Mes pires vacances

© Photo Raphaël Biscaldi

En voyant passer le podcast de Nova dédié aux récits des pires vacances, j’ai eu envie de vous raconter les miennes avant que vous ne me racontiez vos pires vacances à vous en commentaires, si le coeur vous en dit !

Alors voilà. J’avais 20 ans et quelques, je venais de travailler toutes les vacances de l’année (comme chaque année pendant toute la durée de mes études) (tiens, ça aussi il faudrait que je vous le raconte, cette histoire de job d’été et plus si affinité !) pour m’offrir ma toute première semaine de vacances toute seule, comme une grande : une semaine en Corse avec l’Elu et un couple d’amis que nous appellerons ici Serge et Vanessa.

Le projet avait été avancé lors d’un des nombreux apéros partagé dans l’année : Serge et Vanessa, c’était un peu nos BFF à cette époque là. On se voyait quasiment tous les week-ends, on avait une belle complicité et on rigolait bien tous les 4.  Serge, c’était (c’est !) ce mec très sûr de lui, avec un charisme fou et un humour ravageur. Vanessa, elle, était plus discrète, mais d’une gentillesse exquise. Un de ces soirs à refaire le monde, l’idée fuse : « et si on partait en vacances ensemble ? ». En deux coups de cuillère à pot, l’affaire était entendue : on partirait la première semaine de septembre et Serge, amoureux de la Corse depuis qu’il était tombé dedans tout petit et habitué à y séjourner régulièrement nous dit qu’il s’occuperait de tout, de la maison à la location de la voiture en passant par les activités à faire sur place.

Enfin, septembre arrive. Après des semaines à croupir derrière un standard téléphonique et à me faire reluquer par des hommes sans scrupules tous émoustillés par un bout de mollet de vingtenaire qui dépasse d’un tailleur volontairement un peu ajusté (sisi) fourni par le prestataire de service, on se retrouve à Toulon sur le débarcadère de Corsica Ferries, excités comme des puces. La nuit est belle, on la passe entre le pont et les espaces communs à se régaler par avance de cette épopée qui nous attend. Nous débarquons potron minet à Bastia, récupérons la voiture de location et nous dirigeons vers Île Rousse où Serge a réservé notre maison pour la semaine.

A peine arrivés sur place, le ton est donné : il y a deux chambres, l’une est quelconque et compte, pèle-mêle, un lit deux places accolés à deux lits superposés. L’autre est croquignolette à souhait, douillette et bien décorée. Vanessa pose alors sa valise dans la seconde et lance un « celle-ci, c’est notre chambre ! ». Bien. Un peu étonnée par cette méthode de voyou, je décide de ne rien dire : la chambre, on y est que pour dormir, pas vrai ? Pas la peine d’en faire tout un plat.

La suite de la semaine allait s’avérer d’une lourdeur redoutable. D’abord, il y eut la répartition des tâches : les mecs aux courses et à l’apéro, Vanessa à la cuisine parce que Vanessa, tu comprends, elle adore cuisiner, et toi Delphine, tu t’occuperas du ménage. Tout le monde est ok avec ça ? J’ai bien essayé de rétorquer que moi aussi j’aimais bien cuisiner, et que perso, les poils pubiens dans la douche ne me réjouissaient pas plus qu’un.e autre, je ne pu que négocier qu’un roulement des tâches lequel, vous vous en doutez bien, n’eut jamais lieu.

Bien décidée à ne pas me laisser gâcher MA semaine de vacances, je fis le choix de passer outre et de faire fortune bon coeur, pour les tâches ménagères, mais aussi pour les choix qui s’offraient à nous chaque jour et pour lequel notre avis n’était jamais pris en compte. Par exemple, à la question « qu’est-ce que vous voulez faire aujourd’hui, plage ou petite rando montagne ? » que Serge, notre connoisseur officiel, nous posait le matin, le choix se portait systématiquement sur l’inverse de l’avis que j’émettais, l’Elu étant d’une neutralité à toute épreuve, évidemment. Je ne m’énervais pas davantage lorsque le premier jour, la mâchoire de l’Elu se décrocha à la vue de Vanessa qui nous gratifia d’un superbe string topless sur la plage, lequel mettait sa plastique, il est vrai magnifique, parfaitement en valeur : Vanessa était danseuse professionnelle. Quant à moi, j’avais envie de me planquer sous mon paréo avec mes complexes XXL mais après tout, elle avait bien raison de profiter de ce corps parfait, c’était à moi de gérer ce corps que je n’assumais pas, et puis « je n’ai pas le droit d’avoir des traces de bronzage tu comprends » me glissa-t-elle en gloussant.

