Alors, la Brasserie Barbès ?

brasserie Barbès 7
© Photo Vincent Pflieger pour TimeOut 

Voilà voilà voilà. Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que j’ai été m’encanailler encore une fois en pleine No go zone (#folie !) pour tester la dernière adresse en vue de tous les parisiens branchouilles : la fameuse Brasserie Barbès.

Pour être tout à fait franche avec vous, j’étais à peu près sûre de ce que j’allais y trouver : un lieu vaguement branchouille, donc, signé par deux mecs branchouilles (Pierre Moussié et Jean Vedreine, à qui l’on doit déjà le Sans Souci, Le Parisien, Le Mansart, Le Floréal, Chez Jeannette…), une carte médiocre et un service expéditif. Je me délectais à l’avance de ce billet corrosif que j’allais pouvoir rédiger, à grand renfort de « à bas les hipsters, rendez-nous nos PMU » et tout ce qui va avec. Et ?

Et… PAN. En sortant de ce dej avec ma copine des internets, j’étais, je dois le confesser, comme deux ronds de flan. La Brasserie Barbès, c’est plutôt bien, à tendance très bien.

 

Le lieu

brasserie-Barbès-10
©Photo Brasserie Barbès

D’abord, il y a le lieu : immense, beau et à la personnalité bien plus trempée que ce que je l’aurais cru. Ici, point de murs en friche / serveurs à bonnet + barbe / tables en bois brut / logo labellisé à outrance mais quatre étages finement décorés. Le rez-de-chaussé tient en une belle salle, spacieuse et lumineuse.

Au premier un bar majestueux sépare le coin fumeur, magnifiquement sis sous une très jolie verrière (et très malin le coup du coin fumeur, très très très malin) de la salle classique. L’espace est là encore baigné de lumière, la vue, si elle n’est pas dégagée, est intéressante : du côté non fumeur où je me trouvais, je donnais sur le pont métallique du métro et sur le Louxor. Un coin salon option feu de cheminée est également inclus à cet espace.

Au deuxième étage, l’espace accueille un superbe « dancing » et ses larges baies vitrées. Là encore, la vue est intéressante.

Enfin, le dernier étage compte votre futur rooftop préféré. Jolie petite terrasse, plantes vertes, transats et bar à cocktail… difficile de résister à un combo aussi parfait !

brasserie Barbès 9
©Photo Kdbuzz

 

La carte

brasserie Barbès 1

Soignée, intéressante, on y retrouve les classiques burgers et salades (presque) Caesar, mais aussi d’autres pistes plus originales : un tartare de maquereau et ses frites de butternut, par exemple, un croissant au pastrami, frisée et pommes sautées ou bien encore des sardines grillées, spaghetti ail et persil.

brasserie Barbès 2

 

Les prix

Attention, là, ça pique sévère : 9 euros la pinte, 11 euros les cocktails, 10 euros en moyenne pour une entrée, une vingtaine d’euros pour les plats, et 6 euros en moyenne le dessert… Cher. Très. Trop. Enfin, cher, dans la norme des prix parisiens, dirons-nous… (youpicool).

Le service

On sent bien que l’établissement est en phase de rodage : tout le monde a encore un peu de mal à trouver sa place. Mais enfin, si tout ce petit monde hésite encore un peu, tous sont parfaitement aimables. Pourvu que ça dure !

 

On fait le bilan ?

brasserie Barbès 3

Je me réjouis hautement de ce nouveau lieu de vie, parfait pour un petit dej ou un dej pro (mes bureaux sont relativement près, je suis joie), et drôlement chouette pour une soirée entre copains.

Oui, c’est cher… mais encore une fois, nous sommes malheureusement coutumiers de ces tarifs prohibitifs, à Paris. Même s’il existe bien évidemment et fort heureusement des prix moins prohibitifs dans d’autres lieux.

Quant à ceux qui crient au loup comme quoi la brasserie ferait tâche dans ce quartier populaire en voie de dangereuse gentrification, je réponds qu’à la place d’un bâtiment calciné par le feu et en ruines depuis plus de 2 ans, je préfère une brasserie. Et que je ne suis pas pour la ghettoïsation : parce que Barbès est un quartier pauvre, ce type d’établissement devrait aller se faire voir ailleurs ? Les principaux intéressés qui habitent le quartiers sont d’ailleurs plutôt favorables à l’ouverture de la brasserie, à l’instar de Frédéric Rémongin, vice-président de l’association Action Barbès qui énonce que «même si cette ouverture ne va pas tout régler, c’est important pour la diversité commerciale du quartier, qui souffre encore d’une mono activité», ou encore de Stéphane Pradier, directeur du Tati Barbès, qui espère avoir plus de clients grâce à la brasserie (source).

