statuts FB et autres voies insondables du microblogging) ne servaient pas juste à résumer les grandes oeuvres, mais aussi à en créer de nouvelles? Le microblogging comme… genre à part entière!!! Si je dis ça, c’est parce que c’est l’hypothèse qu’un collègue littéraire soutient dans cet article (http://www.fabula.org/Microblogging.pdf). C’est par forcément le texte le plus mainstream, lisible-en-un-trajet-de-métro qui soit, mais l’idée est quand même assez marrante, et bien défendue!

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Oh ben vrai. Je vais lire ça, merci !

Merci pour votre avis sur Twitter et le blogage!
Sur ce, je m’en vais me balader un peu sur votre blog…

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Bonne balade !

Hum… je suis perplexe.
J’aimerais bien en savoir plus sur le sujet. Je crois donc que je vais chercher à avoir plus d’infos encore. =D

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Oui, j’ai envie d’en savoir plus aussi 😉

La chronique de David Abiker m’a également piqué, j’en ai parlé dans mon blog à sa sortie d’ailleurs, et je trouve que le concept n’est pas à voir comme une apologie du tweet ou bien une désacralisation de l’oeuvre.

Je vois ça comme un bouquin potache avec des raccourcis caricaturaux pour faire rire plus que pour faire toucher aux lecteur la profondeur des oeuvres. La curiosité envres les oeuvres originales peut venir après, j’en doute un peu mais c’est possible.

Sinon, dans l’entretien accordé à Abiker mais aussi à 20 minutes, Alex Aciman refusait de se considérer comme de la culture twitter ou geek, malgré ce qui est indiqué sur la couverture allant même jusqu’à dire que la machine à tweets est « vulgaire et ennuyeuse ». Le but affiché du format est le buzz et la volonté de vendre ce qui doit se prendre comme un livre de blague…

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Merci pour ces arguments. Je vais aller lire ta note, tu as piqué ma curiosité.

Salut les filles 😉

J’ai eu la chance de rencontrer l’Editrice de la Twitterature ( France Roque), avant la sortie du livre, ce qui m’a permis de
lui proposer la mise en pratique de mon concept de WebKiosque.
Nous pourrions ainsi apprécier l’éfficacité de celui-ci sur la sortie d’un livre.
Je vous explique cela car je pense que ce que j’ai mis en place et documenté en ligne pourrait interresser DF ainsi que toutes celles et ceux qui cherchent à donner un maximum de visibilité à leur blog.
Vous trouverez une mindmap de la structure ici :
http://www.mindmeister.com/fr/42715041/la-twitterature
NB: Le projet est ouvert et toute participation est la bienvenue… work in progress !

Pour en revenir à La Twitterature, si vous souhaitez vous faire une idée du contenu, rendez-vous chez Zinio, il y a moyen de lire en ligne quelques pages http://bit.ly/etwitterature

Christophe Delire, Webxplorateur
Optimistre des Communications
Optimistan, Etat de Conscience

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J’ai rien compris, mais ok.

Je trouve ça génial comme concept ! Je ne le vois pas comme une vulgarisation d’oeuvres littéraires mais comme un bouquin à part entière construit sur un écrit d’un genre nouveau.

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J’adore vos réactions 🙂 Je crois que c’est exactement pour ça que j’aime plus que tout le blog 🙂

Y’a que moi qui trouve que les smiley souriants (comme ceux que tu as mis dans ta réponse au dernier commentaire, Deedee) ont l’air carrément diaboliques, limite flippants? Quoi, je suis hors-sujet?!? Ok, je sors.

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Ah ah, j’avoue que je ne les avais pas vus sous cet angle mais… comme je ne suis pas une aficionada des smileys, l’idée me plait plutôt !

Personnellement je trouve le concept plutôt amusant, j’ai d’ailleurs fait un article à ce sujet sur mon blog. A mes yeux c’est une forme nouvelle de pastiche et pour ce que j’en ai lu, c’est assez réussi. Le résumé en tweets d’Harry Potter est particulièrement savoureux, je vous le conseille…

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Merci pour ton retour.