Le troisième soir, ma patience fut une fois de plus mise à rude épreuve lorsque Serge nous annonça que son pote Jérôme arrivait d’ici quelques minutes et resterait une nuit ou deux parce qu’il était dans les parages alors bon, autant que le canapé lit de la loc serve un peu ! Ledit Jérôme, plutôt sympa au demeurant, me parut nettement moins sympathique lorsqu’il siffla copieusement nos réserves de bouteilles pour l’apéro, décida finalement qu’il resterait toute la semaine et ne jugea pas utile de nous dédommager pour sa part des courses, ni même de mettre la main à la pâte pour les tâches ménagères (et 5 types de poils pubiens à virer de la bonde de la douche, 5 !). Je commençais sérieusement à voir rouge et après m’en être ouverte à l’Elu, je finis par aborder le sujet auprès de Serge et Vanessa : Serge m’expliqua qu’il fallait que je me détende, que plus on était de fous plus on riait, non ? Et que Jérôme était fauché, on pouvait bien lui donner un coup de main. J’avais beau expliquer que je voulais bien m’être emmerdée toute l’année avec un petit job ingrat pour m’assumer, je n’avais pas spécialement envie d’assumer un tiers que je ne connaissais ni d’Eve, ni d’Adam, que la moindre des choses eut été de nous prévenir, rien n’y fit : Jérôme demeura toute la semaine et ne mit jamais la main à la poche, ni à la pâte.

Le climax de cette crise fut atteint lorsqu’au détour d’un apéro dans Ile Rousse, je demandais une fois de plus un Coca Light (à l’époque introuvable sur l’Ile de beauté, du moins où nous étions !) pour m’entendre dire par Serge que même s’il comprenait qu’avec mon c** plein de cellulite, je préfère boire du Coca sans sucres, je cassais les couilles à tout le monde avec mes questions débiles, « ils en ont pas, t’as pas compris ?! ».

Nous en étions au milieu de cette semaine maudite et la rupture fut définitivement consommée. Trop, c’était trop et j’étais bien sympa mais j’avais mes limites. Calmement, je me levais en expliquant que j’allais faire un tour, qu’ils n’hésitent pas à me faire signe lorsqu’ils voudraient rentrer. L’Elu me suivi, non sans avoir rembarré le goujat, décontenancé par l’attitude de son pote autant que par cette semaine cauchemardesque qu’il s’évertuait à apprécier malgré tout et à modérer comme il le pouvait : l’Elu est un médiateur hors pair et malgré ses nombreuses tentatives pour apaiser ce climat houleux et trouver des solutions, rien n’y fit. Les 3 jours qui restaient me semblèrent les plus longs de ma vie : nous n’avions qu’une seule voiture, je vous laisse deviner qui s’en servit, nous ne nous adressions plus un mot, Vanessa décida immédiatement de prendre le parti de son crétin de mec et ne me calcula plus jusqu’au départ.

Au retour, nous prîmes deux cabines sur le ferry pour être sûrs de ne pas avoir à nous croiser. Lorsque le bateau nous déposa sur le quai de Toulon, nous échangeâmes un dernier regard et chacun parti de son côté : ce fut la toute dernière fois que nous vîmes Serge et Vanessa. Serge avait gâché mes toutes premières vacances de grande.

Moralité : depuis cette mésaventure, je sais qu’on ne connait jamais vraiment quelqu’un avant de passer quelques jours en huis clos avec lui !

Allez, c’est à vous maintenant ! Quel est votre pire souvenir de vacances ?

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Commentaires

« et toi Delphine, tu t’occuperas du ménage. Tout le monde est ok avec ça ? » J’aime trop cette phrase.

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Moi moyen depuis ce jour là je t’avoue :p

Je suis tellement d’accord avec la moralité. On ne sait jamais comment sont réellement les gens jusqu’à ce qu’on vive un peu avec eux.

