Le Bomeur, de Nathanaël Rouas

bomeur

Par où commencer… Peut être par la surprise que j’ai eue à la lecture du livre de Nathanaël. Quand je l’ai ouvert, je ne m’attendais à rien de plus qu’à retrouver cette plume qui m’avait séduite sur son blog, celui dont je vous avais parlé il y a quelques temps. Rien de plus, rien de moins et surtout pas cette claque que j’ai eue, à peine les premières pages tournées. Pointue, précise et bien affûtée, la claque !

Nathanël, c’est celui qui a inventé le terme de « bomeur » : bobo chômeur. Petit retour en arrière : tout juste diplômé, il est immédiatement embauché en tant que créa dans une agence de communication. Son boulot ? Trouver des idées. Et les vendre très cher. Un job dans lequel il excelle, jusqu’à devenir directeur de création. Et puis, brutalement, l’agence pour laquelle il travaille met la clé sous la porte. Adieu veaux, vaches, cochons : Nathanaël se retrouve sur le carreau. Un carreau qui semble de prime abord plutôt confortable, puisque l’allocation bien grasse qui correspond à ses cotisations et qu’il touche chaque mois lui permet de se lever à 11h, de déjeuner avec ses potes avant de faire une petite sieste, et de terminer la journée par un apéro qui commence à 17h et ne prend fin que très tard (ou très tôt, selon le point de vue que vous adoptez).

Alors, bien sûr, d’aucuns rueront dans les brancards en criant que c’est une honte, rendez-vous compte !, d’être chômeur et de mener grand train. Sauf que. Il y a dans les pages de ce livre un cri désespérément muet. Celui d’un mec qui, a moins de 30 ans, se retrouve aux bancs de la société. Inactif contre son gré, jeté, un peu sali. Un mec qui s’accroche à des projets fictifs pour continuer à « être dans le coup » mais qui ne trompe personne, surtout pas lui. Un mec qui joue les connards mais qui, au fond, ne sait pas, ne sait plus. Un mec qui bombe le torse en essayant de conserver le statut social qu’il avait avant d’être licencié, en vain. Parce qu’au fond, personne ne rêve d’être chômeur. Surtout pas un mec qui a 50 idées à la seconde.

Ceux qui verront une apologie du chômage dans les lignes de Nathanël passeront à côté d’un mec touchant. Et extrêmement drôle. Son récit est truffé de  bons mots. Lisez-le, vraiment, ce livre là, c’est une petite pépite ! (même s’il est écrit noir sur blanc que conduire un scooter blanc, c’est vraiment le summum de la beaufitude. J’ASSUME, la tête haute, avec ça).

monavis-A NE PAS MANQUER

Ce que dit la 4ème de couv’ :  

Quand Lola m’a ajouté sur Facebook, elle a checké mon profil.
En 586 photos, 320 statuts et 1780 friends, elle en a déduit que j’étais un connard.
Un connard prétentieux.
Pour mes 1780 friends, j’ai une vie cool. Ils ne me voient pas bader le dimanche soir, seul chez moi devant mon ordinateur, une rediffusion de « Zone interdite » en fond sonore, et mon paquet de clopes vides sur la table basse. Je ne vais pas poster de photos de mon rendez-vous Pôle emploi à 9h30 à Belleville en plein hiver et de mon arrivée en scoot sous la pluie.
En fait, j’ai un statut social virtuel cool.
Et un vrai statut social de merde.

Le Bomeur, une vie de Bobo Chômeur de Nathanaël Rouas – Robert Laffont – 18,50 euros

Commentaires

Tu es convaincante, ça me donne envie de le lire! Merci pour ce billet car je n’avais pas encore entendu parler de ce livre 😉

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Il vient juste de sortir, le 17 mars, je crois 🙂

Le 4 de couverture accompagné de ton commentaire invite à la lecture ! Merci pour cette nouvelle découverte !
Bonne journée !

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Attention spoiler!
Alors, il trouve du boulot à la fin????!
😉

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Ahah, suspennnnnse !^^

et oui… dans a vraie vie il se l’est créé son taf!

Intéressant! J’ajoute sur la liste des livres à dégotter lors de mon prochain passage en France!

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ton pitch ne le rend effectivement pas très sympathique, mais donne très envie de le lire pour changer d’avis…

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Ah bon ? Mince, ça n’était pas l’objectif pourtant, de ne pas le rendre sympathique. Au contraire, je trouve le personnage du livre plutôt attachant.

Merci pour cette jolie découverte, je crois que je vais me laisser tenter…

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Ahhhh, mais c’est donc pour ça que je croise tant de trentenaires en terrasse en plein milieu de semaine dès 16h ? Ahah 😀

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Ca me donne un peu plus d’espoir sur ce livre. J’avoue qu’au premier abord, je ne voyais pas trop le pourquoi du comment.

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Tres clairement c est un sujet qui a tendance à me facher, parce que je connais quelques « bomeurs » egalement autour de moi mais qui – nuance – ont choisi ou ont fait en sorte de l être (j ai besoin de faire un break, j ai besoin de penser a moi, j ai besoin de voyager…)afin de mener effectivement la belle vie sans ses contraintes!
La nuance de ce livre m interesse donc follement car j’imagine les vides que cela entend.

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Je pense qu’il faut faire la part des choses, effectivement 🙂

J’ai une ITW de ce jeune homme, ta présentation donne envie, pourquoi pas!

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Je crois que j’aurais été intriguée rien qu’à la lecture de la quatrième de couverture… Une fiction littéraire de société qui donne un vrai regard et une opinion sur un statut trop souvent mal jugé… Je vais me laisser tenté peut-être (un de plus sur une liste déjà longue, mais où chacun attend juste sa place ds ma vie littéraire 😉

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Chapeau, tu m’as mis l’eau à la bouche avec ton article. Je vais le commander de pas. Et puis au diable ceux qui jugent le chômage comme une faiblesse. Chômeur, c’est presque devenu un métier, une lutte à plein temps pour l’assumer, une vie de cv, lettres de motivations et refus, un statut en marge que les non-initiés sont souvent incapables d’appréhender. Ca me parle. Merci

http://www.mamzette.com/blog

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Je n’avais a priori pas très envie de le lire mais tu m’as convaincue!

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Avant hier soir sur l’oreiller je montre ton billet concernant ce livre à chouchou, hier soir une petite surprise m’attendait … la petite souris étaie passée … le Bomeur était sous mon oreiller … merci Deedee et surtout merci Chouchou !

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Mince, tu as perdu une dent ? 😀

Whaaaaaa, je me retrouve sous des oreillers. Merci chouchou !

WAHOU!!! MERCI! J’ai découvert ce livre grâce à toi et j’avoue qu’en quelques heures je l’ai dévoré!

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