Affaire à suivre…

Brasserie Barbès 
2 du boulevard Barbès 75018 Paris
Ouverture tous les jours de 8h à 2h du matin non-stop

Commentaires

la grande tendance du 18e depuis environ deux ans est à la « boboïsation ». pleins de nouveaux lieux ont ouverts (la Recyclerie, le Café Lomi, cette brasserie, les Petites Gouttes à la halle Pajol (Marx Dormoy), la réhabilitation du Louxor…), et moi qui habite et travaille là, franchement, ce n’est pas pour me déplaire d’avoir des coins sympas où sortir près de chez moi dans ce quartier hautement populaire. merci pour le compte-rendu Deedee !

Répondre

🙂

Le cadre est très beau et c’est vrai que cette verrière fait envie. En passant devant l’autre jour, je me suis dit que je tenterai bien. Le coup du petit dej est très tentant, mais trop loin de chez moi.

Répondre

Oui, si ça n’est pas à côté de chez toi, l’option petit dej est injouable ! (faut pas pousser, on ne va pas se lever aux aurores pour manger^^)

ça me rassurais vraiment si de nouveaux lieux comme celui là faisaient surface dans le XVIIIe parce qu’à chaque fois, j’ai peur qu’on me met la main dans mon sac ! Surtout voir des pickpocket en plein action, non merci !

Répondre

Je ne crois pas que les pickpockets soient l’apanage du 18ème 😉

« Je me délectais à l’avance de ce billet corrosif que j’allais pouvoir rédiger »

Dommage de nourrir cette perception qu’on a des blogueurs aujourd’hui…

Répondre

Dommage de s’en tenir à la perception que TU as des blogueurs aujourd’hui. Si tu prends la peine de lire quelques billets, tu te rendras compte que ça n’est pas vraiment le genre de la maison. Et qu’au contraire, j’aime ne pas abonder dans le sens de « tout le monde », d’où cette introduction.

Je trouve le lieu vraiment très joli, mais je reste cependant d’accord avec le fait que cela ne colle pas avec le quartier… Comme une impression que ceux qui vont y aller seront là pour observer « le phénomène populaire » (même si ce n’est pas la démarche de tous, je m’en doute hein 😉 )
Et pour finir… 20€ pour le plat ? Punaise, mais c’est pratiquement ce que la provinciale que je suis paye pour le repas entier !

Répondre

Oui, c’est dans la fourchette haute des prix, clairement 🙂

En revanche, je ne crois pas que le quartier soit un zoo, Brasserie Barbès ou non…

Oui la brasserie Barbès est une bonne idée mais pas à ce prix là. Ce qui a d’agréable avec la Recyclerie c’set que les tarifs sont tout petits! On peut facilement y manger pour moins de 12€ et le café y est à moins de 2€. Avec ce genre de tarif, les habitants du quartier peuvent en effet profiter également du lieu.
La brasserie Barbès ne s’adresse en aucun cas à la population vivant majoritairement dans le quartier. Ayant vécu un moment dans le 18ème (et actuellement dans les banlieues Nord) je remarque que, ce qui pourrait brasser des cultures, créer des réels espaces de communication et de mixité, n’est au final qu’un leurre. Les loyers augmentes et les populations aux revenus précaires qui pouvaient encore se loger dans cet arrondissement de Paris n’ont plus d’autre choix que de s’éloigner toujours un peu plus en banlieue.
Alors oui, la brasserie Barbès m’a l’air d’être un lieu tout à fait agréable, mais je ne pense pas que ce genre d’initiative soit réellement mise en place d’en un objectif de mixité sociale et culturelle.

Répondre

+1 !

C’est le cas partout dans Paris, quartiers populaires ou non : vivre à Paris devient un luxe… Moi même rive gauche, je peux te dire que j’ai eu du bol de trouver un loyer décent (enfin…. 1300 euros pour 54 m2 ça s’appelle décent à Paris…!).