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Clairement…!

Ah mais j’ai presque la même avec Francis et Chantal qu’on voyait pourtant tout le temps à Paris ,Francis qui s’occupe de nous louer une maison à Noirmoutier ,quand on arrive la maison est en face de Noirmoutier en bord de route sans clôture ,avec nos deux chiens à surveiller,les gens viennent de divorcer et rien n’est terminé à l’intérieur et Chantal décide qu’elle se lèvera à midi pour mettre les pieds sous la table et critiquer tout ce que j’ai fait à manger,en plus il a fait un temps pourri,mon mec s’est engueulé avec Chantal et nous N’avons revu Francis que quelques années après quand il a divorcé .

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Merci Chantal…! :p

Ma meilleure amie d’enfance me propose de partir à Lloret del mare. Nous partons donc avec son copain et un copain à lui que je ne connaissais pas.
Erreur… car grâce à lui, nous avons raccourci nos vacances de 2 jours grâce à un comportement de beauf puissance 1 million : faire son stock de bières sur le budget des courses, sujets de conversation limités (foot, jeux vidéos, filles / sexe), un comportement misogyne et égoïste…
J’ai tout de même tenter un peu d’humour pour le trajet de retour… en voiture… sans aucun effort de sa part.
En arrivant à Paris, dès que nous sommes arrivés à un point pas loin de chez moi, j’ai demandé à descendre de la voiture en prétextant que ce serait mieux avec les travaux dans le quartier

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Grosse ambiance… Et ça n’a pas sonné le glas de ton amitié avec ta pote ?

Les pires vacances sont celles de cette année. Tu annules tes vacances avec tes amis en Toscane cause covid. Tu reprogrammes des vacances et la, le premier jour de tes congés, Monsieur se fracture une lombaire en faisant de la luge d’été avec les enfants et le parrain de ta fille. Tu te aux urgences avec une opération d’urgence et un rapatriement à organiser avec ton assurance. Des vacances a reprogrammé de manière hachée pour que les enfants en profitent tout de même un peu .

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Ouch… raide en effet. Bon courage !

Petite histoire de vacances: je suis végétarienne, j’ai vite compris que si je voulais profiter d’autres choses que chips, merguez les soirs de bbq il fallait que j’amène de quoi faire. Et en grosse quantité. “Trop bien ces steaks végétariens! Et les légumes grillés super idée.” Comment ça vous avez tous mangé? Vous m’avez rien laissé? Si les merguez.

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Mon amie Marie me propose de partir une semaine en vacances avec elle chez son père. Il est expat’ pour une agence qui représente l’Union Européenne à Séville. Je saute de joie à l’idée de partir avec elle. Sur place, je me rends compte que ces deux là ne peuvent pas s’encadrer et que l’ambiance est électrique. Elle lui reproche d’avoir utilisé sa mère pour faire des enfants puis d’avoir essayé de la mettre sur la paille pcq il n’assume pas son homosexualité. Je me rends compte que j’occupe la chambre du jeune amant du paternel (l’armoire est pleine de chemises d’hommes) à qui il a été demandé de débarrasser le plancher avant notre arrivée. Bref, j’aurais aimé que Marie me tienne au courant de ses relations tendues avec son père avant de m’enferme avec eux 2 dans une hacienda. J’ai rarement été aussi soulagée de reprendre un avion à la fin d’une semaine de vacances….

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J’ai l’impression d’avoir lu «  c’est mon histoire «  dans ELLE!

