
Voilà un moment que ce billet mûri gentiment dans son coin. Et puis, les quelques réflexions reçues notamment sur le prix des ballerines dont je vous parlais il y a peu m’ont mises le pied à l’étrier.
Le « made in France » justifie-t-il tous les prix et, au-delà de ça, est-ce qu’on ne se ferait pas prendre pour des jambons en payant souvent cher des pièces sous prétexte qu’elles se revendiquent en mode tricolore ?
Au vu du nombre de vêtements, de produits, de bijoux, de sites, de marques et que sais-je encore qui brandissent leur façon bleu-blanc-rouge, la question mérite d’être posée.
Oui, le made in France, c’est cher. Et, bien souvent, la pilule est difficile à avaler. 240€ une paire de ballerines, 400€ une minuscule bague, 120€ un foulard… Aussi sûrement que la mode se démode, le prix de la plupart des vêtements ou accessoires estampillés made in France frise l’hérésie. Le constat est sans appel.
Et pourtant… Oui, le made in France est cher… mais pas tant que ça, si on y regarde de plus près (attendez avant de hurler). Acheter français à indéniablement un coût : celui de l’expertise et de l’excellence d’une façon, bien-sûr. Celui encore de la qualité des matières utilisées, que celles-ci soient françaises ou non. Mais aussi et surtout, et on tôt fait de l’oublier !, celui du coût d’une façon made in France. Sans même parler de l’excellence du travail d’artisans rompus à un savoir-faire souvent séculaire, il est tout bonnement impossible de rivaliser avec des pays qui ne connaissent pas le droit du travail, font cravacher hommes, femmes et enfants au bas mot 12 heures par jour. Pour avoir conduit il y a quelques années des audits visant à contrôler que les Principes Sociaux Fondamentaux étaient bien respectés dans les usines des fournisseurs d’un groupe industriel, je peux vous dire que je sais de quoi je parle !
Alors ? Alors, je ne dis pas que le made in France est abordable, ni que nous pouvons tous nous offrir un petit bout de luxe. Car c’en est un. Ce que je dis, en revanche, c’est qu’on ne peut pas espérer payer trois francs six sous une pièce d’exception.
Reste que de plus en plus de marques ont flairé le filon et s’engouffrent dans la brèche, à grand renfort de made in France revendiqué haut et fort et justifiant ainsi les marges les plus dingues. Fort heureusement, il nous appartient de choisir notre mode de consommation. Et de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie.
Cocorico !
Lire la suite »