Clairement, la Brasserie n’a pas vocation à quelque mixité sociale que ce soit. Ça n’est d’ailleurs pas revendiqué, tu noteras.. ! 😉

que je sache la population très locale ne va pas à La Recyclerie, qui reste très « bobo » 🙂

Je suis bordelaise et je pense que vous avez beaucoup de chance d avoir des lieux comme celui là, une brasserie à la française remise au goût du jour !!! J avoue être assez décontenancé par la légitimité d un lieu dans un quartier où pas la diversité c est ce qui est intéressant et faire des castes n a jamais rien solutionné. Peut être que les prix pourraient t être vus à la baisse pour que plus de gens puissent en profiter….

Répondre

J avoue être décontenancée par la légitimité d un lieu dans un quartier ou pas. La diversité c est ce qui est intéressant. …sans les fautes c mieux

Pas mieux 😉

Bonjour, je suis assez d’accord avec les commentaires au-dessus! C’est vrai qu’un immeuble calciné pendant plus de deux ans c’est triste et même, pour les gens du quartier, c’est le genre d’image qui file le bourdon. D’un autre côté, j’ai vécu à deux pas du Floréal pendant des années (et donc vu le passage PMU cradingue et vraiment pas rigolo à la brasserie années 50 ultra léchée): pas de mixité, des tarifs prohibitifs même au bar (5 euros le perrier dans un quartier où il y a déjà pleins d’autres endroits, où la population reste populaire même si le m2 frôle le max parisien), et finalement un ilot pour les super hipsters du coin, souvent vide. Je me dit qu’au delà du profit pur et simple, quand on investit des lieux plutôt emblématiques d’un quartier, on pourrait avoir l’idée, quand-même, de penser à l’environnement autour. Parce que le risque, même si ces endroits sont charmants, est de chasser ceux qui vivent là et sans leur accord, finalement, transformer ces lieux de vie. En plus, franchement, avec ces 3 sociétés qui se partagent tous ces nouveaux lieux, ça devient légèrement uniforme… Pardon pour le pavé!

Répondre

Ahah non t’inquiète, on est là pour ça aussi 🙂

Je ne reviens pas sur la légitimité ou non de cette brasserie. En revanche, les tenanciers sont loin, trèèès loin de truster le marché parisien, cf. les Costes, entre autres..!

Je reste perplexe face à l’émergence d’un tel lieu dans ce quartier. Bien sûr je trouve excellent d’avoir réhabiliter un bâtiment ravagé par les flamme. Cependant, je trouve totalement incohérent d’ouvrir une brasserie inaccessible pour la plupart des habitants du quartier.

De plus, je ne suis pas d’accord, 20€ pour un plat à Paris cela reste cher d’autant plus qu’il existe nombre de restaurants (L’orillon bar, Mamie Green, Will et Yann, et j’en passe) qui offre des cartes avec des produits de saison et des plats entre 12 et 14€. Il est tout à fait possible d’upgrader un quartier sans mettre systématiquement de côté les habitants originels.

L’intérêt d’un quartier comme Barbès, c’est sa mixité, son vrombissement, son unicité en somme.

Répondre

Et tu ne crois pas que la mixité passe aussi par l’établissement de tels lieux dans ce quartier, justement ? Pourquoi vouloir uniformiser ? On peut critiquer le fait que c’est cher, mais critiquer le fait que la Brasserie s’installe dans ce quartier me semble à côté de la plaque. Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement : qu’on laisse des endroits « populaires » dans les quartiers « populaires » ?

Ah non pas du tout, je suis d’accord sur le fait que la Brasserie ou tout autre restaurant du même genre puisse ouvrir partout. Ça tire vers le haut, en revanche, je pense qu’il faudrait que les tarifs offrent un panel plus large pour que les personnes à budget plus restreint puisse en profiter aussi. Pour exemple un plat du jour à prix doux et ensuite des propositions à prix plus haut.