Hmm, je suis un peu sceptique… A la base, je ne suis pas très emballée par les bouquins de type  » Les 100 livres à lire impérativement (pour « briller en société » et les caser dans les dîners pour faire « bien », hum hum –)… résumés en 23,5 pages ».

Je comprends bien que les gens puissent manquer de temps, mais j’envisage la lecture comme un processus, une activité qui nécessite du temps et qui n’a de sens que si l’oeuvre est lue intégralement. L’oeuvre érigée au rang de « chef d’oeuvre de la littérature » comme le dit la couverture n’aurait pas pu l’être si chaque page, chaque paragraphe, chaque mot n’avaient pas été pesés par l’auteur.

Je serais bien curieuse de voir comment est « résumé » Proust, ça n’a pas de sens, l’écriture proustienne n’est pas une narration successive d’événements qui pourraient se prêter à un résumé, il ne se passe rien à proprement parler. La Recherche du temps perdu n’a de sens que si tous les tomes sont lus. Alors certes, lire Du Côté de chez Swann est déjà une belle performance, mais ça ne reste que le premier tome de La Recherche et tant qu’on n’est pas encore arrivé au dernier mot de ce monument, on ne peut pas dire qu’on a LU l’oeuvre et qu’on la connaît.

Cela dit, si ce livre donne envie à ses lecteurs de se plonger dans la lecture complète des oeuvres présentées, ce serait une bonne chose. Si j’ai l’occasion, je jetterai quand même un coup d’oeil, car ce commentaire est juste un sentiment général. Il vaudrait mieux se pencher sur ce fameux livre pour asseoir ou non mon opinion… !

(En relisant mon commentaire, je me trouve un peu dure, je m’en excuse d’avance… « Déformation universitaire » si je peux dire les choses comme ça !)

En tout cas, merci pour la découverte, ce que je retiens est l’influence toujours plus grandissante de Twitter !

Bises Deedee

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Alexander Aciman, un petit monsieur bien bidon !

J’ai eu l’occasion de le voir et de l’entendre dans l’émission « C à dire » animée par Thierry Guerrier sur France 5. Pour pasticher le regretté Coluche parlant de Roger Gicquel et de son air triste, Alexander Aciman donnait l’impression qu’un avion venait de s’écraser à ses pieds. On ne pouvait pas faire plus triste. Malgré son costume trois pièces cravate, bien étriqué (comme son esprit), il respirait le dégoût de vivre, ce sinistre jeune homme. Quand Thierry Guerrier essayait de le faire réagir, par une micro-intrerview sur l’orthographe, comme trop souvent bidon (le « l » d’imbécile vs les deux « ll » d’imbécillité), Alexander Aciman donnait l’impression de n’avoir ni compris ni entendu l’extrait. Quand Thierry Guerrier essayait de parler de dérision, quant aux motivation de la « Twitterature », Alexander Aciman, avec son air désespéré, ne semblait comprendre ni le terme de dérision ni la situation. C’était, pour le coup, d’un comique intense !

J’ai bien souri devant l’ignorance crasse de ce jeune homme en ce qui concerne le « h » aspiré. Je crois qu’il a dit : « un de mes héros préférés (prononcé undemézéropréféré) est Julien Sorel dans le Rouge et le Noir de Stendhal ». Ne pas savoir que le « h » de héros est aspiré, c’est un manque de connaissance. Et donc dire « Zéro » à la place de « Héros », quelle signification psychanalytique !

Et pour finir, quand Thierry Guerrier lui demanda de citer l’oeuvre littéraire qui l’avait le plus marqué, il répondit, de façon bien scolaire (a-t-il lu autre chose que ce que ses profs lui donnaient à lire ?) que c’était « Le Rouge et le Noir ».

Triste à pleurer : un ado très ignorant et plein de certitudes croyant refaire le monde ! Mais que fait la police ?

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