QUITTER PARIS / EPISODE 6 – Un chantier responsable ?

Précédemment, dans l’épisode 5 :

Le grand jour est enfin arrivé : il est temps de quitter Paris ! Avec 3 adresses de chargement et un garde meubles pour une durée initiale de 4 mois, la tâche s’avère néanmoins plus complexe que prévue…

A ce stade, je crois qu’il est temps de passer un peu de temps sur le chantier !

Rewind

Le 27 septembre, nous arrivons à Toulon dans la maison qu’on a l’immense gentillesse de nous prêter pendant 4 mois. Et quelle maison…! Nous jouissons d’un emplacement exceptionnel et d’une vue sur la mer depuis toutes les fenêtres de la maison ou presque… De quoi atterrir en douceur.

Aussi fou que ça paraisse, ça y est : nous voilà toulonnais !

Pendant une quinzaine de jours, nous vidons les quelques sacs et cartons que nous avons pris, nous nous évertuons à prendre nos marques et à renouer avec celles que nous avons déjà : le marché du dimanche matin, la marchande d’olives, la super librairie pour les petits et les plus grands. Le temps est encore doux, on va tous les jours à la plage… Ces premiers jours ont la saveur des journées insouciantes que nous apprécions tant ici.

Pas question pour autant de se la couler douce : pas le temps de niaiser ! Il faut poursuivre les interminables démarches administratives, gérer l’intendance du quotidien, le boulot et bien entendu, les travaux. Le tout sans crèche pendant 3 semaines.

Les travaux… Parlons-en…!

Avant de me lancer dans les travaux, j’avais beaucoup d’envies et il me semblait que la somme des choix que je pouvais faire me laissait une latitude non négligeable sur nos possibles. Surtout, grande naïve que j’étais, que NOUS étions !, nous voulions avant tout un chantier res-pon-sable. Des matériaux respectueux de l’environnement, un système de chauffage performant et là encore respectueux de l’environnement, des jolis matériaux, évidemment. Je passais des heures et des heures à passer au crible les intérieurs qui m’inspiraient, je faisais des listes d’envies pour les interrupteurs, les revêtements de sol, les peintures…

Laissez-moi vous le dire tout net : faire des travaux, c’est investir l’argent d’une vie entière, passer son temps à renoncer à ses choix et accepter tous les compromis possibles ! Une fois qu’on l’accepte, ça va beaucoup mieux et on fait comme la plupart des gens : comme on peut ! On ruse, on jongle et surtout, surtout, on lâche prise…

Un chantier responsable ?

(Si vous êtes allergique aux travaux, je vous recommande de passer directement au chapitre suivant, « avance rapide » !)

Or donc, nous voulions que notre maison réponde autant que faire se peut aux nouveaux enjeux d’efficacité énergétique. Ça tombe bien, le gouvernement propose un dispositif pour aider les ménages à installer des dispositifs de chauffage plus respectueux de l’environnement. J’ai nommé bien sûr la fameuse Prime Renov et les Pompes à Chaleur (PAC) !

Déjà, ce qu’il faut savoir, c’est qu’une PAC est considérée comme une solution écologique pour les besoins de chauffage et de refroidissement d’un bâtiment car elle utilise une source d’énergie renouvelable pour produire de la chaleur ou de la fraîcheur (source).

Il en exite en gros de 3 sortes :

  • Air-air : la clim réversible. Ça souffle du chaud, ça souffle du froid, c’est énergivore et n’est éligible à aucune aide. Le confort en mode chauffage avec de l’air soufflé n’est pas ultra confortable (testé et pas approuvé dans notre 2ème logement toulonnais). Ça reste néanmoins une option valable si le logement est bien isolé.
  • Air-eau : la crème de la crème en matière d’efficacité énergétique… à condition d’avoir un logement bien isolé : on peut partir soit sur une installation existante en supprimant la chaudière au fioul ou à gaz pour raccorder la pompe à chaleur sur le réseau des radiateurs, soit, dans le cadre d’une réno complète, on l’associe à un plancher chauffant. C’est l’option qu’on avait choisie initialement.
  • Géothermique : là, il faut faire un forage pour injecter de l’eau froide qui sera réchauffée par la terre. Les coûts sont dans ce cas assez importants.

Vous l’aurez compris, les PAC ne se valent pas toutes et n’ont accessoirement pas toutes le même coût. La plus accessible techniquement et donc financièrement parlant (en théorie..!) est la PAC Air-Eau, raison de notre choix. Jusque là, pas de souci. Sauf que…

(Ça va, vous suivez ? Attention, interro à la fin de l’article !)

Chez nous, on comptait donc bazarder la chaudière au fioul et conserver le réseau de chauffage existant en cuivre qui datait de 1980 et qui était entièrement encastré. Coût de l’opération : 10 000 euros. La PAC devait aussi faire notre système d’eau chaude sanitaire. Problème : à un endroit où ça sortait du mur, on a remarqué qu’il y avait une micro fuite, ce qui laissait supposer qu’il y en avait potentiellement d’autres… et donc qu’on ne pouvait pas conserver le réseau existant. Joie de chantier n°17318721.