Merci pour ce debrief. J’ai lu beaucoup d’articles sur le « lancement », j’attendais les premiers retours. Et tu donnes envie, mais c’est quand même cher !!
J’ai l’impression que les tarifs tirent de plus en plus vers le haut sur Paris, et je n’ai pas vraiment envie de m’y résigner. C’était déjà aberrant, il va falloir arrêter !
Pour ce qui est de la brasserie Barbès, ça permet en tous cas de « s’assurer » qu’une certaine partie de la population locale en soit exclue (je ris jaune… je ne ris plus en fait).
Malheureusement, comme je le disais et comme tu l’évoques, c’est loin d’être le seul lieu à pratiquer ces tarifs. Et si j’adore cette ville autant qu’elle m’épuise, je ressens de plus en plus que ma « bourse » n’est pas digne de certains endroits, je me considère pourtant comme assez bien lotie dans mon mini deux pièces de trentenaire célibataire et mon salaire bien au dessus du smic. Paris me semble perdre la juste valeur des choses.
Merci encore pour ton retour en image. un lieu plein de lumière et d’espace comme ça fait vraiment envie, et un quartier comme Barbès le mérite aussi, évidemment, si seulement il était plus accessible.

Répondre

Oui, c’est dans la fourchette haute des tarifs, clairement.

Et je suis globalement d’accord avec tout le reste, aussi !

Bravo pour l’ouverture de cette brasserie à Barbès. Comme tu le dis très bien, mieux vaut un endroit peut-être « branchouille » que l’abandon.
Sinon ton expression « je suis en joie » me met vraiment en joie!

Répondre

^^

Malgré 6 mois passés à Tours, je reste impressionnée en tant que belge bruxelloise du prix de la bière chez vous !

Répondre

Non mais, tu peux la payer largement moins cher ta bière hein! C’est bien ça qu’on regrette, en l’occurrence 🙂

J’entends parler de cette brasserie partout, même en étant sur Marseille !
J’étais curieuse d’avoir un avis du coup, outre que l’annonce de l’ouverture. Ca donne bien envie 🙂
Je le note dans les endroits à tester lors de mon prochain we à Paris si je passe dans le 18e.

Xx
Julie

Répondre

Barbès n’est plus si populaire que ça.
Certes, il y a la Goutte d’Or et les crackers du coin, mais sinon, les gens qui vivent dans les immeubles sont plutôt bobo, voire tout simplement bourgeois! Du coup, on est content de voir le quartier s’embourgeoiser, parce que vu le prix qu’on paye son m², on veut bien qu’il n’y ait plus de pickpockets au métro (je précise que j’ai habité Barbès et en suis partie, pas mécontente d’ailleurs).
Bref, si on veut que les brasseries arrêtent avec les plats à 20€, il faudrait que les anciens propriétaires arrêtent de vendre leurs apparts so typiquement Parisien à 8500 le m²…

Répondre

Caroline,

Je suis complétement d’accord avec toi !

A lire la plupart des commentaires ci-dessus, on croirait que l’habitant du 18ème est « défavorisé ». Heu…pas vraiment ! Le passant du 18ème l’est sans doute, mais pas vraiment l’habitant.
Je vis dans la goutte d’or et je peux en témoigner : les gens que je croise dans ma rue ne sont pas ceux que je croise dans ma cage d’escalier.

N’empêche, c’est vrai que c’est cher, mais cette brasserie fait bien ce qu’elle veut.
J’y vais ce soir et j’ai hâte de voir la déco de plus près.
Merci Deedee pour cet article.

Sinon, si vous voulez bien manger pour pas cher, je vous recommande les 3 frères, rue Léon, le service est super et le couscous légendaire 🙂

Ah oui je confirme, SUPER ADRESSE les 3 Frères! Merci Marine 🙂

Je pense que mon message peut être ambigüe sur le fait de croire que les habitants de Barbès sont défavorisés. Je me permet de te répondre et selon moi effectivement il y a beaucoup de personnes qui ont de l’argent à Barbès et que les propriétaires sont souvent outranciers sur les loyers.

En revanche que ce soit à Barbès ou dans tout Paris intra-muros, il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup de personnes qui ont peu de moyens ou au moins pas les moyens de payer un plat à 20€, mais peut-être un peu moins. C’est bien d’avoir le choix que ce soit dans un quartier réputé populaire ou alors dans des quartiers très bourgeois ou je suis toujours ravie de voir des restaurants variés.

