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Décidément… Cet hiver, j’avais enchainé les déceptions en matière de lecture, et je n’avais de cesse d’aborder des lectures poussives, plombantes, usantes.

Et curieusement, c’est tout l’inverse qui se produit depuis quelques semaines.

Après le très bon livre de Delphine de Vigan, je me suis plongée avec délices dans le monde imaginaire crée par Véronique Ovaldé.

Rendez-vous sur l’Ile de Vatapuna, quelque part en Amérique Latine. On y fait la connaisse de Rose Bustamente, une ancienne prostituée devenue pêcheuse non pas repentie, mais pêcheuse de poissons volants.

L’écriture est légère et précise à la fois, je crois que j’aime profondément le style de Véronique Ovaldé, doté d’une vraie personnalité, d’un caractère à nul autre pareil. Quel bonheur d’être encore surpris par un style, une manière d’écrire… !

Mais je m’égare.

Je disais donc que le style est léger et affûté tout à la fois. Pourtant, sous cette apparente torpeur caractéristique des tropiques, un drame se trame. Rose Bustamente est enlevée par un gangster -et goujat !- récemment installé à Vatapuna.

Lorsqu’elle arrive à s’enfuir, Rose Bustamente se rend compte qu’elle est enceinte de son geôlier. Et c’est précisement ce drame qui sera le premier d’une longue série, un drame qui aura des répercutions sur 4 générations.

On pourrait croire, à lire ce résumé un peu grossier, que le livre est d’une sauvagerie et d’une noirceur sans fond. Il n’en est rien.
La prouesse de Véronique Ovaldé réside dans le fait que ce décor imaginaire permet un détachement salvateur.

Et puis, il y a dans ce mode imaginaire ces odeurs, toutes ces odeurs que l’on hume au fil de la lecture.

Vous l’aurez compris : il s’agit là d’une vraie, bonne lecture que je ne peux que vous recommander chaleureusement !

Ce que dit la 4ème de couv’ : Quelque part en Amérique du Sud, dans l’île de Vatapuna ou à Lahomeria, trois femmes d’une même lignée semblent prédestinées à connaître le même sort : mettre au monde une petite fille et être forcée de taire à jamais le nom du père. Elles se nomment Rose, Violette et Vera Candida. Ce sont des femmes éprises de liberté mais enclines à la mélancolie, des femmes téméraires mais sujettes aux fatalités propres à leur sexe. Chacune à sa manière se bat pour faire honneur à ce qu’elles sont : des mères affranchies, bien décidées à se choisir ellesmêmes leur destin.

Dans cette fable éblouissante où le réalisme se mêle à la magie, on retrouve « tout » Véronique Ovaldé, son écriture enchantée, sa fantaisie et son goût pour le merveilleux. Ce que je sais de Vera Candida a l’envergure des histoires universelles.

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En matière de livre, j’ai mes indics. Ma libraire préférée, comme vous le savez, mes collègues, mes proches, vous ! Et mes amis, parmi lesquels elle, et puis elle, aussi.

C’est cette dernière qui m’a recommandé Le mec de la tombe d’à côté, un jour que nous discutions autour d’un thé, mollement avachies dans un canapé (what else).

De ce livre, elle disait qu’il « rebooste les périodes without (vous savez, quand on tournicote autour de ses livres, qu’on en commence plusieurs, un peu à chaque fois, et puis qu’on est pas accroché, faut voir…)« .

Et, c’est drôle, parce que je ne m’en suis souvenue qu’après coup, de ce truc de la période without, alors même que je lis péniblement deux livres en ce moment vraiment pas dingues, poussifs, longs, voire un poil pénibles. Lectures auxquelles je m’accroche nonobstant parce que je n’aime pas laisser tomber mes lectures.

Bref, comme disait Pépin. J’en viens au propos : j’ai littéralement adoré Le mec de la tome d’à côté. Ce livre est triste et gai à la foi, sombre et incroyablement optimiste, drôle. Je l’ai refermé sans pouvoir réprimer une larmichette, pfff, quelle mauviette.

Blague à part, voilà bien longtemps que je ne m’étais pas fait surprendre aussi agréablement par une lecture.

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J’ai toujours aimé la plume de Beigbeder. Parce qu’il rédige clairement la moitié de sa prose sous acide. Parce que sous une apparente arrogance et sans vouloir verser dans une psychologie de comptoir à deux balles, on sent l’homme blessé, l’homme peut-être un peu moins sûr de lui qu’en apparence. Non, pas l’homme qu’on a envie de câliner. Les boulets, ça va, j’ai donné. Eh NON, messieurs, les femmes ne recherchent pas toujours un petit être faible à consoler, qu’on se le dise !

Tout ça pour dire que j’apprécie les écrits du monsieur donc, et qu’à ce titre, ce nouvel opus m’effrayait quelque peu. Outre le fait que j’abhorre le tapage médiatique qui entoure la sortie de certains livres, je craignais, je crois, qu‘Un roman français verse dans une sorte de confession-déballage du mec connu qui donne dans un pathos aussi pathétique que malvenu.

Mauvaise pioche. Un roman français est tout sauf ce livre mièvre et racoleur que je redoutais.

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