A ce stade, deux options :

  • refaire une installation de chauffage à l’identique pour ensuite la raccorder à la PAC : surcoût de 15 000 euros par rapport à l’option qu’on avait initialement choisie…
  • faire une installation avec un plancher chauffant : surcoût de 25 000 euros.

C’est là qu’on a commencé à déchanter… Si vous avez bien tout suivi, refaire l’installation existante (radiateurs + réseaux) nous coûtait donc 15 000 euros… auxquels il fallait ajouter les 10 000 euros du coût de l’installation de la PAC. Soit 25 000 euros en tout… Quant au plancher chauffant, l’opération nécessitait de casser le carrelage qui était collé au ciment et posé sur un lit de sable de 15 cm, puis isoler, faire une dalle, installer le réseau de sol chauffant, couler une chape liquide et poser le carrelage par dessus l’ensemble. Coût estimé de l’opération : 25 000 euros. Sans le carrelage, 7000 euros. Et sans le coût d’installation de la PAC, toujours 10 000 euros.

Heureusement, il existe ma Prime Renov. Lol. C’était fou d’échanger sur Instagram avec toutes celles et ceux qui font des travaux et aboutissent peu ou prou à la même conclusion : il ne s’agit ni plus ni moins d’une usine à gaz dont nos gouvernements ont le secret !

D’abord, parce qu’installer une PAC n’a pas de sens si le logement n’est pas bien isolé (pour info, sur 700 000 dossiers financés par Ma Prime Rénov, ça représente seulement 0,1% des dossiers, source). Et ensuite, parce que la prime est conditionnée à des revenus vraiment très bas. Nous on est trop riches, n’oublions pas que je gagne des millions en parlant chiffons ! 😆

Nous avons donc dû renoncer la mort dans l’âme à l’option PAC et opté pour un chauffe-eau classique dernière génération. On a choisi de bien isoler notre logement (point sur le sujet à venir !) et on a installé une VMC classique. L’hiver, on se chauffera avec un insert.

On a aussi prévu des lignes pour installer des radiateurs électriques performants (à inertie) si jamais il fait très froid. Et si un jour on gagne au loto, on installera une VMC double flux avec un puits provençal pour avoir une clim naturelle…

Avance rapide…

Vous êtes toujours là ? Allez, on appuie sur fast forward : nous avons récupéré les clés de notre maison en juin. Dès le départ et même quand nos ambitions en matière de chantier étaient encore au beau fixe, nous avons décidé de ne pas toucher au plan de la maison : idéalement, j’aurais préféré un RDC complètement ouvert entre la cuisine et le salon, mais casser le mur porteur du salon et décaler l’escalier étaient des opérations que nous avons jugées trop lourdes. Garder le plan du RDC nous permettait en outre de profiter d’une entrée, même petite, et de créer des WC dans ladite entrée.

Même chose à l’étage : les deux futures chambres des enfants étaient en enfilade, avec des tailles inégales : la première fait 14m2 et quelques, quand la seconde mesure moins de 10m2… Dans un monde idéal, nous aurions créé une nouvelle distribution en déplaçant la salle-de-bain et en redéfinissant les emplacements et les volumes des 3 pièces mais bon, on est super joueurs mais on a nos limites !

En dehors du plan de la maison, tout était à refaire : l’électricité, l’isolation, les sols, les peintures… tout.

A ce stade et bien que vous le sachiez à peu près tou.te.s je pense !, la bonne nouvelle c’est que monsieur est dans les travaux : il est conducteur de travaux et il réalise également des meubles sur mesure (voir la bibliothèque sans clous ni vis de mon dernier bureau à Paris, ou la bibliothèque de notre dernier chez nous). Chance ! Ses équipes n’étant néanmoins pas sur place, il a fallu recruter : un maçon pour l’ouverture prévue pour les façades et autres modifications substantielles, un électricien, un peintre. Pour le suivi de chantier ainsi que pour tout le reste – isolation, pose des sols, peinture d’agrément, création des meubles sur mesure, création des deux salles-de-bain… – c’est lui qui mettrait la main à la patte… Dire qu’il n’était pas au bout de ses peines est clairement un superbe euphémisme !

En août, nous avons profité de nos “vacances” sur place pour commencer la démolition avec l’aide de nos beaux-frères et neveux sur place. Il était convenu que le chantier soit livré fin janvier, timing idéal pour la fin du prêt de notre premier pied-à-terre Toulonnais… mais ça, c’était sans compter sur la tournure que les choses prirent finalement…

A suivre…

Commentaires

Bien que j’aie tout suivi de vos aventures travauesques, j’adore lire ton récit !

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C’est vraiment un régal ce feuilleton ! Je dévore chaque épisode avec délectation

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Ah, très intéressant ce petit aparté sur la PAC ! Toujours aussi intéressant ce récit !

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J’ai tout suivi sur insta mais c’est beaucoup plus « parlant » ici !

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