Un léger passage à vide, de Nicolas Rey

Je suis venue à Nicolas Rey par ce passage à vide. Je ne saurais donc tirer de conclusions hâtives sur l’intégralité de son œuvre !

Mais, ce que je peux dire à la lecture de ce léger passage à vide, c’est que je ne sais trop quoi penser des écrits du sieur Rey.

D’un côté, il y a un épatant sens de la formule, je ne peux le nier. Je corne souvent les pages qui ont attiré mon attention pour une raison X ou Y : un bon mot, un fait notable, une galéjade que je veux pouvoir garder facilement à l’esprit.

En l’occurrence, mon livre était truffé de pages cornées tant l’auteur excelle à ce jeu de la formule gagnante. Pas de doute, Nicolas Rey a du style.

J’ai bien aimé, aussi, cette absurdité, ce sens des réalités twistées, malmenées, déchues que l’auteur aborde sans relâche. Cette simplicité apparente, là, qu’on pourrait presque toucher du doigt et qui, pour une raison totalement inconnue, nous passe sous le nez. Parce que rien n’est jamais aussi simple qu’il n’y paraît et que de cette évidence naît un fatalisme que seuls les torturés du ciboulot pourront apprécier. Et j’en suis.

J’ai bien aimé, enfin, cette sincérité qui émane du roman, cette confession d’un enfant du siècle, si je puis dire, sans fard, sans faux-semblants.

En revanche, le plan « pauvre-pubard-cocké-paumé-qui-se-défonce-pour-se-prouver-qu-il-est-vivant » me fatigue. Grandement, même. C’est bon, on a compris, on est tous des cons et la vie c’est moche ça sert à rien et vive les putes. Bon, voilà quoi.

Et puis, je sais bien que je suis une fille désespérément positive mais je ne peux m’empêcher de penser que d’aucuns sont l’artisan de leur propre malheur, et que le « bonheur », si je puis dire, demande à tout le moins qu’on soit disposé à le recevoir.

Loin de m’attendrir, les handicapés du bonheur me crispent, je crois. Car il existe une nuance entre dénoncer une absurdité certaine et frôler le nihilisme. Enfin je crois.

Reste que dans Un léger passage à vide, la noirceur est mâtinée d’espoirs fugaces, parfois. Ouf. Mais il y a ce je-ne-sais-quoi qui m’empêche d’adhérer pleinement au propos.

Ce que dit la 4ème de couv’ : Confession d’un enfant du siècle, c’est le plus personnel, le plus intime des livres de Nicolas Rey qui se raconte ici pour la première fois, avec une sincérité qui émeut, sans aucun fard. On y retrouve les thèmes qui lui sont chers, l’ambiance de ses romans, la vulnérabilité et la lâcheté amoureuse, les textos dans la salle de bain, le foot, Paris, l’amitié fusionnelle…Mais surtout, on y retrouve cette petite musique, cette grâce concise qui lui est propre, une manière de rendre universelle une sensation fugace, la vie ordinaire.

Commentaires

Je l’ai lu aussi il y a quelques mois, et suis à peu près d’accord avec toi, sauf que j’aurai mis une note « nulle »…
Car oui le monsieur a un certain style, mais au bout d’un moment bin ça va bien cinq minutes, ça lasse. Sa fake mélancolie à 2€50, les 2 premières pages ok, le reste ça soule…
Rien de nouveau : un mec un peu hype perdu dans un monde de pseudo autres mecs influents, entre came et femmes……………………………………..
Pfiou………………………………………………..
Enfin voilà quoi 🙂

Répondre

Sur tes conseils, je finis no impact man que je ne regrette pas du tout.
A te lire cette fois, je comprends que ce n’est pas la peine d’investir dans celui-ci ! Merci c’est toujours bon à savoir !
Je commence demain « Saules aveugles, femmes endormies » de Murakami, déjà lu ?

Répondre

Je suis comme toi toujours dubitative sur les romans de Nicolas Rey. J’avais lu avec beaucoup d’intérêt « treize minutes », puis avec un peu moins d’intérêt les suivants. Comme Roxanne, je suis vite lassée du discours « pôvre de moi petit mec faussement beau un peu hype qui traîne dans un milieu de mauvaises personnes qui me pervertissent et en même temps j’aime bien ça et c’est mon fond de commerce ». Bof. reste que j’aime bien l’écouter le matin chez Pascale Clark, et que c’est sûr, il a bien le sens de la formule qui fait mouche…

Répondre

Je l’ai lu et je l’ai trouvé pas mal du tout, j’ai bien adhéré à l’histoire et à cette errence.

Répondre

Euh en même temps en lisant « hell » de lolita pill, je me suis sentie très concernée.. alors bon, peut-être que ce libre me fait faire des ricochets avec les sentiments, la vie, les difficultés

Répondre

Pour avoir rencontre le bonhomme, je pense que sa demarche est sincere et qu’il a eu pas mal de soucis dans la vie mais cela ne l’empeche pas d’etre brillant…apres je t’avoue ne pas avoir lu le livre 🙂

Répondre

Je viens de le lire aussi: ma conclusion est que ce type fait du faux Beigbeder :-// J’ai eu l’impression de lire du vide: le discours faussement familier d’un mec qui se la pète artiste désabusé, mais qui n’a rien à dire… (nb: Beigbeder se la pète aussi certes, mais à mon sens la différence est qu’il a des choses à dire, une vraie réflexion, et qu’il n’imite personne d’autre que lui-même… à la différence de Nicolas Rey).

Répondre

Lol je viens de relire mon comm et le titre du bouquin à la suite l’un de l’autre… ben comme quoi il porte bien son nom!

Répondre

Je l’ai lu le mois dernier et je n’ai pas été deçue. J’aime le style de Rey (proche de Beigbeder, ce sont deux auteurs de la même veine/vague, ce n’est pas pour autant du sous Beigbeder – pour du sous Beigbeder, il faut aller voir du côté de Florian Zeller), j’ai aimé son histoire et le fait qu’il n’essaie pas de se donner le beau rôle (cette histoire de couleur de canapé c’est très bon).
Par contre, ce qui m’a gêné c’est de savoir où commençait la fiction (tout ne peut pas être vrai, non ? ou suis je d’une grande naïveté).
Le livre m’a rappelé ses premiers livres très réussis …
Et je l’aime bien Nicolas Rey, comme personnage, je le trouve attachant (peut être parce que je le voyais parfois se promener dans mon quartier avec son petit garçon).
(bon c’est clair, je vais pas me recycler en critique littéraire moi :))

Répondre

Je ne connaissais pas. Par curiosité, je regarderais ça d’un peu plus près mais, à première vue, ça ne m’emballe pas tellement.

Répondre

Moi je trouve que Beigbeder imite Bret Easton Ellis

Répondre

Ah tiens, je ne dirais pas ça. Pour moi, BEE est beaucoup plus trash, gore, que Beigbeder. Mais je n’ai lu que deux livres de BEE…

Avec toi j’ai appris le mot galéjade aujourd’hui!

Répondre

Ah ben ça me fait bien plaisir, tiens !

L’amie qui me l’a prêté a été déçue aussi… Elle l’avait ouvert au pif à une page avant de l’acheter et était tombé sur une phrase qui disait que si un mec te disait qu’il ne savait pas où il en était (ou un truc du genre) c’est qu’il ne voulait tout simplement pas être avec toi. C’est ce qui l’avait poussée à acheter le livre. Elle s’est par la suite rendu compte que c’était la meilleure phrase du livre!!

Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ultricies commodo luctus tristique risus. Phasellus mattis quis commodo