Je me désole aussi de voir cet endroit émerger. Je connais Jean, un des deux patrons, et clairement l’idée n’était pas de faire de la mixité sociale, mais de faire encore un peu plus de bénéfice au moindre coût.
J’habite le quartier et je bosse aussi dans une asso de ce même quartier. Non Barbès n’est pas un zoo c’est même le un des plus chouette quartier de Paris. L’idée importante n’est pas de rester « entre soi » en pointant du doigt l’arrivée de nouveaux endroits plus chic, et de crier à la gentrification, qui de toute facon est un phénomène qui ronge Paris inexorablement.
Le problème c’est sourtout que l’endroit est très « excluant » c’est à dire que les mecs du quartier ne viendront pas siroter leur café du matin au comptoir, parce que déjà l’endroit peut impressionner et surtout que le prix ne soit pas hors de prix justement.
Que les repas restent accesssibles aux branchouilles qui pourront avoir de jolies photos instagram, pourquoi pas, c’est le coeur de cible de toute facon. Mais que les gens du quartier voient ça comme quelque chose d’impressionnant voire de dédaigneux pour eux, ça ne fera que cliver les gens et renforcer encore un peu plus les incompréhensions entre les différents milieux sociaux…
Désolée pour le pavé Deedee.

La bise

Répondre

Non non, comme je le disais un peu plus haut, ne t’excuse pas pour le pavé, on est là pour ça.

Malheureusement, cette brasserie n’a pas l’apanage de l’élitisme par le prix et la déco. Est-ce pour cela que c’est excusable ? Non. Est-ce pour cela que c’est condamnable ? Non plus.

On a la chance de vivre dans une ville où les possibilités sont légion en terme de sorties / restos / bars. Quels que soient nos moyens, nos envies ou nos velleités de nous la péter sur IG 😉

je suis pluôt contente de voir ton article. j’y suis allée jeudi soir, donc plus pour la partie « PUB ». J’ai beaucoup aimé le décor et l’ambiance. Mais au niveau de la musique et l’ambiance, comme on dit chez moi je n’ai pas kiffé de ouff! Ca se veut une ambiance hipster sans les hipsters hahah! Par contre, je conseille les cocktails qui sont parfaits!

Répondre

Ton article est, comme souvent, plein de (bon) sens Deedee. (genre, je suis LA grande juge des internets… autoproclamée)
Je me suis exportée aux abords du 15è, dans le 92, pour être sûre d’être presque DANS Paname mais d’avoir un grand appart, un grand balcon etc.
Je ne paierai jamais la pinte 9€ alors que je suis prête à acheter certaines « conneries rares » un peu trop chères à la Grande Epicerie du BM. Donc la critique de la pinte à 9€, je vais me retenir. J’ai des vêtements qui proportionnellement ne sont pas moins chers que la pinte à 9€ (si je veux être honnête avec moi-même, je ne paie pas la pinte 9€ et je ne paie pas non plus de sac à main hors de prix. Ni de coiffeur-coloriste à 180€…). La critique de la pinte à 9€, je vais, lucidement, me retenir.
Que penser de cette brasserie clairement hors de prix pour ceux qu’on imagine vivre à Barbès? Elle n’est sans doute pas si chère pour les proprios d’appart à Barbès. Elle certainement bien trop chère pour les gens de la rue dans Barbès.
Elle fait envie cette brasserie, elle est belle. Je n’irai pas, elle est trop chère.
Au final quoi? Seuls les kebabs et les Ed l’épicier sont autorisés chez « les pauvres »? Oui, un si bel endroit où l’on ne peut aller donne des aigreurs. C’est excluant.
Et l’arrivée en force des gens « d’ailleurs » et leur carte bleue agace. Dans d’autres proportions, j’ai vécu suffisamment longtemps à Rouen pour être agacée par les 4×4 des parisiens garés n’importe comment dans les rues piétonnes d’une ville qu’ils appelaient le « XXIè arrdt » (sans déconner!!!). Tu vois ce que j’essaie de dire? L’attitude des clients fera de cette brasserie un endroit qui s’intègrera au paysage ou pas.
On saura si cette brasserie est un plus pour le quartier si les clients de la brasserie s’y arrêtent aussi acheter leur pain, leur journal etc.
(sinon, question pickpockets, il y a les Champs Elysées aussi. Et le métro. Il faut arrêter de frémir en disant Barbès. Et ça, pour ceux qui n’iront pas à cause du quartier. Comme pour ceux qui iront à cause du quartier).
Comment dire? Aimer Barbès en allant dans cette brasserie me fera le même effet que les gens qui aiment la Normandie (enfin Deauville) et que ceux qui ne connaissent du Pays Basque que Biarritz et Saint Jean de Luz. C’est du tourisme.
(Suis pas dans un trip pseudo-roots-authentique hein, j’aime bien Deauville aussi. Comme quoi, il n’y a pas de vérités définitives pour cette belle brasserie trop chère dans un quartier « inattendu »)