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Mes pires vacances. Je viens de me séparer de mon mec. Une collègue de travail devenue une copine me propose de partir ensemble.
Déjà, j’aurai du comprendre que ca allait mal se passer car au final c’est moi qui finit par chercher et réserver seule le séjour d’une semaine en Croatie. J’explique bien avant le départ que les excursions seront en +, que les pages sont en galets et que la piscine de l’hôtel est à l’eau salée.
Aussitôt arrivées, elle me le reproche…Du coup n’osant pas la laisser seule je renonce à la piscine et aux excursions. Trop gentille!
Elle me reproche aussi la présence de russes dans l’hôtel qui gaspillent la bouffe au buffet.
Bref on arrive à un stade où je n’ose plus parler. Je me renferme totalemet. Le pire je « fête » mon anniv là bas avec elle….donc le pire anniv de ma vie.
Au final après m’avoir engueulée une eniéme fois elle a fait la gueule les 3 derniers jours. Et elle a fait ami ami avec d’autres personnes. Donc 3 jours de solitude pour moi….le pire au retour je devais passer la nuit chez elle avant de pouvoir récupérer ma voiture. J’ai fini par partir a 4h du matin et j’ai erré dans les rues en attendant. Avec la peur au ventre….
Heureusement pour moi j’ai changé de job peu de temps après et donc je n’ai plus eu à la croiser au boulot. Il n’empêche ça m’avait bien traumatisé. Mais je suis repartie avec d’autres personnes et ça c’est toujours bien passé

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Mes pires vacances : un séjour au Portugal à 19 ans avec mon premier petit copain. Ses parents étaient originaires de là bas, initialement on devait partir avec ses 2 cousines et un potes, mais ses parents, son oncle et sa tante ont décidé qu’ils ne connaissaient pas cette partie du Portugal et qu’ils allaient nous accompagner. JE me suis tapée le voyage en voiture Paris/Algarve avec sa mère qui chantait à tue-tête, on habitait 2 appartements sur le même pallier, on prenait tous les repas en famille, sorties plage idem, ils géraient les courses et n’achetaient que les produits locaux qu’ils aimaient sans oublier de me demander de participer financièrement (moi la morue séchée je veux bien, mais pas à tous les repas). Quand on n’a plus envie à 19 ans de partir avec ses propres parents, ce n’est pas pour se retrouver avec ceux des autres ! Le côté très « famille » ça peut être convivial mais aussi trèèès envahissant.

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Point de déconvenue amicale de mon coté mais une belle perle quand même, la voici donc.
En 2010, après une rupture tout à fait libératoire, j avais décidé de faire un truc juste pour moi et je me suis inscrite à un stage pour apprendre le surf à Lacanau et avait réservé une piaule dans une maison près de la plage, présentée spécialement comme une « auberge pour surfeurs ». Après un train loupé suite à un réveil difficile pour cause de début de bon gros état grippal, j ai réussi à en prendre un autre puis le bus qui me conduisit à Lacanau, dans un état pas terrible mais que je surmontais grâce à l excitation relative à la semaine à venir. Quand je suis arrivée dans le jardin de la maison, avec des tas de bordels partout allant du frigo pourri aux vêtements sales laissés à l abandon, j ai commencé à perdre de la vigueur. Ce n’etait que le début : ma chambre s est avérée être un pauvre lit sur sommier à lattes posé par terre, pas loin d un extincteur, dans un couloir qui menait à une autre chambre; toutes les parties communes étaient dans un état d’insalubrité à faire pâlir d envie un épisode de « c est du propre » (affaires degueu partout, restes de bouffe séchée dans des casseroles, certaines stockées sur l avant toit sur lequel donnait la cuisine, frigo à l avenant, cabines de douches qui fermaient pas et j en passe – j avais tout pris en photo tellement je savais que je ne pourrais pas raconter à hauteur du désastre !). J ai passé la nuit à pas pouvoir dormir a cause de résidents qui ont squatté la terrasse (juste à côté de ma « chambre ») en beuglant jusqu au petit matin et à me lever pour aller vomir (je présume que mon état grippal avait été largement aggravé par mon état psychologique).
Le lendemain j ai annulé le stage de surf et me préparait à reprendre le train quand mon super papa, me sentant au bout du rouleau au téléphone, m a dit « pose toi à la plage, j arrive dans 3-4h et je te ramène chez toi » (<3)
Ce qu il a fait… et je suis donc rentrée passer ma semaine de vacances foutues chez moi.
La "chance" dans tout ça ? Dans les mois qui ont suivi, j ai préparé un autre sejour-stage de surf pour le printemps d apres, mais cette fois mûrement et soigneusement choisi dans l offre Ucpa… qui fut une tellement superbe réussite que j y suis retournée une deuxième fois en fin d été suivant, avec une merveilleuse bande de copains rencontrés sur place et avec qui j ai eu le plaisir de prolonger ensuite les aventures surfesques et amicales 🙂

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