Tag : Jean Teulé

Bon, je ne sais pas si je suis très objective, dans la mesure où j’aime réellement la plume de Jean Teulé. Même si elle est parfois un brin trop crue à mon goût, j’aime la manière dont il aborde les événements, les narre, les met en perspective.

Je l’aimais déjà côté roman, et je n’ai pas été déçue de sa vision du roman historique. Je crois même que c’est dans ce genre que je le préfère, et je suis fort marri d’avoir ouïe dire, via une interview de l’auteur sur France Info, qu’il avait décidé d’arrêter de s’adonner à ce type d’écriture.

Toujours est-il qu’en l’occurrence et après le Montespan et Je, François Villon, j’ai dévoré Charly 9. Si je puis dire.

Charly 9, c’est l’histoire de Charles IX (jusque là, vous me suivez !), lequel fut à l’origine du massacre de la Saint Barthélemy. Entre autres. A suivre le quotidien de ce jeune roi qui sombre peu à peu dans la folie, on prend toute la mesure de ce que pouvait être le quotidien d’un monarque… et non des moindres.

La force de ce roman réside peut-être dans le fait que Jean Teulé a choisi de présenter ce jeune roi sous un jour curieusement sympathique. Là où d’aucuns voient uniquement en Charles IX un des plus grand bourreau de l’histoire, ce qu’il est indéniablement, l’auteur prend au contraire le parti de nous le présenter comme un tout jeune homme indécis et soucieux de faire plaisir à sa mère, Catherine de Médicis.

In fine, on se prend à plaindre ce tout jeune homme placé sur un trône dont il ne voulait pas, de toute évidence, et qui ne pâtit que d’un manque cruel d’amour.

Et puis, j’aime aussi le fait que Jean Teulé truffe son récit de faits historiques, anecdotes et autres bribes culturelles propres à épater Gorgette-qui-se-la-pête (tiens, voilà bien longtemps qu’on ne l’avait pas vue par ici, la Georgette !).

Assurément une très, très bonne lecture !

A ce sujet, merci pour toutes vos pistes : je sens la razzia à la librairie s’approcher à vitesse grand V !


Ce que dit la 4ème de couv’ : Charles IX fut de tous nos rois de France l’un des plus calamiteux.
A 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint Barthélemy qui épouvanta l’Europe entière. Abasourdi par l’énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses.
Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous.
Pourtant, il avait un bon fond.

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Je suis venue à Jean Teulé par Les lois de la Gravité. J’avais moyennement apprécié cette lecture… Et pourtant, encouragée par les collègues, vous-même, mon libraire et certains amis, j’avais malgré tout persévéré avec Je, François Villon. Bonne pioche… merci !

Mue par ce goût croissant pour l’écriture de Jean Teulé, j’avais acheté dans la foulée de Je, François Villon Le Montespan. Eh puis, pour ne pas me lasser de l’auteur, j’ai oublié ce livre pendant quelques temps… Avant de le dévorer.

J’ai beaucoup aimé ce Montespan, vous l’avez compris. L’histoire de cet époux bafoué que je ne connaissais que dans les grandes lignes. De La Montespan, favorite de Louis XIV. Des us et coutumes de la Cour à cette époque.

Jean Teulé signe une biographie imaginaire époustouflante et parée de détails de fort bon aloi. Brillante, riche, gouailleuse : son écriture a le parfum des grandes épopées dont on ne peut qu’être accro, de la première à la dernière ligne.

J’aime aussi l’aspect un peu cru que revêt la plume de Jean Teulé. Si certains passages étaient à la limite du soutenable dans Je, François Villon, ici, ces passages sont à la limite du gag. Ces grandes dames qui urinent sous leur robe n’est qu’un exemple parmi beaucoup, beaucoup d’autres.

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Waw. Laissez-moi vous dire qu’il s’agit là d’un sacré livre ! Et d’une surprise plutôt bonne.

Si les lois de la gravité m’avaient laissé sur ma faim, j’ai beaucoup, beaucoup aimé cette biographie de François Villon, poète et assassin à ses heures…

Impressionnée par ce « je », impressionnée par l’ambivalence du personnage, sa dichotomie, même, pourrait-on dire. Impressionnée par ce récit tellement riche, réaliste et prégnant… fruit d’un travail de fourmis. Pendant plus de deux ans Jean Teulé s’est en effet plongé dans l’immense documentation disponible sur cette fin de Moyen Age : archives de police, mais aussi et surtout… les quelques 2 023 vers du Testament de 1461 !

Ce faisant, Jean Teulé nous embarque dans un récit aussi haletant que bluffant, où prose et pause poétiques s’entremêlent avec une fluidité et un naturel confondants.

Le résultat est bouleversant. Et dur… Les âmes sensibles s’abstiendront en effet de le lire. Rapport qu’on y parle tripes, boyaux, tortures par le menu et via moult descriptions précises. Très précises. Et laissez-moi vous dire qu’il y a mieux comme lecture quand on vient d’avaler son petit déjeuner…

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