Répondre

Je trouve ce commentaire très juste et très nuancé.
Et oui, le Barbès est excluant pour les mecs qui traînent dans les rues de Barbès, mais pas tant que ça pour les nouveaux proprios du quartier (cf. mon commentaire plus haut), ni pour ceux qui viennent faire du tourisme dans le quartier.
Sinon, j’y suis allée, c’est marrant parce que c’est très beau, mais la foule n’est pas très branchée. Un bar/ resto de hipsters sans hipsters, comme l’indique je ne sais plus qui plus haut.

Je me demandais quand aller ouvrir cette brasserie et bien c’est chose fait ! Je n’ai plus qu’à m’y rendre pour avoir mon propre avis.

Allez tiens lundi prochain pour faire découvrir à une amie qui vie à Lyon. Elle sera ravie !

Merci pour l’info Deedee ;).

Répondre

J’adore la blague du début de l’article sur la no go zone, car au final j’ai pas l’impression que ce soit si ironique que ça, Barbès c’est exotique pour les hipsters, wow eux aussi peuvent y avoir droit maintenant qu’ils ont un port d’amarrage. J’y habite, et oui j’avais hâte que la brasserie ouvre et je pensais bien y aller sous peu mais je viens de voir les prix… tant pis…J’imagine que c’est toujours l’ironie hipster, vouloir avoir le concept populaire (barbès + une brasserie) mais en le rendant plus cher parce que bon, on veut de la « qualité ». Et puis rappelons que la brasserie est situé limitrophe du 9ème donc ça va, on est pas encore dans le fond du 18ème, qu’on se rassure!
Mais je note les adresses abordables conseillées.

Répondre

Merci Deedee pour ce billet qui met l’eau à la bouche. Ayant été très longuement habituée du marché juste sous le métro et du vanoprix, je trouve que le lieu est réussi et la terrasse est juste géniale. Je suis passée devant dimanche et j’avais un doute sur la carte mais tu me confortes dans mes projets de déjeuner. Et ce n’est pas aussi inattendu le louxor juste en face est aussi un lieu très agréable, et la goutte d’or a ses recoins chouettes aussi.

Répondre

Euh… il n’y a absolument rien de coutumier a payer 9 euros sa pinte à Paris mis à part dans les brasseries pour touristes. Je connais un sacré paquet de lieu ou hors « happy hours » elle est à 5 euros.

Répondre

A t’on oublié tout sens de la demi mesure en France ?
Je suis un peu désolé quand je lis certains commentaires plus haut qui disent en gros que « oui c’est cher mais les pauvres n’ont pas droit qu’aux Ed ».
Il existe quand même un COMPROMIS non ? entre un bar avec des pintes à 9 euros et un ED.
Un bar avec des tarifs plus accessible ?

Et je n’apprécie absolument pas la démarche du lieu et trouve un peu trop facile de dire « les patrons n’ont pas voulu faire de mixité sociale ». On oublie très facilement ses responsabilités de citoyens, on râle, on est pas content mais on attend que tout nous tombe tout cru dans le bec.
S’implanter à Barbes avec ce type d’établissement me parait complètement délirant et particulièrement irresponsable.

Bref je n’irais pas 🙂

Répondre

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne fais pas preuve de bonté d’âme en disant que « les pauvres n’ont pas droit qu’aux Ed », mais l’ayant été, justement, pauvre (RMIste pendant 2 ans), je crois pouvoir oser dire que quand on n’a pas les moyens des beaux endroits trop chers, on n’ose pas toujours y aller. Et quand j’ai commencé à gagner ma vie, je me suis parfois payée des endroits bien plus chers que mon budget me le permettait et je sentais bien le décalage. Il faut mélanger les strates sociales, même si la brasserie Barbès n’a pas ce dessein. Même quand ces projets un peu utopiques échouent. Plus l’habituation est forte moins le décalage est prégnant.
Sinon quoi? Les « riches » à Deauville et les « pauvres » à Trouville? Et les très pauvres: restez chez vous, vous ne pouvez rien vous payer. D’ailleurs on demandera de cesser d’aller rêver sur le Port de St Tropez avant de rentrer dans les camping le soir.
Oui, les gens de Barbès qui ne peuvent pas se payer la pinte à 9€ ont « le droit » d’avoir cette brasserie dans leur quartier.
Faire le contraire aura deux conséquences: stigmatiser les quartiers où il n’ y a aucun intérêt à se rendre et en marquer les habitants du sceau du kebab et du taxiphone.
Ma seule crainte concernant ce genre d’opération brasserie-deluxe: l’exode forcés des gens peu nantis vers des quartiers hors la ville.

Et puis, connaissant Barbès précisément, il y a des bars nettement moins chers où se rendre. Donc, le procès contre la Brasserie Barbès est bien dans l’ère du temps…
Les patrons des commerces s’installent, normalement, là où ils pensent avoir de la clientèle (du quartier ou en direction du quartier). Et c’est une très bonne chose que les endroits où se rendre soient diversement accessibles.
Même les femmes les moins argentées ont envie d’un sac à main « hors budget », « d’un bon coiffeur » et les hommes regardent les belles bagnoles comme un rêve. Sans aucune aigreur ni accusation d’irresponsabilité à destination du commerçant en question. Sinon, il va falloir penser à retirer la TV aux pauvres…

Bon 9€ la pinte c’est un peu comme ailleurs ds les lieux un peu chics, branchés ou présentant un trait de caractère particulier … comme un rootftop !

Répondre

Je suis passée devant récemment et j’ai été agréablement surprise de découvrir ce restaurant à la place de l’ancien VANO. J’ai longtemps travailler dans ce quartier et si j’avais pu avoir ce type de restaurant j’en aurais profité même si j’étais étudiante à l’époque. De plus il est limitrophe au 10 eme arrondissement.
Et il n’est pas si loin d’un autre quartier Les Abbesses…tout aussi bobos le soir…
Bref en conclusion j’aime..
Et je confirme même à tours la bière est à 7-8 euros

Répondre

Merci Deedee pour ce joli post, j’ai moi même testé cette fameuse nouveauté controversée et j’ai personnellement beaucoup aimé! Avant tout contrairement à la plupart des commentaires précédents, j’ai trouvé qu’un tel endroit manquait au quartier, et comme on dit il en faut pour tous les goûts! Dans mon coin du 19ème la plupart des brasseries s’avèrent être justement l’ambiance PMU, majoritairement masculine et où je me sens personnellement mal à l’aise de passer un long moment entre copines à jacasser par exemple. J’ai passé plusieurs heures à la Brasserie Barbès et j’y ai croisé toute sorte de gens, des touristes, des bobos, business man & woman, et des « racailles » du quartier également! Alors oui, ce n’est pas le genre de café où on va tous les jours boire son café quand on à pas les moyens, en revanche un verre en terrasse est tout à fait abordable et pour tous, même juste de temps à autre. Je pense qu’il est important de justement diversifier les lieux du quartier pour s’adresser à tout type de clientèle et surtout proposer des ambiances et « standing » différent. J’ai de très petits moyens , j’aime beaucoup me balader dans Barbès mais le PMU du coin très peu pour moi, donc pour un verre de temps en temps c’est une adresse que je retiendrais avec plaisir, et je suis certaine que j’y croiserais des habitants du quartier… Et hâte de voir ce que donnera le rooftop une fois autorisé! Merci encore pour ce post Deedee (et j’aime beaucoup ta manière de répondre à la quasi totalité des commentaires, c’est hyper agréable d’avoir une vraie interaction!) 😉 :*

Répondre

J’y suis allée il y a quelques semaines et je n’ai pas du tout kiffé…
Les prix sont chers (ok c’est Paris), mon jus pressé était coupé à l’eau et la dame de la table d’à côté s’est vu refiler la bière de quelqu’un d’autre (entamée …) toute poisseuse au lieu de son verre.
Pas très aimable le serveur … Pas trop le top de mon expérience ! par contre tes photos m’ont donné envie d’y bouffer … !

Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Instagram